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Le magistral contrepied des marchés obligataires de la zone euro va-t-il se poursuivre ?

Référence de l'article : TM3563
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écrit par Didier PRUVOST,

Quitte à passer pour des optimistes béats, ou des amoureux transits de notre classe d’actifs préférée, nous avons maintes fois répété dans ces colonnes que les marchés de taux européens évoluaient dans un contexte toujours exceptionnellement favorable, et ce, malgré le long chemin parcouru et les nombreuses années de performances élevées.

Ainsi, nous n’avons jamais adhéré aux prévisions récurrentes de hausses de taux durable et encore moins de krach obligataires, même s’il faut bien l’avouer, le marché US a corrigé plus brutalement que prévu l’année dernière, lorsque Bernanke annonçait prématurément la fin de sa politique dite non conventionnelle.

Pourquoi cette vision quelque peu décalée ? Notre conviction part d’un constat simple : la déflation est à l’œuvre depuis de nombreux mois en zone euro sans que ce phénomène ne soit reconnu par tous et ne soit donc réellement combattu.

Cette situation est sous-estimée pour de nombreuses raisons dont celle qui consiste à sous-évaluer le retard de cycle enregistré par l’Europe sur les US (et le UK), toujours plus prompts à se réformer et à repartir de l’avant. Pourtant, même aux US où la reprise économique est plus franche qu’en zone euro, on a pu constater après des intempéries hivernales exceptionnelles que les forces déflationnistes étaient toujours à l’œuvre.

Ok, maintenant, passons aux actes !

Alors, pourquoi tergiverser ? La recette est simple au fond : continuer sur le chemin de la rigueur budgétaire pour rétablir la confiance de nos créanciers (qu’on arrête avec ce terme d’austérité employé à tort et à travers alors que le déficit budgétaire est toujours plus élevé que prévu !). Dans le même temps, contrebalancer cette politique budgétaire rigoureuse par une politique monétaire d’assouplissement « hors normes ». Merci donc Monsieur Draghi de passer à la vitesse supérieure, il est temps de quitter le champ de la communication pure dans lequel vous excellez pour allier les paroles aux actes. Vous en avez les moyens puisque vous dirigez la seule Banque Centrale dont la taille de bilan a diminué, alors que vos alter egos ne se sont pas privés de pratiquer une politique que l’on pourrait qualifier de « planche à billets ».

Les obligations souveraines de la zone euro ont performé dans des proportions importantes, en particulier les titres italiens et espagnols, il n’est donc pas nécessaire que la BCE se porte acheteuse sur ces emprunts qui bénéficient déjà d’un flux important en provenance notamment de l’Asie. Il serait plus efficace en réalité de soutenir le marché de la dette privée, car cela permettrait d’envoyer un signe de confiance élevé vis-à-vis de la sphère privée, cela encouragerait le processus de désintermédiation déjà en marche (l’appel direct des entreprises au marché) et surtout cela permettrait de baisser le coût de financement des entreprises et donc, in fine, d’encourager l’investissement des entreprises. Le marché a d’ailleurs bien interprété les propos tenus lors de la dernière réunion de la BCE, envisageant de fait l’entrée dans une nouvelle ère monétaire.

A l’aune de cette nouvelle ère, avouons qu’il est difficile d’être pessimiste sur le marché obligataire de la zone euro. On en reparlera lorsque cette politique aura porté ses fruits, c'est-à-dire lorsque l’inflation repartira à la hausse, et que l’euro se sera affaibli contre les principales monnaies. Entre nous, ce n’est pas demain la veille…   

(Rédigé le 18 Avril 2014)
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