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IA : même plus la peine d'apprendre à conduire!

Référence de l'article : OE6514
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écrit par Didier LE MENESTREL,Président,La Financière de l'Echiquier (8 Décembre 2017)

 

Une machine peut-elle imiter une conversation humaine ? A cette question posée il y a plus de 60 ans par Alan Turing, père de l’informatique1, notre époque est en passe d’apporter une réponse positive.
 
L’irruption de l’intelligence artificielle (IA) dans nos vies est récente, elle va les transformer radicalement. 2017 marque un tournant décisif et restera dans la mémoire des hommes comme « l’année zéro » de l’IA. L’ampleur de la révolution en jeu est inédite dans notre Histoire, et dépasse celle déclenchée par Gutenberg (15e siècle) ou le moteur à vapeur (fin du 18e siècle). Le vocabulaire – machine learning, deep learning, big data, hyperscaler… – s’est déjà immiscé dans toutes les conversations, et les utopies d’hier vont devenir réalité.

Une révolution donc, favorisée par un alignement de planètes exceptionnel.
La première planète à s’aligner est celle de la donnée, une matière première que nous produisons en quantités phénoménales. Une étude d’IBM parue en 2016 estime que 90% des données générées par l’humanité l’ont été au cours des 2 années précédentes.
 
Deuxième moteur de cette révolution les data centers, qui sont les véritables laboratoires d’apprentissage des algorithmes d’IA. Portés par AMAZON, MICROSOFT ou ALIBABA,  ces entrepôts géants qui stockent nos données mettent à la disposition des entreprises une puissance de calcul vertigineuse qui permet de développer des applications d’IA à une vitesse fulgurante.
 
 Enfin, les processeurs de calcul graphique sont le 3e outil indispensable au décollage de l’IA. Grâce à eux, les algorithmes peuvent s’éduquer pour être appliqués ensuite en temps réel.
 
Ces vagues d’innovation technologique qui déferlent ouvrent le champs des possibles. Les applications qui en découlent sont infinies. La voiture autonome, par exemple, bouleversera les transports. Les géants d’Internet (GOOGLE, APPLE, BAIDU), des startups (UBER, DRIVE.AI), et bien sûr les constructeurs automobiles (TESLA, BMW, NISSAN) y investissent massivement. WAYMO, filiale de GOOGLE, propose déjà un service de taxi autonome gratuit dans la ville de Phoenix, en Arizona.

Au-delà de ces applications de confort, de prodigieux progrès sont accomplis, notamment dans la médecine. WATSON, par exemple, un système développé par IBM, est capable de détecter certains cancers avec un taux de réussite bien supérieur à celui des meilleurs oncologistes2.
 
A court ou moyen terme, tous les secteurs seront touchés, et l’écosystème financier n’y échappera pas. Le chinois PING AN, deuxième assureur mondial, optimise déjà le prix de ses produits d’assurance et le temps passé pour accorder un crédit grâce aux données dont il dispose sur près de… 900 millions d’utilisateurs. Nous-mêmes ne sommes pas en reste à La Financière de l’Echiquier, avec le développement d’outils à base de machine learning qui permettent d’optimiser nos recherches et de filtrer des univers de plusieurs milliers de valeurs.
 
Année zéro ou pas pour l’IA, une chose est certaine, les enfants nés en 2017 n’auront plus besoin d’apprendre à conduire ni d’acheter un ordinateur (tout se fera sur le cloud), et auront tout intérêt à apprendre un langage de programmation plutôt qu’une langue étrangère : la traduction en temps réel arrive en 2018. N’ayons pas peur de ces mutations… même si l’innovation va transformer profondément le rôle de l’individu. Nous choisissons notre camp et ne doutons pas que l’homme saura utiliser ces nouveaux outils pour prendre son destin en main !

(Ecrit avec la complicité de Rolando Grandi)
 
_________
 
1  Auteur du test de Turing, censé déterminer si un ordinateur est capable de reproduire la pensée humaine.
2  IBM, American Society of Clinical Oncology meeting, juin 2017.

(Mis en ligne le 8 décembre 2017)
 

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