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La facture pétrolière mondiale franchit sa moyenne de long terme : déjà 4% du PIB mondial

Référence de l'article : MP6848
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écrit par Véronique RICHES-FLORES,Présidente,RICHES-FLORES RESEARCH (12 Mai 2018)

 

L’annonce d’un retrait effectif des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien constitue une rupture sur la scène géopolitique internationale aux conséquences assez largement incertaines à plus ou moins long terme. Sur le plan économique, toutefois, la remontée des cours du pétrole est déjà une réalité dont les conséquences ne devraient pas tarder à être observées.

Un risque réel de hausse additionnelle des cours du pétrole

Nul ne doute que les pertes de production iraniennes à venir puissent être compensées par d’autres producteurs, aux premiers rangs desquels l’Arabie Saoudite et autres pays de l’OPEP dont les limites imposées depuis deux ans peuvent être levées, la Russie, qui avait soutenu l’OPEP en stabilisant sa production ou les États-Unis dont les perspectives de rendement avec un baril à plus de 70 $ pour le WTI devraient suffire à assurer l’essor d’une production en croissance d’ores et déjà fulgurante.


 
À brève échéance cependant, le retour des sanctions sur l’Iran est perçu comme un risque accru de tensions sur l’offre mondiale déjà impactée par l’effondrement de la production vénézuélienne, à quoi s’ajoute l’incertitude sur les développements géopolitiques susceptibles de prendre corps dans la foulée de la décision américaine. Le risque de hausse additionnelle des cours du pétrole est donc réel, avec une probabilité non négligeable de rejoindre le point de résonnance technique de quasiment 90 $/b de Brent, déjà mentionné dans La menace pétrolière, du 13 avril dernier.

A 75$/b, le pétrole ponctionne déjà 4 % du PIB mondial

Les conséquences économiques de l’envolée des cours du pétrole sont considérables, avec pour triple effet de faire remonter l’inflation, de comprimer les marges des entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs, qui l’emportent largement au niveau global sur les bénéfices qu’en retirent les pays producteurs.


 
Selon nos estimations, la hausse de vingt dollars des cours mondiaux depuis l’automne 2017 devrait déjà avoir fait grimper la facture pétrolière bien au-dessus des niveaux de ces dernières années. De 2,7 % du PIB mondial entre 2015 et 2017, cette dernière atteindrait 4 % aujourd’hui et s’élèverait, à taux de change stable, à 4,5 % du PIB mondial si les cours du pétrole poursuivaient leur ascension jusqu’à 90 $ le baril cet été, davantage en cas de hausse du dollar.




 
A ces niveaux-là, le coût de la consommation mondiale de pétrole est déjà supérieur à sa moyenne de long terme, de 3,5 % selon nos estimations, comme illustré par le graphique en début d’article.

Très importants par le passé, les écarts de factures pétrolières entre les pays se sont significativement réduits ces dernières années, sous l’effet notamment d’une normalisation de la situation américaine dont l’intensité pétrolière de l’activité économique a notablement baissé ces dernières années ; comme illustré dans le deuxième graphique ci-dessous. Bien que plus marqué aux États-Unis qu’ailleurs, la baisse de l’intensité énergétique est assez généralisée.



Ainsi, comprise entre 1 % et 2 % du PIB des principaux pays développés à la fin de l’année dernière, la facture pétrolière a tout lieu d’être, même aux cours actuels, assez largement inférieure à ....



Pour lire la suite de cette analyse, merci de cliquer sur le lien ci-dessous, en bas de page

(Mis en ligne le 12 Mai 2018)

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