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Le Venezuela, tombé dans le gouffre, est maintenant en pleine crise humanitaire

Référence de l'article : MPV5149
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écrit par Arturo GONZALEZ,(13 Février 2016)

 

Le Venezuela, un des grands pays producteurs de pétrole (3 millions de barils par jour), traverse une crise humanitaire sans précédent. D'ici peu, la famine atteindra les plus pauvres. Tous les clignotants sont en rouge:

  • Les pénuries d’aliments et de produits d’hygiène sont constantes et généralisées : en permanence, devant tous les supermarchés, sont observées de longues files d’attente de consommateurs à la recherche du moindre produit disponible,
  • L’inflation ne cesse de s’accélérer : elle peut être maintenant qualifiée d’hyperinflation (de 300 à 500% en 2015 selon les estimations, plus de 700% selon un pronostic du FMI pour 2016). Les salaires n’ayant augmenté que de 100% environ en 2015, le pouvoir d’achat de la population s’est effondré,
  • Selon l’organisme CENDAS, il faut 14 salaires minimums mensuels pour nourrir une famille de 5 personnes ! Les pauvres ne peuvent plus littéralement manger à leur faim,
  • La pénurie de médicaments atteint des niveaux comparables à ceux de pays en guerre : plus de 80% des médicaments manquent… Les laboratoires pharmaceutiques internationaux ont cessé leurs livraisons dans l’attente des devises dues au titre des importations de 2013 et 2014. Les malades souffrent ou meurent par faute de soins,
  • Le virus du ZIKA fait des ravages, mais les campagnes de fumigation ont dû s’arrêter par manque des produits de fumigation. Cherchant à se défendre de l’agression des moustiques, les gens ne trouvent plus ni insecticides ni produits répulsifs,
  • Le pays traverse une période de sécheresse qui dure depuis 3 ans et qui a entrainé l’assèchement des retenues d’eau qui alimentent les villes. Comme le rationnement a été mal géré, les gens ne reçoivent pratiquement plus d’eau : dans la plupart des villes, y compris certains quartiers de la capitale, les gens ne reçoivent plus une goutte d’eau pendant une, deux ou trois semaines, selon les cas,
  • Comme la fourniture d’électricité dépend à 65% des barrages hydroélectriques, et que les retenues d’eau des barrages sont au plus bas, les coupures d’électricité se font de plus en plus fréquentes.

Certains dirigeants de l’opposition supplient le gouvernement de reconnaitre l’existence d’une crise humanitaire évidente et, donc, de demander une aide massive à la communauté internationale.

Le gouvernement du président Maduro reste impassible et ne propose toujours pas la moindre mesure pour corriger sa politique économique, faite de contrôles tous azimuts (contrôle des changes et contrôle des prix instaurés depuis 13 ans) qui ont complètement découragé les producteurs dans tous les domaines : il sait qu’il doit relancer la production, lutter contre l’hyperinflation et, surtout, faire en sorte que les gens puissent vivre décemment, en s’alimentant correctement et en se soignant quand ils sont malades. 

Mais il semble ne pas savoir quelles sont les mesures qui doivent être adoptées de toute urgence.

(Mis en ligne le 13 Février 2016)           

  
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