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Gaz russe : comment organiser une moindre dépendance énergétique de certains Pays européens?

Référence de l'article : MPU3395
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écrit par Aymeric de VILLARET,

L’évolution des cours du pétrole cette semaine a été particulièrement révélatrice des tensions géopolitiques créées par la crise en Ukraine avec lundi 3 mars une hausse qui a vite disparu au fur et à mesure que le risque de confrontation se dissipait :

Aujourd’hui, les prix du brut sont même inférieurs à ce qu’ils étaient avant la crise.

La Russie, on l’oublie souvent, est devenue avec l’Arabie Saoudite, un des plus grands producteurs de pétrole :

Aussi toute tension ne peut qu’aviver les craintes.

Mais plus que le pétrole, c’est du gaz que la Russie est le principal acteur en étant de loin le premier exportateur de gaz comme le montre le tableau ci-dessous :

Et, du fait de leurs proximités géographiques, de nombreux pays européens sont très dépendants de ces exportations russes qui transitent pour une grande part par l’Ukraine.

En effet le quart du gaz consommé dans l’Union Européenne vient de Russie dont 60% de ce dernier transitant par l’Ukraine. Comme il s’agit d’une moyenne, certains Etats en dépendent à 100% (les pays baltes par exemple), alors que la France n’est qu’à 15%.

Indépendance énergétique ?

C’est pourquoi nous pensons que la crise ukrainienne risque de ranimer le débat sur la nécessité ou non d’une certaine indépendance énergétique des différents pays européens vis-à-vis des importations de gaz russe : les commentaires de ces derniers jours ont bien montré la faiblesse que représentait pour l’Europe cette dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.

Et si la France l’est un peu moins, c’est, force est de le constater, grâce à son parc nucléaire.

Heureusement que l’hiver a été assez doux, que les stocks sont élevés, et que nous sommes proches du printemps, donnant ainsi moins de poids aux pressions économiques de la Russie.

Comment rester indépendants ?

Face à la décision politique de réduire ce parc nucléaire, difficile de ne pas rediscuter du gaz de schiste dont nous avons déjà beaucoup parlé, mais l’on voit bien que si le sujet n’a été que très peu abordé en France, c’est que le sujet est très sensible politiquement…

Elections obligent…

Alors que les prises de position de Laurent Fabius, rejoignant le point de vue de Arnaud Montebourg, sur une fracturation propre avaient relancé les débats, il peut apparaître prudent de ne pas parler des questions qui fâchent, alors que nous sommes si proches des élections municipales…

(Rédigé le 6 Mars 2014)

Nota: cet article est également consultable sur le Site de l'Auteur:

http://aymericdevillaret.wordpress.com/