Se connecterS'abonner en ligne

Sadiq Khan devient maire de Londres

Référence de l'article : MPR5345
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Cathy BRUN,(7 Mai 2016)

 

Le député Sadiq Khan, membre de l'opposition travailliste britannique, a été élu maire de Londres, devenant le 6 Mai 2016 le premier maire musulman d'une grande capitale, la ville-symbole de la société pluriethnique et multiculturelle dont l’instauration a été ardemment désirée par une partie, devenue majoritaire, des élites occidentales gouvernantes.
 
Fils d'un immigré pakistanais conducteur d'autobus, M. Khan, 45 ans, a battu son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, 41 ans, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith, avec 57% des suffrages, obtenant 1.310.143 voix contre 994.614 pour M. Goldsmith, selon le résultat définitif annoncé officiellement dans la nuit de vendredi 6 à samedi 7 mai.
 
M. Khan, ancien avocat des droits de l'Homme,  a remporté l'élection au terme d'une campagne âpre où il s'est vu accusé par ses adversaires, et même par le Premier ministre conservateur David Cameron, de liens avec des extrémistes islamistes, ce qu'il a nié.
 
"Cette élection ne s'est pas passée sans polémiques, et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd'hui l'espoir plutôt que la peur, l'unité plutôt que la division", a  déclaré M. Khan après l'annonce des résultats au City Hall, l'hôtel de ville de la capitale, sous les applaudissements et les acclamations de ses sympathisants.
 
"La peur ne nous apporte pas plus de sécurité, elle ne nous rend que plus faibles, et la politique de la peur n'est tout simplement pas la bienvenue dans notre ville", a-t-il ajouté.
 
Pendant qu'il s'exprimait, le candidat du parti d'extrême droite Britain First, Paul Golding, qui était aligné derrière lui avec les autres candidats, lui a tourné le dos.Le chef du Labour, Jeremy Corbyn, a salué l'élection du candidat travailliste. "Félicitations @SadiqKhan. Je suis impatient de travailler avec toi pour faire de Londres une ville équitable pour tous!", a-t-il déclaré sur Twitter.
 
Député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, M. Khan succède à la mairie de la capitale au conservateur Boris Johnson, l’un des partisans d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne à qui l'on prête l'ambition de devenir Premier ministre.
 
Ancien ministre, père de deux filles, M. Khan a promis de répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900.0000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions: logements inabordables, transports saturés et pollution.
 
Son élection, souligne Tony Travers, de la London School of Economics (LSE), est un "remarquable signe du cosmopolitisme" de Londres.

Félicitations de Malik Ahmed, d’Anne Hidalgo et de Bill de Basio

A Tooting, l'annonce de la victoire de M. Khan suscitait des réactions enthousiastes de la part d'habitants.

"Nous sommes contents et fiers", a déclaré à l'AFP Malik Ahmed, 32 ans, employé au restaurant Lahore Karahi, une des adresses favorites de M. Khan.
 
A l'étranger, les maires de plusieurs grandes villes ont félicité M. Khan, exprimant le souhait de travailler au plus vite avec lui.
 
"Félicitations à @SadiqKhan, élu Maire de Londres! Convaincue que son humanisme et son progressisme bénéficieront aux Londoniens!", a twitté la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.
 
"Félicitations au nouveau maire de Londres et compagnon d'armes sur la question des logements abordables", a dit le maire de New York, Bill de Blasio, sur Twitter.
 
Le Royaume-Uni tout entier a également découvert vendredi les résultats d'une myriade de scrutins locaux et régionaux qui se sont tenus la veille, à valeur de test pour le Labour, principal parti d'opposition au gouvernement conservateur de David Cameron. 

Le Labour s'effondre en Ecosse

En Ecosse, le parti indépendantiste (SNP) s'est offert une victoire en demi-teinte en décrochant 63 sièges sur les 129 du parlement régional, soit moins bien que les 69 obtenus en 2011.Le SNP ne sera pas donc en mesure de former un gouvernement majoritaire face aux conservateurs qui engrangent 16 sièges de mieux qu'en 2011, avec 31 élus.
 
Ce léger recul pourrait refroidir les revendications indépendantistes du SNP, à moins que le Royaume-Uni ne vote pour une sortie de l'Union européenne lors du référendum sur cette question le 23 juin.S'exprimant à ce propos, le dirigeant du SNP, Nicola Sturgeon, a déclaré que son parti "plaiderait toujours sa cause avec passion, mais aussi patience et respect", soulignant que son objectif était de "persuader et pas de diviser".
 
Le Labour écossais perd 13 sièges, à 24 élus. Les travaillistes s'en sortent mieux au Pays de Galles, en décrochant 29 sièges sur 60, un résultat suffisant pour se maintenir au pouvoir.Le Labour ne semble pas avoir fait "aussi bien qu'il aurait dû un an après les élections" législatives de mai 2015, soulignait Iain Begg, de la LSE.
 
Le parti anti-UE et anti-immigration Ukip a obtenu, lui, son premier siège à l'assemblée écossaise et deux à Londres.
 
Le bilan de ces élections sera étudié de près par une fraction du parti travailliste, qui cherche une occasion de remettre en cause l'autorité de Jeremy Corbyn, n'ayant pas digéré son élection à la tête du parti en septembre et l'estimant incapable de mener les travaillistes à la victoire aux élections législatives de 2020.

Prochaine étape : quels quartiers londoniens vont adopter le muezzin ?

La question de l’appel à la prière a été peu évoquée pendant la campagne électorale. Mais dans les municipalités conquises par des élus et/ou des majorités musulmanes aux USA, l’appel à la prière (adhan), lancé par un muezzin, dès 5 heures du matin, a été instauré par haut-parleur, peu après la conquête du pouvoir municipal. Il est tout-à-fait vraisemblable que cette demande soit également présentée dans certains quartiers de Londres et qu’une réponse favorable y soit apportée. Voici, ci-dessous, le lien vers une video montrant le processus, logique et inéluctable, qui a instauré un muezzin par haut-parleur dans la ville américaine de Hamtramck, dans la banlieue de Detroit :
 
https://www.youtube.com/watch?v=p1dQC1-VvFk
 
Cette video, très instructive, ne dure que 2 minutes et 32 secondes.

(CB, avec des extraits d'une dépêche de l'AFP)

(Mis en ligne le 7 Mai 2016)

Articles similaires
Les causes véritables du décrochage britannique...Le Brexit, un an après: un séisme politique qui...Londres : d'après Trevor Phillips, les...Royaume-Uni : 1707 - 2017Le 23 avril 1972, c'était le referendum sur...Le Royaume-Uni n'a plus les moyens...Royaume-Uni : le calme avant la tempêteLe Royaume-Uni va tomber dans une grave...Qui est vraiment Theresa MAY, le nouveau premier...Cameron: la défaite en chantant !Theresa MAY bien mieux que Michael GOVE comme...Qui est vraiment Boris Johnson, le...Brexit: ce qui va se passer maintenant....Le mauvais mélodrame insignifiant du BrexitBrexit: que vaut-il mieux, pour l'Union...Brexit: les Britanniques posent les bonnes...300 chefs d’entreprise britanniques se prononcent...Brexit: quelles différences entre Conservateurs...Les USA menacent le Royaume-Uni en cas de Brexit...Royaume-Uni : déficit annuel 2015 le pire depuis...Mini accord fiscal: Facebook accepte de payer un...D’abord, le FT, puis, le LSE, et maintenant le...Brexit-Cameron, tout penaud, va tenter de...Royaume-Uni : déficit commercial de 162 milliards...Brexit : discussions animées entre Cameron et...Quels sont les vrais résultats et conséquences...David Cameron : le choix risqué du référendumL’économie britannique : le modèle précaireRoyaume-Uni: les limites du dopageRoyaume-Uni : tous les chiffres sont au rouge...Royaume-Uni: la situation est plus GRAVE que...Royaume-Uni : voit-on les signes d’une vraie...L'Etat britannique hésite sur la méthode de...Les travaillistes promettent une discipline...La diplomatie et l'économie au menu de la...L'économie britannique échappe à une...La Grande-Bretagne dégradée par Fitch : bientôt...La BoE maintient son taux directeur et le montant...Fiche Pays : le Royaume-UniRoyaume Uni : la production manufacturière a...Changement de Gouverneur à la Banque...Démissions en cascade pour BarclaysRetour de la récession en Grande-Bretagne