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Portugal : actions et obligations sous-performent le reste de l'Europe

Référence de l'article : MPP2279
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La Bourse de Lisbonne est en baisse le 8 avril 2013, à l’inverse de la tendance européenne, et le coût de financement à 10 ans du Portugal se maintient au-dessus de 6,4% après que la Cour constitutionnelle portugaise ait rejeté quatre des neuf mesures d'austérité adoptées par le Gouvernement.

Le Premier Ministre Pedro Passos Coelho s'est engagé le 7 avril au soir à réduire les dépenses budgétaires à la suite de cette décision rendue le 5 avril au soir, qui, selon des experts, pourrait coûter au budget de l'Etat entre 900 millions et 1,3 milliard d'euros. « Cela augmente le risque attaché aux obligations souveraines portugaises car il y a toujours la possibilité (...) de la nécessité d'un autre plan de sauvetage », commente un trader.

Rappels à l’ordre

Les partenaires européens du Portugal – notamment le Ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble – se sont empressés de rappeler la nécessité pour Lisbonne de maintenir le cap de la rigueur et donc de prévoir de nouvelles réductions des dépenses publiques. La Commission européenne a également appelé le Portugal à rester fidèle aux mesures d'austérité prévues par ses créanciers internationaux s'il veut disposer de temps supplémentaire pour rembourser les prêts liés à son plan de sauvetage financier.

En milieu de journée le 8 avril, l'indice de la Bourse de Lisbonne recule de 0,71% à 5.600,63 points, alors que l'EuroStoxx 50 rebondit de 0,6% après le net recul du vendredi précédent. Le rendement de l'emprunt d'Etat portugais à 10 ans se maintient autour de 6,42%, après avoir grimpé jusqu'à 6,83% en matinée, les courtiers s'inquiétant de la capacité du Portugal à tenir ses objectifs budgétaires. Les CDS (credit default swap) à cinq ans sur la dette portugaise ont augmenté de 17 points de base à 430 pdb, selon Markit qui suit ces instruments de couverture contre le risque de défaut.

Le reste de l’Europe se défend

Dans le même temps, les emprunts d'Etat des autres pays de la zone euro, à l'exception de l'Allemagne, profitent de l'afflux de fonds d'investisseurs japonais en quête de rendement après l'assouplissement quantitatif annoncé la semaine dernière par la Banque du Japon. Les obligations françaises et belges, les premières à avoir profité de l'exode des fonds japonais après les annonces de la Banque du Japon, ont vu leurs rendements à 10 ans toucher des plus bas records dans la matinée. Et les rendements des 10 ans espagnols et italiens perdent encore respectivement six points de base à 4,72% et 10 pdb à 4,31%. « Les investisseurs en Europe mais aussi partout dans le monde peinent à trouver des actifs à haut rendement, ce qui soutient non seulement l'Italie et l'Espagne, mais aussi la France et la Belgique et des pays intermédiaires (entre le noyau dur et la périphérie de la zone euro) », explique Michael Leister, stratégiste chez Commerzbank. « Par contre on constate une sous-performance assez prononcée du papier portugais ».

DR avec Reuters

(Mis en ligne le Vendredi 12 Avril 2013)