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Kashagan : devenu un véritable cauchemar

Référence de l'article : MPK2987
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écrit par Aymeric de VILLARET,Expert des Marchés Pétroliers,
Alors que nous avions intitulé notre lettre mensuelle n°2 d’avril « Kashagan, Mythe ou réalité ? »[1], il nous a été demandé, lors d’une présentation que nous faisions le 1er octobre 2013 à l’IFP (Institut Français du Pétrole), le pourquoi, alors que le champ venait de démarrer sa production le 11 septembre 2013 et qu’il était arrêté suite à une fuite de gaz, de notre titre « Mythe ou réalité ? ». Pourquoi ne pas avoir choisi plutôt « Mythe ou cauchemar ? ».

En effet, fin mars 2013, dans notre lettre mensuelle, lorsque nous écrivions … :

« La découverte du champ pétrolier de Kashagan (au Kazakhstan) en 2000 a créé beaucoup d’espoirs parmi la communauté financière, car malgré les difficultés prévisibles de mise en œuvre de production, il s’agissait de la principale découverte réalisée depuis plusieurs décennies dans un monde à la recherche de nouveaux gisements. Les choix des compagnies occidentales présentes dans le projet furent différents, avec la volonté d’ExxonMobil, Shell, Total et ENI de prendre le leadership alors que BP, Statoil et BG Group se retirèrent. Le choix d’ENI comme opérateur couronna la stratégie du groupe italien de transformation d’un groupe considéré comme « utility » en major pétrolier.
Force est de constater que ce repositionnement d’ENI fut salué par les marchés financiers.
Cependant les réalités prirent le dessus sur le « rêve » et face aux difficultés techniques  et environnementales, les retards s’accumulèrent, les coûts explosèrent entrainant le courroux de l’Etat kazakh, une baisse de la rentabilité du projet et une sous-performance boursière d’ENI.
Maintenant que la première production d’huile va enfin commencer en juin 2013 (l’estimation en 2004 était un démarrage en 2008, mais en 2000 au moment de la découverte en 2005), force est de constater que les marchés n’attendent plus grand-chose de ce projet, si ce n’est qu’il va aider aux volumes de production, élément que les marchés regardent, même si comme certains disent, la croissance des volumes à venir est déjà intégrée dans les cours !!! »,

nous pensions alors que, une fois la production démarrée, la situation allait se stabiliser et le Mythe se transformer en Réalité. D’ailleurs lors du démarrage de la production du champ le 11 septembre, les marchés n’avaient pas réagi…

Pourtant, déjà à la date de notre lettre mensuelle, avec tous les retards pris, les budgets dépassés (50 milliards de USD au lieu des 10 anticipés avant le démarrage), ...
Pour lire la suite de cet article, merci d’ouvrir le document PDF ci-dessous.

(Rédigé le 16 octobre 2013)