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Kashagan : de plus en plus cauchemardesque

Référence de l'article : MPK3029
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écrit par Aymeric de VILLARET,Expert des Marchés Pétroliers,

Nous écrivions fin octobre avant la publication des résultats des sociétés pétrolières présentes dans Kashagan : « Le mythe de Kashagan est en train de se transformer en cauchemar… [1]». Force est de constater que, malheureusement, cela se confirme. En effet, selon le Wall Street Journal daté du 8 novembre[2] la production du champ, arrêtée le 24 octobre pour la seconde fois, ne devrait pas redémarrer avant 2014…

Vu les ennuis rencontrés depuis la première mise en production le 11 septembre 2013, le consortium en charge de la production de ce champ géant préfère prendre toutes les précautions avant de repartir.

Au cours de la conférence téléphonique du 30 octobre 2013 qui faisait suite à ses résultats, l’opérateur actuel ENI, responsable de la première phase de production du champ, indiquait, sans donner de date, que la production resterait arrêtée tant que les ingénieurs n’auraient pas une vision claire des raisons des fuites de gaz.

Rappelons une nouvelle fois, ce que représente et ce qu’a représenté Kashagan dans le monde pétrolier et le mythe qui l’entoure : pour cela,se reporter à notre article référencé MP2606[3] sur le Site de La Synthèse on line. Découverte majeure de pétrole en 2000 (avec des réserves de pétrole récupérables estimées à 13 Mds de barils) créant beaucoup d’espoirs, c’était la principale découverte réalisée depuis plusieurs décennies dans un monde à la recherche de nouveaux gisements de pétrole.

  1. 11 septembre 2013, avec 8 ans de retard, des coûts à ce jour quintuplés par rapport aux premières estimations, la production débutait…
  2. Arrêt le 25 septembre,
  3. Redémarrage le 6 octobre, de nouveau arrêt le 10 octobre, soit juste 3 à 4 jours de production lors de cette seconde phase
  4. 24 octobre, NCOC indique qu’il faudra plusieurs semaines avant de redémarrer…sans plus de précisions….
  5. 8 novembre : selon le WSJ, la production ne redémarrera pas avant 2014…

Comme nous sommes en novembre, tout travail de construction et de réparation va devenir de plus en plus difficile du fait de la glace puisque le champ est en eau peu profonde (shallow water).

Rappelons également que le consortium NCOC (North Caspian Operating Company) se devait de produire contractuellement à la fin du mois (soit le 31 octobre) 75 000 barils par jour, afin de pouvoir être remboursé de ses coûts ultérieurs … ce qui n’a pas été le cas.

Rappelons enfin que le consortium NCOC comprend l’entreprise d’Etat kazakhe KazMunaiGaz, l’italien ENI, l’américain ExxonMobil, l’anglo-hollandais RD Shell, le français Total, chacun 16,81%, le japonais Inpex avec 7,56% et le chinois CNPC qui vient de racheter la part de l’américain ConocoPhillips qui avait 8,4%.

Conclusion

Le cauchemar est devenu réalité… Quelles seront les conséquences financières de ce nouveau retard ? Quid des pénalités du non-respect de la production de 75 kb/j à la fin octobre ?

Il est fort probable que le consortium va, de nouveau, devoir être contraint de négocier toutes les conséquences avec l’Etat Kazakh.

Oui, ce n’est plus Mythe ou réalité, mais un véritable cauchemar…

(Rédigé le 8 novembre 2013)