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Nucléaire : six réacteurs japonais pourraient redémarrer en 2013

Référence de l'article : MPJ2035
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Six réacteurs nucléaires pourraient redémarrer au Japon cette année, a estimé le 4 mars 2013 le Président d'Areva Luc Oursel, près de deux ans après la catastrophe de Fukushima. Le patron du spécialiste public du nucléaire a également jugé lors d'une réunion avec la presse que près des deux tiers des 48 réacteurs japonais aujourd'hui à l'arrêt – sur un parc de 50 unités – pourraient être remis en service à long terme. « On est dans un point bas [d'activité], mais si les centrales redémarrent, le Japon reprendra une place tout à fait significative », a-t-il souligné.

Areva entraîné par Fukushima

La part du Japon dans le chiffre d'affaires d'Areva est tombée à 5% en 2012, contre 8% en 2011, et Fukushima a entraîné environ 940 millions d'euros d'annulations de commandes pour le Groupe. Areva est intervenu à Fukushima pour traiter les eaux du site, exploité par le japonais Tepco, fournir des emballages de combustibles, décontaminer les sols et cartographier les pollutions par hélicoptère. « On pense qu'il pourrait y avoir une demi-douzaine de réacteurs qui redémarrent d'ici à la fin de l'année 2013 », a déclaré Luc Oursel, « A titre personnel, je reste dans l'idée qu'il y aura à peu près deux tiers des réacteurs qui redémarreront ». Se voulant rassurant, il a été jusqu’à la possibilité de réintégrer la zone contaminé en affirmant « Je reste confiant dans la possibilité que les populations puissent revenir habiter dans leur maison à un horizon à déterminer (...) sous réserve que les infrastructures économiques redémarrent. Si tel est le cas, la perception de cet accident majeur sera totalement différente et il y aura une très forte différenciation par rapport à Tchernobyl ».

Areva à la pointe de la sûreté nucléaire

Areva, dont l'Etat français contrôle directement ou indirectement près de 87% du capital, souhaite développer auprès des électriciens son offre liée au renforcement de la sûreté nucléaire et se positionner comme une référence mondiale en la matière. Pour ce faire, le Groupe a lancé depuis Fukushima un programme « Safety alliance », qui propose aux électriciens des analyses de sûreté, un renforcement de leurs équipements et une mise à jour de leurs procédures. Ce programme représentait un carnet de 172 millions d'euros à fin 2012, le Groupe prévoyant environ 200 millions de commandes supplémentaires en 2013. Areva a jusqu'ici mis en place 85 projets auprès de 42 électriciens qui concernent plus de 200 réacteurs dans 16 pays, soit environ la moitié du parc mondial. « Nous avons la volonté de positionner Areva comme un interlocuteur de référence dans le domaine de la sûreté des installations nucléaires, et ce sur l'ensemble des réacteurs, que nous les ayons construits ou pas », a soutenu Luc Oursel.

Pour ses propres installations françaises, Areva prévoit d'investir près de 200 millions d'euros d'ici à la fin de 2016 dans quatre bâtiments de gestion de crise à La Hague (Manche), au Tricastin (Drôme), Romans (Drôme) et à Marcoule (Gard). En outre, la société va lancer une offre destinée à faciliter l'allongement de la durée de vie des centrales, le Groupe estimant que 150 réacteurs environ devraient bénéficier d'une extension de leur licence durant la prochaine décennie.

Luc Oursel a réaffirmé que l'accident de Fukushima n'aurait que peu d'impact sur la croissance du marché nucléaire mondial, voire qu'il inciterait probablement les Etats à se tourner vers des réacteurs de troisième génération tels que l'EPR, développé par le Groupe français.

Il avait déjà confirmé le 28 février dernier l'objectif d'Areva d'engranger dix nouvelles commandes d'EPR d'ici à fin 2016, malgré les revers connus par son réacteur en 2012 en République tchèque et en Finlande.

La catastrophe survenue à Fukushima, consécutive au séisme et au tsunami du 11 mars 2011, a ralenti la relance du nucléaire dans le monde et même poussé certains pays, tels que l'Allemagne, à annoncer leur sortie de l'atome civil.

 
DR avec Reuters

(Mis en ligne le Vendredi 8 Mars 2013)

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