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Israël, terre de start-ups

Référence de l'article : MPI3265
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écrit par Thibault LIEURADE,XERFI

En quelques années, l’Etat d’Israël s’est construit une réputation de pays des start-ups, au point que l’expression « start-up nation » fait désormais parti de l’identité du pays.

Une image élaborée grâce à un foisonnement d’innovations dans l’électronique, le logiciel, l’eau ou encore les biotechnologies.

Citons quelques exemples : Wibbitz, qui propose un service qui convertit les contenus textes en vidéo. Ou encore Aromor, un laboratoire spécialisé dans les parfums de synthèse, qui affirme développer des accords avec des entreprises chinoises incapables d'avoir le niveau de créativité et de rapidité qui est le leur.

Au-delà des exemples, regardons le classement annuel des 500 entreprises les plus innovantes établi par Deloitte.

Israël se classe 9e de la zone Europe – Afrique – Moyen-Orient avec 20 établissements.

Si l’on rapporte au nombre d’habitants, le pays se hisse au 5e rang derrière les pays nordiques et les Pays-Bas.

Alors comment expliquer ce dynamisme ? D’abord, il faut évoquer le système éducatif.

Inspiré du schéma américain, il valorise le travail participatif et l’initiative ainsi que les capacités à convaincre. Sans doute une leçon pour la réforme du système éducatif français ! Ce système trouve son prolongement dans le service militaire, obligatoire. Le rôle de l’armée est évidemment une autre des explications du dynamisme israélien.

Durant 3 ans pour les hommes – presque 2 pour les femmes -, les jeunes baignent dans un environnement de haute technologie militaire.Et puis ils peuvent se retrouver, à 20 ans, dans une situation de responsabilité et de commandement, et faire face au danger. Une exposition au risque qui joue son rôle dans la formation des élites économiques. L’armée joue d’ailleurs également un rôle de détection et de réorientation des talents dans la société civile à la fin de leur période militaire.

Autre facteur favorable : la composition de la société israélienne.

Les vagues d’immigration successives, composés d’avocats, d’ingénieurs ou des médecins d’origines diverses, ont contribué à forger une société de haut niveau culturel qui tire les bénéfices de sa mixité. Par ailleurs, tous ces immigrés éduqués ont dû souvent démarrer leur Alya par des métiers à faible valeur ajoutée, comme chauffeur de taxis.

L’armée, le climat de danger permanent, l’immigration, les petits boulots, autant de facteurs qui ont forgé une société accoutumée au risque…et donc à l’aventure entrepreneuriale.

Pays d’immigration récente, on pourrait presque parler de modèle américain, en plus accentué. Economiquement, cela se traduit aussi par une bonne liaison entre l’investissement privé et le tissu économique. Cette proximité culturelle avec les Etats-Unis n’est d’ailleurs sans doute pas étrangère à la vague de rachats récents de start-ups par des géants américains.

Citons le fournisseur de solutions antifraude Trusteer, racheté par IBM, ou l’application GPS Waze désormais dans le giron de Google.

Alors, certes Albert Einstein avait prophétisé qu’ "Israël ne pourrait survivre qu'en développant la connaissance et la technologie". Mais il faut reconnaitre que l’on est bien loin des rêves socialistes et agricoles des pères fondateurs et des pionniers du kibboutz. Israël exporte désormais de la haute technologie bien plus que des oranges de Jaffa. Et il faut bien le dire, l’éclatant succès économique se paie au prix d’une montée constante des inégalités économiques.

(Mis en ligne le 31 Janvier 2014)