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Pourquoi les entreprises françaises vont se mettre à investir

Référence de l'article : MPF3557
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Pourquoi les entreprises françaises vont se mettre à investir
écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI

L'accélération de l'investissement : la bonne surprise de 2014 pour la France. Un vœu pieux ? Pas seulement !

Dans une récente étude, l’INSEE indique qu'une entreprise sur deux (53% dans les services et 46% dans l'industrie) considère que le CICE aura un effet sur son niveau d'investissement cette année. Et à en croire les industriels le mouvement est déjà en marche.

Interrogés en début d’année, les chefs d’entreprise prévoient désormais une hausse de leurs dépenses d’équipement de 3% pour l’ensemble de 2014 après une chute de 7% en 2013. C’est peu, mais c’est une révision à la hausse de 5 points par rapport à leur première anticipation réalisée en octobre dernier. Or, ce sont les révisons de l’enquête entre deux périodes qui sont au diapason de l’investissement. Trois éléments nous conduisent à Xerfi à penser la reprise de l’investissement possible :

1.    Il y a d’abord le redressement de l’activité industrielle. La production manufacturière est en progression (+0,3% en février) et pousse

la hausse sur les 3 derniers mois à 1,1% par rapport à la même période de 2013. C'est le meilleur score depuis décembre 2011. Surtout, une fois n’est pas coutume, les enquêtes menées par l’INSEE, la Banque de France ou Markit, vont dans le sens de la poursuite du mouvement. De quoi solliciter un peu plus les équipements

comme le montre l’éveil tout en douceur du taux d’utilisation des capacités de production. Le trait est encore fin mais il prendra de l’épaisseur au fil des mois.

2.    Il y a ensuite le besoin de renouvellement du parc d’équipements. Les entreprises savent qu'elles ne peuvent se contenter de faire le dos rond. Le matériel a une de durée de vie qui va de 3 à 15 ans et son prolongement ne peut tenir lieu de stratégie durable.

Or, 5 ans après le déclenchement de la crise, le niveau d’investissement en volume est toujours inférieur de plus de 11% à son dernier pic. Le renouvellement devient donc une nécessité.

Et ce n’est pas un hasard si la part du renouvellement dans les arguments investissements des entreprises industrielles croît régulièrement depuis plusieurs années maintenant : elle a progressé de 4 point depuis 2007. C’est le signe du vieillissement accéléré des équipements.

3.    Il y a enfin, le contexte financier. Pour les entreprises disposant d’une bonne signature, le financement des investissements n’est pas un obstacle.

Les banques dans leur très grande majorité ont laissé inchangés leurs critères d’octroi des crédits aux entreprises aux cours des derniers mois, et ils devraient peu évoluer à court terme. Quant au taux d’intérêt ils demeurent très bas. Selon, la Fédération bancaire française ils sont descendus à 1,82% en moyenne pour les crédits nouveaux en février dernier.

Les données les plus récentes accréditent une reprise de l’investissement.

Il progresserait selon notre scénario de 0,5% au premier trimestre puis hausserait le ton ce qui se traduirait par un acquis de croissance de 1,5% à la mi-année. Le rythme s’accélérant encore par la suite et 2014 se terminerait sur une progression de 2,3%, c’est plus que le PIB qui devra se contenter de 0,8%.

Nota: cet article est également disponible en version video : http://www.xerficanal.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois_Pourquoi-les-entreprises-francaises-vont-se-mettre-a-investir_1459.html

(Rédigé le 15 Avril 2014)

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