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Perspectives de l’emploi en 2014

Référence de l'article : MPF3226
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écrit par Olivier PASSET,XERFI

La reprise française est atypique, incomplète.

Sans pouvoir d’achat, sans consommation et sans investissement logement elle ne peut être que très molle. A son renfort, une demande étrangère qui devrait peu à peu accélérer et des effets de richesse positifs qui atténue un peu l’érosion du pouvoir d’achat, et dans son sillage une légère diminution du taux d’épargne qui amortit l’effet des faibles revenus sur la consommation. Cette dynamique s’étiolera fatalement si peu à peu la hausse de l’emploi ne vient pas consolider le mouvement, puis à terme, mais plutôt fin 2015, les salaires ne se mettent pas de la partie.

La situation française reste néanmoins singulière. Si l’on considère l’Europe dans sa globalité, les séquences d’une reprise standard sont au rendez-vous :

une restauration de la productivité et de la profitabilité, une revalorisation des actifs qui appuie une relance de la production. Un investissement l’immobilier qui pourrait retrouver des couleurs ; une restauration de l’emploi qui se dessine dès à présent et appuie un regain de la demande. Autrement dit les mécanismes traditionnels de diffusion devraient jouer et créer un environnement de croissance porteur pour la France.

Cette diffusion de la croissance à l’emploi européen est décisive pour la France.

Si l’engrenage prend bien sur l’ensemble de l’espace européen, cela rapproche le moment où les salaires se mettront de la partie. Cela réduit d’autant la potion d’austérité qui doit être administrée à l’économie française. Or c’est bien ce qui se dessine.

L’emploi  s’est stabilisé en Europe, sur fond de croissance encore très faible. Cette dynamique préfigure une inflexion à la hausse de l’emploi sur le courant de 2014. Autrement dit l’emploi semble en mesure d’embrayer assez rapidement en début de reprise donnant plus d’assise à la dynamique qui se dessine.

La France, elle, se démarque de la moyenne européenne.

Elle demeure sur une tendance d’érosion de l’emploi. La  dégradation de l’emploi ralentit grâce au redémarrage de l’intérim.

Mais l’ajustement sur l’emploi permanent perdure. L’économie française reste en restructuration. Ni la productivité, ni les taux de marge n’ont recouvré leurs niveaux cibles de moyenne période. Le secteur privé continue donc de détruire de l’emploi salarié permanent au rythme de -80 000 par an environs. C’est un net ralentissement, mais pas une stabilisation encore. Et le très léger redressement des embauches à plus d’un an relevé par l’ACOSS au troisième trimestre, n’est pas en mesure encore d’inverser la tendance.

Cette tendance diffuse d’ajustement perdurera en 2014, même si l’intérim et l’emploi aidés permettront de stabiliser l’emploi total dès le premier semestre et d’opérer une douce remontée à partir du second semestre.

Au final, la stabilisation puis la lente restauration de l’emploi qui s’esquissent en France ne seront que le reflet différé et atténué de ce qui se passera en Europe. Le mouvement n’est pas suffisant pour alimenter une véritable dynamique des salaires. En revanche, il devrait permettre de stabiliser le taux de chômage sur l’ensemble de 2014 et permettre sur un mode très ralenti une lente diffusion de la croissance au sein de l’économie.

(Mis en ligne le 17 Janvier 2014)

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