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Les carburants, une telle ressource budgétaire … pourquoi ne pas en profiter ?

Référence de l'article : MPF3914
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écrit par Aymeric de VILLARET,

Est-ce vraiment une surprise ?  Selon Les Echos datés du 15 septembre, « pour compenser les recettes de l’écotaxe dont la nouvelle monture rapporterait moins que la précédente, le gouvernement voudrait relever la taxe sur le gazole »[1]. Les carburants sont un moyen si facile pour l’Etat de prélever des taxes. Mais alors que l’essence a été toujours plus taxée que le gazole, ce dernier est maintenant considéré comme plus « polluant ».
 

Comme le montre le graphe ci-dessus, la part des taxes dans les carburants est de 58 % pour l’essence contre 52 % pour le gazole.

L’incitation fiscale historique des pouvoirs publics français à acheter plus de véhicules diesel qu’essence a eu des conséquences importantes sur le parc automobile avec un essor de la consommation de gazole et une baisse de celle d’essence :
 


Une taxe (TICPE) importante pour le budget français

La TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques), anciennement TIPP, rapporte beaucoup et ne pèse que sur des produits d’importations. Elle rapporte de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros par an et de ce fait occupe le 5ème ou 6ème rang des recettes.

Elle a donc tout pour plaire, d’autant que plus elle est élevée, plus elle incite à moins consommer…

Selon des estimations faites par le gouvernement en fin d’année dernière, une hausse de 2 centimes de la TICPE rapporterait de l’ordre de 800 M€.

Relever les taxes au moment où le pétrole baisse …. Moyen de rendre la potion moins amère

En effet, avec la chute depuis la mi-juin du baril, les prix des produits pétroliers viennent de légèrement baisser.

Aussi, l’opportunité peut apparaître d’en profiter… à un moment où l’Etat cherche de nouvelles recettes indolores …

Mais de nouvelles taxes à l’horizon !

En effet, si l’opportunité de la baisse du baril est là… les taxes déjà votées vont arriver au 1 janvier 2015 avec la « taxe carbone » déjà fixée à 2 cts pour le gazole et un peu moins de 1,8 ct pour l’essence.

Et ce n’est qu’un début avec la montée de la taxe carbone en puissance … à 4 cts en 2016 pour le gazole.

Et nous ne parlons que des effets de la taxe carbone, pas des contraintes autres, consécutives aux nouvelles règlementations, telles que l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) l’a bien montré dans le graphe ci-après :

Conclusion

Il est tellement facile, lorsque l’on est à la recherche de ressources financières, de relever les taxes sur les produits pétroliers.

L’Ecologie permet à ce moment-là beaucoup, car l’on taxe surtout les produits les plus polluants.

En outre, l’idéal est d’opérer en période de baisse des cours du pétrole.

Le recul de ce dernier récemment crée de fait une fenêtre d’opportunité.

Mais il ne faut pas oublier que :

1)      De nouvelles taxes se profilent dans un avenir très proche (1er janvier 2015)
2)      Jouer sur le cours du baril est un jeu risqué dans la mesure où le gouvernement n’est pas à l’abri de toute hausse de celui-ci, comme cela est arrivé tant de fois par le passé.

Nota: cet article est également consultable sur le Site de l'Auteur: http://aymericdevillaret.wordpress.com/

[1] : http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0203774151907-le-gouvernement-veut-relever-la-taxe-sur-le-gazole-1042242.php

(Rédigé le 16 septembre 2014)
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