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Le revirement militariste de Trump : voici le surprenant résumé de ces 15 derniers jours

Référence de l'article : MPE6045
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écrit par Daniel RICHECOURT,(18 Avril 2017)

Voici le film du plus rapide revirement d’attitude d’un Président américain, peut-être depuis 1789, année du début du mandat de George Washington (1789-1797) : en  15 jours, Donald TRUMP a dit et fait l'inverse de ce qu'il avait promis pendant ces 18 derniers mois :

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  • Le fait : Le 24 mars 2017 après-midi, Trump est OBLIGE de renoncer à son projet de réforme de l’Obamacare, car une trentaine de républicains s’y oppose.
  • La source : extrait du Figaro.fr :

  • Le commentaire : Ce retrait est extrêmement gênant pour Trump, car c’était le volet « réduction de 37 milliards de dépenses annuelles » dans son budget, et qu’il en avait absolument besoin pour financer son projet de réduction des impôts, à plafond de dettes publiques inchangé.
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  • Le fait : le 30 mars 2017, les Etats-Unis  font deux déclarations plutôt favorables à Assad, celle de Rex Tillerson, le Secrétaire d’Etat, et  celle de Nikki Haley, Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, soulignant que la priorité n°1 est d’en terminer avec le terrorisme et avec la guerre, et laissant entendre que l’avenir de Assad aura à être déterminé par les diverses parties prenantes ensuite.
  • La source : lire l’article très détaillé du 31 mars 2017 publié sur le site Le Monde.fr, écrit conjointement par le correspondant du journal le Monde à Washington et par le correspondant du journal Le Monde pour le Proche-Orient, en poste à Beyrouth, article qui résume très bien le changement de doctrine depuis l’ère Obama :

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/03/31/les-etats-unis-acceptent-le-maintien-au-pouvoir-de-bachar-al-assad_5103731_1618247.html
 
Pour ceux qui n’auraient pas le temps, malheureusement, de lire cet article en entier (1 133 mots), en voici un extrait révélateur :



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  • Le fait : le 4 avril, l’annonce de la rétrogradation de Steve Bannon, conseiller qui avait été choisi par Trump et placé par lui au Conseil de Sécurité Nationale, est annoncée par Washington et Bannon démissionne du NSC officiellement ce jour-là.
  • La source : extrait du Huffington Post du 5 avril :

  • Le commentaire : Steve Bannon a très bien pu être forcé à donner sa démission quelques jours auparavant, ou a peut être donné sa démission volontairement, par exemple parce qu’il ne voulait pas cautionner quelque chose qui se préparait et qui lui déplaisait.

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  • Le fait : le 4 avril 2017, une [supposée] attaque aérienne des forces armées syriennes a [aurait] lâché une bombe au sarin (Source : rapport de renseignements américain) sur la ville de Khan Shaykhun. Ce fait est controversé, voir l'analyse ci-dessous.
  • Au moment du passage d'avions syriens au-dessus de la région d'Idlib, un nuage de sarin répandu dans une partie d’un village dénommé Khan Shaykhun a fait environ 80 victimes, dont un nombre élevé d’enfants (Très nombreuses sources).
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Le 6 avril 2017, 59 Tomahawks sont lancés sur une base de l’armée syrienne, située à Al Sharat, pendant que Donald Trump dégustait « la plus merveilleuse des parts de gâteau au chocolat » [1] en compagnie de Xi Jinping, le Président chinois.

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Le 8 avril 2017, les Etats-Unis annoncent avoir demandé au porte-avions Carl Vinson, et à son escadre d’accompagnement habituelle, de se dérouter vers la Corée du Nord (Nombreuses sources).
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Le 11 avril 2017, la Maison Blanche diffuse un communiqué de 4 pages tentant de démontrer la certitude d’une attaque aérienne au sarin, décidée par Assad (Nombreuses sources, dont celles du NYT, qui met en ligne le rapport (déclassifié) des services de renseignements américains (cf. document PDF ci-joint en bas de page).
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Le 12 avril 2017,  le Professeur Théodore A .Postol met en ligne une réponse très documentée et très convaincante de 15 pages, incluant 10 photos et croquis commentés, pour tenter de démontrer le Rapport de renseignement diffusé par la Maison Blanche le 4 avril  est « manifestement faux, trompeur et  amateur ».
 
Qui est le professeur Théodore POSTOL du MIT ?
 
Voici un résumé de son parcours professionnel et de son expertise :
 
Theodore Postol est professeur de Science, Technologie et de Stratégie en Sécurité Nationale dans le programme de Science, Technologie et Société du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a fait ses études de premier cycle en physique et de deuxième cycle en ingénierie nucléaire au Massachusetts Institute of Technology. Après avoir obtenu son doctorat, le Professeur Postol a rejoint l’équipe du Laboratoire National Argonne, où il a étudié la dynamique microscopique et la structure des liquides ainsi que des solides amorphes à l’aide de la diffusion de neutrons, de rayons X, et de lumière, en parallèle avec des techniques informatisées de dynamique moléculaire. Par la suite, il s’est dirigé vers le bureau du Congrès d’Évaluation Technologique pour étudier les méthodes de déploiement des missiles MX, et, plus tard, il a travaillé comme conseiller scientifique auprès du chef des opérations navales.

Après avoir quitté le Pentagone, le Professeur Postol a participé à la mise en place d’un programme à l’Université de Stanford pour former les chercheurs en milieu de carrière à étudier les développements dans les technologies d’armement relatives à la défense et à la stratégie de contrôle des armes. En 1990, la Société Américaine de Physique remet le prix Leo Szilard au Professeur Postol. En 1995, il reçoit le prix Hilliard Roderick des mains de l’Association Américaine pour l’Avancée des Sciences, et en 2001 le prix Norbert Wiener remis par Les Professionnels de l’Informatique pour la Responsabilité Sociale pour avoir débusqué un grand nombre d’affirmations fausses sur les défenses par missiles.
 
Début de l’analyse du professeur POSTOL (Sur les 15 pages de son étude, nous reproduisons ci-dessous les 5 pages de texte.Pour accéder aux 6 pages de photos et de croquis commentés, ainsi qu’aux 4 pages d’annexes, merci de cliquer sur le document intégral de 15 pages sous format PDF, situé en bas de page) :
 
"Cher Larry :

Je réponds à ce que vous me transmettez que je comprends être un communiqué de la Maison-Blanche affirmant avoir découvert des informations à propos de l’attaque à l’agent neurotoxique le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun, en Syrie. Ce que je comprends de votre note est que le résumé des renseignements de la Maison-Blanche vous a été communiqué dans la journée du 11 avril.

J’ai examiné le document avec soin, et je crois qu’on peut montrer, sans aucun doute, que le document ne fournit aucune preuve d’aucune sorte que le gouvernement des États-Unis ait eu une connaissance concrète que le gouvernement syrien ait été la source de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, en Syrie, à approximativement 6 à 7 heures du matin le 4 avril 2017.

En fait, une preuve principale citée dans le document porte à croire à une attaque qui aurait été exécutée par des individus au sol, et non pas depuis un avion, le matin du 4 avril.

Cette conclusion se fonde sur une hypothèse faite par la Maison-Blanche lorsqu’elle cite la source de l’émission de sarin et les photographies de cette source. Ma propre analyse est que la source a très probablement été falsifiée ou mise en scène, donc aucune conclusion sérieuse ne pourrait être tirée des photographies auxquelles la Maison-Blanche a fait référence.

Cependant, si l’on suppose, ce que fait la Maison-Blanche, que la source du sarin venait de ce lieu et que cette localisation n’a pas été falsifiée, la conclusion la plus plausible est que le sarin a été répandu par un engin de dispersion improvisé fabriqué à partir d’une section d’un tube de roquette de 122 mm remplie de sarin et bouchée des deux côtés.

Le seul fait incontestable énoncé dans le rapport de la Maison-Blanche est l’affirmation qu’une attaque chimique utilisant un agent neurotoxique s’est produite à Khan Cheikhoun, en Syrie, ce matin-là. Bien que le communiqué de la Maison-Blanche répète ce point de nombreuses fois dans son rapport, celui-ci ne contient absolument aucune preuve que cette attaque ait été le résultat d’une munition lâchée depuis un avion. En fait, le rapport ne contient absolument aucune preuve qui indiquerait qui est le coupable de cette atrocité.

Le rapport accumule au contraire les observations d’effets physiques dont souffrent les victimes qui indiquent sans aucun doute un empoisonnement par un agent neurotoxique.
La seule source que le document cite comme une preuve que l’attaque ait été perpétrée par le gouvernement syrien est le cratère qu’il affirme avoir identifié sur une route au nord de Khan Cheikhoun.

J’ai localisé ce cratère en utilisant Google Earth et il n’y a absolument aucune preuve que le cratère ait été créé par une munition conçue pour disperser du sarin après avoir été larguée d’un avion.

La carte Google Earth en image 1 à la fin de ce paragraphe montre le lieu de ce cratère sur la route au nord de Khan Cheikhoun, comme décrit dans le communiqué de la Maison-Blanche.

Les données citées par la Maison-Blanche sont plus conformes à la probabilité que les munitions étaient placées sur le sol plutôt que lâchées depuis un avion. Cette conclusion suppose que le cratère n’a pas été falsifié avant les photographies. Cependant, en se référant à la munition dans ce cratère, la Maison-Blanche indique que c’est la source inexacte des données qu’elle a utilisée pour conclure que la munition provenait d’un avion syrien.

L’analyse des débris visibles sur les photographies citées par la Maison-Blanche indique clairement que la munition était très certainement placée sur le sol avec un explosif de détonation externe sur le dessus qui a écrasé le conteneur afin de disperser la présumée charge de sarin.

Puisque le temps semble être essentiel ici, j’ai assemblé un résumé des preuves que j’ai que le rapport de la Maison-Blanche contient des conclusions fausses et trompeuses dans une série d’images à la fin de cette discussion. Chacune des images a une description en dessous, mais je vais résumer ces images ci-dessous et attendre d’autres questions sur la base des conclusions que je propose ici.

L’image 1 montre une capture de Google Earth du coin nord-est de Khan Cheikhoun où se trouve le cratère identifié comme la source de l’attaque au sarin et mentionné dans le rapport de la Maison-Blanche.

La capture Google Earth affiche également la direction du vent depuis le cratère. À 3 heures du matin, le vent allait directement vers le sud à une vitesse d’environ 1,5 à 2,5 m/s. À 6 heures du matin, le vent se déplaçait vers le sud-est de 1 à 2 m/s. La température était également basse, de 10 à 13°C près du sol. Ces conditions sont absolument idéales pour une attaque à l’agent neurotoxique.

Lorsque la température près du sol est faible, qu’il n’y a pas de soleil et des vents très lents, l’air frais et dense reste près du sol et il n’y a presque aucun mouvement vers le haut de l’air. Ces conditions impliquent que les particules, les gouttelettes ou les nuages de gaz dispersé restent près du sol lorsque l’air environnant se déplace sur le sol. Nous percevons ce mouvement comme une douce brise dans un matin calme avant le lever du soleil.

On peut se représenter un nuage de sarin comme un nuage d’encre généré par une pieuvre qui s’échappe. Le nuage d’encre flotte dans l’eau, et à mesure que l’eau se déplace lentement, le nuage se déplace aussi. Comme le nuage est déplacé par l’eau, il se propagera lentement dans toutes les directions à mesure qu’il se déplace. Si la couche d’eau où l’encre est incorporée se déplace de manière à rester près du fond de l’océan, le nuage couvrira les objets alors qu’il se déplace avec l’eau.

C’est la situation qui se produit lors d’une nuit fraîche avant le lever du soleil lorsque les vents ne se déplacent que doucement.

Les images 5 et 6 montrent des tableaux qui résument la météo à intervalles de 3 heures à Khan Cheikhoun le jour de l’attaque, le 4 avril, la veille de l’attaque, le 3 avril et le lendemain de l’attaque, le 5 avril. La caractéristique frappante de la météo est qu’il y avait des vents relativement élevés dans les heures du matin à la fois les 3 avril et 5 avril. Si l’attaque par gaz avait été exécutée le jour précédent ou le lendemain matin, l’attaque aurait été très inefficace. Les vents beaucoup plus élevés auraient dispersé le nuage d’agent neurotoxique et le mouvement de vents d’altitudes plus élevées aurait élevé l’agent neurotoxique dans les airs. Il est donc absolument clair que l’heure et le jour de l’attaque ont été soigneusement choisis et n’étaient pas un hasard.

L’image 2 montre une photographie de haute qualité du cratère identifié dans le rapport de la Maison-Blanche comme la source de l’attaque au sarin. En supposant qu’il n’y avait pas de falsification de preuves au cratère, on peut voir ce que la Maison-Blanche prétend être un diffuseur de l’agent neurotoxique.
Le diffuseur ressemble à un tube de 122 mm similaire à ceux utilisés dans la production de fusées d’artillerie.



Comme le montre le gros plan du tube dans le cratère de l’image 3, le tube semble être scellé à l’avant et à l’arrière. Il est également à noter que le tube est aplati dans le cratère, et a également une ligne de fracture qui a été créée par une rupture fragile de l’enveloppe métallique lorsque le tube a été soudainement écrasé vers l’intérieur depuis le dessus.

L’image 4 montre la configuration possible d’un dispositif de dispersion de sarin improvisé qui aurait pu être utilisé pour créer le cratère et la carcasse écrasée de ce qui était à l’origine un tube cylindrique. Une bonne estimation de la façon dont ce mécanisme de dispersion a fonctionné (encore une fois, en supposant que le cratère et la carcasse n’aient pas été mis en scène, comme l’a supposé le rapport de la Maison-Blanche), est qu’un bloc d’un puissant explosif a été placé sur une extrémité du tube rempli de sarin et a détoné.



L’explosif a agi sur le tube comme si un maillet l’avait écrasé. Il a conduit le tube dans le sol tout en créant le cratère. Étant donné que le tube était rempli de sarin, qui est un fluide incompressible, lorsque le tuyau a été aplati, le sarin a agi sur les parois et les extrémités du tube, provoquant une fissure sur toute la longueur du tube et également la rupture du bouchon à l’extrémité arrière. Ce mécanisme de dispersion est essentiellement le même que le fait de frapper un tube de dentifrice avec un gros maillet, ce qui entraîne une rupture du tube et le dentifrice est soufflé dans de nombreuses directions selon la manière exacte de la rupture de l’enveloppe du tube de dentifrice.

Si c’est bien le mécanisme utilisé pour disperser le sarin, cela indique que le tube de sarin a été placé sur le sol par des individus au sol et qu’il n’a pas été largué par un avion.

L’image 8 montre le diffuseur de sarin improvisé avec une fusée d’artillerie typique de 122 mm et la fusée d’artillerie modifiée utilisée dans l’attaque au sarin du 21 août 2013 à Damas.

À cette époque (le 30 août 2013), la Maison-Blanche d’Obama a aussi publié un rapport de renseignement contenant des inexactitudes évidentes. Par exemple, le rapport indiquait sans équivoque que la fusée d’artillerie contenant le sarin utilisée à Damas avait été tirée depuis une des zones contrôlées par le gouvernement syrien. Il s’est avéré que la munition particulière utilisée dans cette attaque ne pouvait pas aller plus loin qu’environ 2 km, donc très loin d’une zone contrôlée par le gouvernement syrien à cette époque. Le rapport de la Maison-Blanche à l’époque contenait aussi d’autres erreurs cruciales et importantes que l’on pourrait convenablement qualifier d’amateurs. Par exemple, le rapport affirmait que les lieux de lancement et l’impact des pointes des roquettes d’artillerie avaient été observés par des satellites des États-Unis. Cette affirmation était absolument fausse et n’importe quel analyste du renseignement compétent l’aurait su. On pouvait voir les fusées depuis le Space-Based Infrared Satellite (SBIRS) mais le satellite ne pouvait absolument pas voir les points d’impact parce que les points d’impact n’ont pas été accompagnés d’explosion. Ces erreurs étaient des indicateurs clairs que le rapport de renseignement de la Maison-Blanche avait en partie été fabriqué et n’avait pas été vérifié par des experts du renseignement compétents.

La même situation semble se répéter avec l’actuel rapport de renseignement de la Maison-Blanche. Aucun analyste un tant soit peu compétent ne se prononcerait sur le fait que le cratère présenté comme la source de l’attaque au sarin soit une preuve que le projectile proviendrait d’un avion.

Aucun analyste un tant soit peu compétent ne pourrait se prononcer sur le fait que la photo de la carcasse de la cartouche de sarin soit effectivement une cartouche de sarin. N’importe quel analyste compétent aurait des doutes quant à savoir si les débris dans le cratère sont réels ou une mise en scène.

Aucun analyste compétent n’aurait laissé passer le fait que la cartouche de sarin a été écrasée avec force par le dessus, plutôt que explosée à l’aide d’une charge explosive à l’intérieur. Toutes ces grossières erreurs d’amateurs montrent que ce rapport de la Maison-Blanche, tout comme le précédent rapport de la Maison-Blanche sous l’administration Obama, n’a pas été examiné correctement par la communauté du renseignement, comme cela a été rapporté.

J’ai travaillé avec la communauté du renseignement par le passé et je m’inquiète gravement de la politisation du renseignement qui semble arriver de plus en plus fréquemment ces derniers temps ; mais je sais que la communauté du renseignement possède des analystes très compétents. Et si ces analystes avaient correctement été consultés sur les déclarations du rapport de la Maison-Blanche, ils n’auraient pas approuvé ce document.

Je suis disponible pour développer substantiellement ces commentaires. Je n’ai eu que quelques heures pour examiner rapidement le rapport de la Maison-Blanche. Mais une lecture attentive rapide montre sans beaucoup d’analyses que ce rapport ne peut pas être correct, et il semble que ce rapport n’a pas été correctement vérifié par la communauté du renseignement.
C’est un problème vraiment très grave.

Le président Obama a été initialement mal informé sur les supposés indices du renseignement selon lesquels la Syrie avait perpétré l’attaque à l’agent neurotoxique à Damas, le 21 août 2013.  C’est une information qui est désormais publique. Le président Obama a indiqué que sa compréhension initialement fausse était due au fait que les renseignements montraient clairement que la Syrie était la source de l’attaque à l’agent neurotoxique.

Cette information fausse a été corrigée lorsque le Directeur du renseignement national d’alors, James Clapper, a interrompu le Président durant un exposé des renseignements. D’après le président Obama, M. Clapper a dit au Président que les renseignements selon lesquels la Syrie était l’auteur de l’attaque n’étaient pas un truc facile à faire avaler.

La question à laquelle doit répondre notre nation est comment le Président a-t-il été initialement induit en erreur sur des conclusions aussi profondément importantes ? Une deuxième question, tout aussi importante, est comment la Maison-Blanche a produit un rapport de renseignement manifestement incorrect et amateur, qui a été rendu public et jamais rectifié ? La même information fausse dans le rapport du renseignement publié par la Maison-Blanche le 30 août 2013 a été solennellement fournie par le Secrétaire d’État John Kerry dans sa déposition au Comité des affaires étrangères du Sénat !

Nous faisons de nouveau face à une situation où la Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement manifestement faux, trompeur et amateur.

Il est tard dans la soirée pour moi, donc je vais arrêter mon examen ici.
Je suis prêt à fournir à mon pays toute analyse ou toute aide qui relève de ma compétence. Ce que je peux dire de façon certaine ici, c’est que ce que raconte maintenant la Maison-Blanche au pays ne peut pas être vrai et le fait que cette information ait été fournie dans ces conditions pose les questions les plus sérieuses sur la gestion de notre sécurité nationale.

Sincèrement vôtre,
Theodore A. Postol
Professeur émérite en science, technologie et en politique de sécurité nationale
Massachusetts Institute of Technology"
 
Nota : les 15 pages de l’analyse de Theodore A.Postol ci-dessus ont été traduites en français par l’équipe du site « Les Crises.fr » :
 
http://www.les-crises.fr/la-maison-blanche-a-publie-un-rapport-de-renseignement-manifestement-faux-trompeur-et-amateur-par-theodore-postol/
___________________________________________________
 
Egalement : lien vers l’article du NY Times qui fournit le 11 avril  le Rapport de renseignement  (4 pages dont la quatrième remplie à 25% environ) :
 

Le 13 avril 2017, l’Armée américaine teste (en réel) pour la première fois de son histoire la bombe MOAB, qui est la plus puissante des armes non nucléaires à disposition de l’US Air Force, en la lâchant sur un site situé en Afghanistan, dans la province de Nangarhar, district de Achin, là se situait un réseau souterrain de caches, de couloirs et de réserves, creusés par des Talibans et des membres de l’EI, non loin de la frontière avec le Pakistan.

_________________________ 

Le 16 avril 2017, le missile lancé par la Corée du Nord depuis le site de Sinpo explose en vol 5 secondes après le départ. Selon certaines sources, cette explosion serait due à une cyberattaque lancée par les Etats-Unis, qui s’inquiètent, à juste titre, que la Corée du Nord puisse disposer d’armes nucléaires efficaces à un terme de « 2 ou 3 ans ».

_________________________

Conclusion

En 15 jours, de fin Mars à la mi-avril 2017, il semblerait que Trump ait mené davantage d’actions militaires « hors normes » qu’Obama lors des 4 années de son deuxième mandat.
 
Comme Trump avait tenu, tout au long de 2016, en matière militaire, un discours pacifiste, de non-ingérence extérieure, et de retrait partiel d’engagements anciens (comme ceux liés au maintien des forces de l’OTAN à leur niveau actuel), et que ses discours post élection du 6 novembre 2016 avaient réitéré sa politique de repli sur soi et de moindres engagements sur les théâtres d’opérations extérieurs, son revirement, et la vitesse de celui-ci, est spectaculaire.
 
La question qui est posée aujourd’hui est donc la suivante : la trentaine de congressmen Républicains les plus conservateurs et les plus « militaristes », tendance George W.Bush,  lui ont-ils fait un chantage du type « On votera tes projets de réformes intérieures en échange de cette liste d’interventions extérieures ciblées », que la Planète découvrira au fil des mois et des 3 années à venir ?
 
Même si s’entendre avec la Chine pour "démilitariser en douceur (à supposer que cela soit possible)" la Corée du Nord, semble un objectif louable, rationnel, et bien tentant, afin de ne pas répéter certaines erreurs du passé, comme vis-à-vis de l’Allemagne nazie en 1937-1938, quid des autres interventions et quid des faux documents émis pour agir, comme ceux présentés aux médias internationaux en 2003 sur les stocks d’armes de destruction massive en Irak (qui n’existaient pas), ou le document du 11 avril 2017, qui fabrique de fausses preuves sur une bombe au sarin qui, d'après M.Postol, n’a pas pu être lâchée depuis un avion [2] ?
 
 
[1] : personne n’a compris pourquoi Trump tenait à plaisanter à propos de sujets aussi graves, et comment il a pu confondre Syrie et Irak lors du dit interview :
 
https://www.theguardian.com/us-news/2017/apr/12/trump-xi-jinping-chocolate-cake-syria-strikes
 
[2] : Rappelons que dans le Rapport de renseignement, soigneusement  analysé ci-dessus par le Professeur émérite du MIT Theodore POSTOL, 9 mots sont consacrés au fait que c’était un avion des forces de Assad, sur un total de près de 4 pages…, et que ces 9 mots sont attribués à ….une ONG : Amnesty International ! En somme, si l’Armée US a bombardé la base aérienne de Al Sharat, c’est grâce à, ou à cause de, Amnesty International ! On aurait préféré que l’Armée américaine, avec son budget annuel de 600 milliards de dollars, ait une autre source….
 
Or, si cette bombe n’a pas été lâchée depuis un avion, quel groupe l’a fait exploser depuis le sol ?
 

 
  (Mis en ligne le 18 avril 2017)
 
 
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