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Birmanie : six milliards de USD de dettes annulées par le Club de Paris

Référence de l'article : MPB1833
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écrit par Cécile DAUDET,

Le Gouvernement birman est parvenu à un accord avec ses créanciers du Club de Paris, afin que la moitié de sa dette soit annulée, a-t-on appris le 28 janvier 2013 de sources officielles. Cette nouvelle est un signal très fort de la confiance accordée par la scène internationale au nouveau Gouvernement à la tête de la Birmanie depuis février 2011.

L'accord, obtenu le 25 janvier, permet de diminuer la dette extérieure de la Birmanie de presque six milliards de dollars, selon les chiffres fournis par le communiqué publié par le quotidien officiel New Light of Myanmar, chiffres qui ont par ailleurs été confirmés par le Club de Paris lui-même. Parmi les principaux bailleurs au sein de ce Club, le Japon aurait fait une croix sur 3 milliards de dettes, la Norvège aurait renoncé à 534 millions, et le montant restant fait l’objet d’un étalement sur une quinzaine d’années, adossé à un moratoire de sept ans. « D'autres bailleurs bilatéraux devraient suivre, avec de nouvelles annulations de dettes dans les six prochains mois », précise le quotidien.

Vers une détente généralisée

Le geste à haute portée symbolique du Club de Paris, Groupe informel de créanciers qui réunit les Etats-Unis et plusieurs pays européens, ouvre nettement une nouvelle page de l’histoire birmane dans laquelle « la Birmanie s'engage à coopérer pleinement avec tous les membres du Club de Paris », d’après la déclaration du Ministre des Finances, Win Shein, et pas uniquement parce qu’ils sont ses créanciers.

Le Club s’est de son côté félicité des « engagements » pris par le Gouvernement pour poursuivre les réformes, ses membres, « conscients de la situation exceptionnelle » de la Birmanie, précisant qu’ils avaient, par cette annulation partielle, préféré prioriser la solvabilité de l'Etat dans le but d’un développement à long terme. Dans le même temps, le Gouvernement birman est parvenu à rembourser 900 millions d'arriérés de dettes à la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (BAD) grâce à un prêt-relais du Japon, afin de retrouver le chemin de l'aide internationale ; rappelons que la Birmanie n’y a plus accès depuis plusieurs années. « La Birmanie a parcouru un long chemin dans sa transformation économique », a souligné la Directrice de la Banque Mondiale en Birmanie, Annette Dixon, en déclarant qu’il restait néanmoins « beaucoup de travail à faire ».

Un programme de réformes politiques et économiques

Le Président et ancien Général Thein Sein, au pouvoir depuis bientôt deux ans, a étonné toute la scène mondiale en mettant en œuvre un programme ambitieux de réformes tant politiques qu’économiques, une fois que la junte alors au pouvoir eût opéré un départ sans effusion de sang. Après la libération, puis l’élection au Parlement d’Aung San Suu Kyi, dissidente emprisonnée de nombreuses années malgré la réprobation internationale, il a ordonné la libération de plusieurs dizaines d’autres prisonniers politiques, et ainsi acquis une excellente image vis-à-vis des Gouvernements occidentaux, obtenant même la suspension, voire l’abrogation de sanctions en cours (type embargos) contre son pays, et jusqu’à la visite officielle à la fin de l’année 2012 du Président américain, Barack Obama.

Economiquement, le nouveau Gouvernement birman ne reste pas en reste : le Parlement travaille d’ores et déjà sur une loi protégeant l’indépendance de la Banque Centrale, après avoir instauré l'unification des différents taux de change jusqu’alors en vigueur, qui paralysait sa devise nationale, le kyat. En outre, le Parlement a planché sur une loi favorable aux investissements étrangers, qui a déjà été votée.

Le 19 janvier 2013, les bailleurs de fonds internationaux, reçus par le régime birman à Naypyidaw, avaient pu prendre connaissance d’un document dans lequel le nouveau régime décrivait en particulier ses futurs axes stratégiques, mais également les engagements qu’il prenait en termes de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. D’après ce document, la Birmanie a enregistré une croissance de 5,5% pour l'année fiscale 2011-2012, c’est-à-dire d’avril à mars, et la croissance devrait atteindre 6,25% pour 2012-2013.



(Mis en ligne le Vendredi 1er Février 2013)