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Étude économique approfondie de l’Allemagne 2014

Référence de l'article : MPA3646
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écrit par le Comité d'examen des situations économiques de l'OCDE (mai 2014),

Face aux crises récentes, l’économie allemande a fait preuve d’une résilience remarquable.

Le chômage est à son niveau le plus bas depuis la réunification, grâce aux ambitieuses réformes menées au cours de la dernière décennie et au statut de l’Allemagne, dont les actifs financiers sont considérés comme des « valeurs refuges ». Même si la demande intérieure a commencé à contribuer de manière substantielle à la croissance, l’excédent de la balance courante demeure important.

Les banques allemandes ont bien résisté à la crise de la zone euro, mais la faiblesse des taux d’intérêts et leur forte exposition aux produits dérivés constituent pour elles des facteurs de vulnérabilité. Ces risques sont aggravés par le niveau élevé d’endettement des plus grandes banques du pays, et par l’impression persistante que les banques bénéficient de garanties de l’État. L’expansion du crédit a diminué en termes réels ces dernières années, compte tenu de l’atonie de la demande. À certains égards, le gouvernement a pris de l’avance par rapport aux autorités de nombreux autres pays de l’OCDE en termes de réformes destinées à réduire les risques dans le secteur financier. Néanmoins, des mesures supplémentaires visant à rendre les banques plus robustes les inciteraient davantage à tirer parti de la faiblesse des taux d’intérêt pour financer une croissance économique forte et durable. Il conviendrait notamment de réduire le niveau d’endettement, qui est élevé, de mettre en œuvre de manière ambitieuse les dispositions adoptées au niveau de l’Union européenne imposant une réforme de la législation relative à la résolution des défaillances bancaires, et de remédier aux problèmes de gouvernance qui se posent dans le secteur bancaire public.

La contribution du secteur des services à la croissance de la valeur ajoutée en Allemagne a été relativement modeste ces 10 dernières années. Tandis que le secteur manufacturier exportateur est exposé à la concurrence internationale et s’appuie sur des innovations porteuses de gains de productivité et sur l’accumulation de capital humain pour y faire face, le secteur des services est à la traîne du point de vue de la productivité. Le jeu de la concurrence semble souvent entravé par la protection des entreprises en place. Réformer et déréglementer les secteurs de services orientés vers le marché intérieur, notamment certaines industries de réseau, l’artisanat et les services professionnels, permettrait de libérer un potentiel de croissance latent et se révélerait bénéfique pour l’ensemble de l’économie. Cela pourrait également contribuer à renforcer la demande intérieure et à rendre la croissance économique plus équilibrée.

Les inégalités de revenus ne se sont pas accentuées depuis 2004 et sont demeurées moindres que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. Néanmoins, le risque de pauvreté pèse de plus en plus sur les salariés ne bénéficiant que d’une protection de l’emploi relativement faible, ou n’ayant qu’un accès limité à l’assurance-chômage, ainsi que sur nombre de salariés à temps partiel et de travailleurs indépendants. La proportion de femmes travaillant à temps partiel est élevée. Les jeunes non diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ont de médiocres perspectives de revenus sur l’ensemble de leur vie. Par ailleurs, le milieu socioéconomique influe toujours grandement sur les résultats scolaires. Les efforts déployés pour favoriser une croissance économique plus inclusive doivent se poursuivre. Il conviendrait notamment d’améliorer la situation des individus défavorisés sur le marché du travail ainsi que leur mobilité ascendante sur l’échelle des revenus, de renforcer les qualifications des catégories de population ayant les plus bas niveaux de formation ; de revoir le système de prélèvements et de prestations afin d’améliorer les incitations qui en découlent et d’assurer une redistribution efficace et bien ciblée ; et de rendre plus inclusifs les systèmes d’assurance maladie et d’assurance vieillesse.

Pour prendre connaissance de cette étude de 33 pages, merci de cliquer sur le lien ci-dessous:
http://www.oecd.org/fr/eco/Allemagne-Synthese-2014.pdf

Article publié à l’origine sur le Site Contrepoints.fr et reproduit ici avec l’autorisation de l’éditeur : http://www.contrepoints.org/2014/05/15/166138-etude-economique-de-lallemagne-2014

(Mis en ligne le 16 Mai 2014)

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