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Allemagne : à la conquête du Sud... et de l'Ouest

Référence de l'article : MPA3366
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écrit par Olivier PASSET,XERFI

Ce qui fait la force de l’économie allemande, on le sait c’est la qualité de son système d’importation.

L’Allemagne a su recycler les faibles coûts salariaux et fiscaux de son voisinage et en tirer parti en y implantant les phases intermédiaires de sa fabrication. Elle a trouvé aussi en cela un antidote au fort niveau de l’euro, puisque qu’une partie des économies sous-traitantes sont hors zone. Les entreprises ont en revanche maintenu la phase finale d’assemblage sur le territoire allemand. Elle a pu exploiter en cela l’avantage géographique que constitue la proximité des PECO, autrement dit de sa périphérie low cost. La délocalisation partielle de ses chaînes de valeur n’a donc pas induit des coûts de transports trop importants.

C’est là toute la différence avec la France, les États-Unis ou le Royaume-Uni

qui ont localisé une part croissante de la phase finale d’assemblage hors territoire. Ces pays ont vu mécaniquement leurs parts de marché s’écrouler quand l’Allemagne a conservé ses positions en continuant à comptabiliser ses ventes depuis son territoire. Pourtant les uns comme les autres sont bien allés à la conquête de la demande étrangère, mais selon des modalités qui font que les conséquences visibles sur les parts de marché en valeur ne sont pas du tout les mêmes.

Voilà pour l’acte 1 de l’économie de bazar. Le processus est-il arrivé pour autant à son terme ? Probablement non, car avec la crise, l’Allemagne a accru sa puissance de feu financière.

La rentabilité de ses entreprises grandes et moyennes leur confère un avantage en termes  de potentiel de rachat d’autres entreprises européennes. Un avantage que n’ont pas aujourd’hui les entreprises françaises. Ensuite, la déflation salariale du sud crée de nouvelles opportunités de sous-traitance à faible coût.

Le gouvernement français se soucie à juste titre de l’attractivité du territoire, notamment concernant les start-up technologiques. Il a raison et d’ailleurs la France ne manque pas d’atouts en la matière.

La simplification des procédures qu’il vient d’annoncer, plus l’action conjuguée de la BPI, du CIR, et du statut de la JEI finissent par faire de la France une terre d’accueil qui ne manque pas d’arguments.

Mais revers de la médaille, il va falloir compter dans cette stratégie avec le jeu allemand, qui consistera maintenant à transformer la puissance de feu qu’elle a accumulé avec la crise.

Soit en captant l’avantage salarial du sud en l’incorporant dans ses chaines de valeur. Soit en acquérant des marques et des brevets dans les pays dépréciés… en Italie mais aussi en France notamment. L’investissement direct allemand

vers l’étranger est maintenant reparti. C’est un signal et ce n’est pas le cas de la France.

Attention alors aux effets de second tour. La France doit être attractive, mais elle devra prendre garde sur cette période à protéger ses brevets et ses marques. Elle devra aussi s’intéresser à l’autre versant de l’investissement direct auquel peu d’observateurs s’intéressent à tort. L’investissement vers l’étranger, qui, lorsqu’il est bien mené, peut être un instrument pour accroître la valeur créée sur un territoire. L’Allemagne l’a clairement montré par le passé...

(Mis en ligne le 28 Février 2014)

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