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Suppression de 14 000 emplois miniers en Afrique du Sud

Référence de l'article : MPA1728
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écrit par Agnès LABORIE,

On le savait, la sévère grève des mineurs sud-africains à l’automne 2012 devait forcément laisser des traces, les compagnies ayant à l’époque estimé leur manque à gagner à 900 millions d’euros, sans parler de la valeur du rand qui s’était effrité, à la mesure de la confiance des investisseurs dans cet état minier par excellence.  Or le 15 janvier 2013, il s’agit bien d’une conséquence directe de cet épisode lorsque Anglo American Platinum (Amplats), premier producteur mondial de platine, annonce la suppression de 14 000 emplois dans ses mines en Afrique du Sud, le risque majeur de cette annonce étant bien sûr de provoquer à nouveau des grèves aussi violentes que celles de l'an dernier.

Détenu à 80% par Anglo American, Amplats a donc prévu la mise en veille de deux mines, et la fermeture totale d’une troisième d’entre elles, ce qui entraînera la diminution de sa production de platine pour un cinquième de sa quantité actuelle. Suite à la déclaration du poids lourd du marché, le cours du platine a bondi de 1,6%, ce qui pourrait bien n’être qu’un début dans la hausse de la valeur du métal.

Menaces de grève générale

Réaction tout aussi attendue et prévisible, celle des syndicats qui se sont indignés de cette réduction d’effectifs, l’un des dirigeants syndicaliste d'Amplats agitant aussitôt la promesse d'une grève généralisée à tous les sites du Groupe Amplats en Afrique du Sud. « S'ils mettent des mines en arrêt ou en maintenance, tous les sites se mettront en grève. Rien de tel ne sera permis », a soutenu Evans Ramogka, représentant syndical dans les mines de la région de Rustenburg, principale cible des suppressions de postes envisagées.

Rapportés au pays, 14 000 emplois constituent 3% des emplois globaux sur le secteur minier en Afrique du Sud. Au moment où le Gouvernement sud-africain tente désespérément d’abaisser le taux de chômage sous la barre de 25%, cette annonce de l’un des principaux employeurs du pays a inévitablement fait l’effet d’un coup de tonnerre.

Ligne de défense directoriale

Le Directeur général d'Amplats, Chris Griffith, a défendu cette décision lors d'une conférence de presse téléphonique, expliquant que ces mesures, prises à contrecœur, étaient vitales « pour la survie du Groupe », ajoutant « Nous devons évoluer et aligner notre activité sur les dynamiques à long terme du marché de platine et faire face aux changements structurels qui ont diminué notre profitabilité ces derniers temps ». Craignant sans doute de jeter de l’huile sur le feu s’il devait attribuer aux récentes grèves de 2012 la responsabilité de ces pertes d’emplois, le Directeur général d'Amplats a par ailleurs tenu à souligner, dans une interview radiodiffusée, que « les grèves ne sont pas la raison de la restructuration de la société », certaines mines étant depuis longtemps déficitaires du fait de la conjoncture d’une part, et d’une mauvaise qualité de minerai d’autre part.

L’espoir pour les mineurs menacés de chômage ne peut plus désormais venir que du prochain changement de direction : en effet, ces suppressions, avant d’entrer définitivement en vigueur, devront être confirmées en avril 2013 par Mark Cutifani, lorsqu’il succédera à Cynthia Carroll à la tête d'Anglo American.


(Mis en ligne le Vendredi 18 Janvier 2013)