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Risques Souverains : quoi de neuf ?

Référence de l'article : MN877
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écrit par Alexis VARCAZ,

Profitons de ce calme estival (avant une tempête d’Automne ?) pour se pencher sur les notations souveraines, c’est-à-dire les notes attribuées par au moins l’une des 4 Agences de Notation mondiales aux Pays souverains. Quatre Agences opèrent worldwide : par ordre alphabétique, Fitch, créée en 1913, Moody’s, créée en 1909, Ratings and Investment Information (en abrégé R&I), une Agence Japonaise créée en 1975 (et propriété du Groupe NIKKEI) et  la doyenne, Standard and Poor’s, créée en 1860 par Henry Poor, et aujourd’hui filiale du groupe américain d’édition McGrawHill.

Ces 4 Agences notent, à elles quatre, au moins un pays, certains Etats étant notés par les quatre, d’autres que par trois, deux ou par l’une des quatre. Combien de pays sont-ils notés par au moins une Agence ? 141 au 15 Août 2012. Rappelons que 188 pays sont Membres du FMI, que 193 pays sont reconnus par l’ONU, que 205 pays adhèrent au CIO, que 210 pays disposent d’une fédération sportive qui adhère à la FIFA (activité mondialisée type), que 212 pays disposent de banques adhérant au réseau SWIFT (ce n’est pas qu’une question de volonté politique ou économique, c’est surtout une question de qualité des réseaux informatiques et de télécommunications), et que 231 pays ou Territoires existent de par le monde, disposant tous de banques nanties d’un code BIC ( Bank Identifier Code). Comme quoi, l’activité humaine la plus mondialisée, ce n’est pas participer à des Assemblées économiques, ou politiques, ou sportives, c’est la Finance, ou sa courroie de transmission la plus courante, pour le meilleur ou pour le pire, l’activité bancaire.

141 pays sont notés par au moins une Agence, 90 pays non notés

Ces quatre Agences ne notent-elles que de grands pays, de telles sorte que les 141 notés seraient les plus grands ? Pas du tout. On peut… noter la présence de pays comme le Liechtenstein, l’ile de Man, Aruba, Montserrat, les Fidji, les Seychelles, la Grenade parmi les souverains notés, et même, à titre individuel, l’un des émirats membre des Emirats Arabes Unis, à savoir Ras Al Khaimah. Par contre, on peut noter l’absence de grands noms parmi les 90 pays ou Territoires qui ne sont officiellement évalués par aucune des 4 grandes Agences : c’est le cas, par ordre alphabétique, de l’Algérie, du Centre Afrique, des deux Congo, de la Corée du Nord, de la Cote d’Ivoire, de l’Ethiopie, de la Gambie, des trois  Guinée, de l’Iran, de l’Irak, du Kirghizistan, du Laos, du Libéria, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Myanmar (ex-Birmanie), du Népal, du Niger, de l’Ouzbékistan, de la Syrie, de la Tanzanie, de la Somalie, du Tadjikistan, du Tchad, du Togo, du Turkménistan, du Yémen et du Zimbabwe notamment.

Lorsqu’un risque souverain est noté par plusieurs Agences, ses notes divergent-elles de beaucoup ? Non, les différences d’appréciation sont marginales. Sur les 141 pays notés, les divergences significatives ne concernent que 13 pays, pour lesquels la divergence peut aller jusqu’à 10 demi-crans sur une échelle qui en comporte 44 (cf. Tableau PDF en cliquant sur le lien au bas de cet article). En effet, les Agences fournissant des notes sous la forme de lettre, il n’est possible de comparer les notes entre elles qu’en les convertissant d’abord en chiffres, et en créant simultanément des demi crans car le degré de détails, ou de subdivisions, n’est pas le même parmi les Agences, selon l’endroit où l’on se situe sur leur échelle.

Pas de consensus pour 13 pays

Quels sont les 13  risques souverains pour lesquels la divergence est égale ou supérieure à  4 demi-crans, soit deux crans standard ? Il s’agit de la Slovénie, bien notée par SP, mal notée par Fitch (10 demi-crans d’écart), l’Italie et la Grèce (8 demi-crans d’écart), le Japon, l’Irlande, la Tunisie (6 demi-crans d’écart), et enfin les îles Cayman, Taiwan, la République Tchèque, Trinidad et Tobago, l’Espagne, l’Inde, et l’Equateur pour lesquels l’écart entre la meilleure note et la plus mauvaise s’élève à 4 demi-crans.

Pour la totalité des 128 autres pays, les notes sont, soit identiques, soit ne sont écartées que de trois demi-crans au maximum (un cran et demi sur une échelle standard).

On peut remarquer enfin que la note moyenne des Risques souverains notés est de 18,6 soit, à peu près l’équivalent de BBB chez R & I, Baa2 chez Fitch, BBB chez Moody’s, et de BBB chez Standard and Poor’s, et que la médiane correspond à la note de la Colombie, soit 20 demi-crans,  le dixième échelon environ sur une échelle standard (BBB- chez R&I, Baa3 chez Fitch, BBB- chez Moody’s et BBB- chez S&P (ce qui signifie que 70 pays ont une meilleure note et que 70 pays ont une note moins bonne).

Par contre, on soulignera que tous les pays ayant fait l’actualité ces derniers mois se retrouvent parmi ceux dont les notes sont les plus discutées et les plus divergentes : Grèce, Espagne, Italie Irlande, Tunisie. Comme ils sont accompagnés par l’Inde et par le Japon, cette promiscuité annonce-t-elle la liste de prochains risques actuellement sous-évalués ?

(Mis en ligne le Vendredi 24 Août 2012)