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Vers un libre échange entre l’UE et le Japon

Référence de l'article : MMU2183
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L’onde de choc provoqué par la crise chypriote aura bouleversé jusqu'à l’agenda officiel des dirigeants européens, qui auraient effectivement dû être à Tokyo ce lundi 25 mars 2013 pour lancer officiellement les négociations en vue de conclure un accord de libre-échange. Malheureusement, cette visite a dû être annulée, ou pour le moins repoussée, du fait des négociations qui ont duré tard dans la nuit du 24 au 25 mars pour aboutir à un accord sur la question chypriote. Cependant,  pour respecter un minimum le calendrier, un « sommet téléphonique » se tiendra à 10h30 entre le Premier Ministre japonais Shinzo Abe, le Président du Conseil européen Herman van Rompuy et le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Le seul à s’être rendu sur place à Tokyo comme il était prévu, le Commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, a déclaré être « heureux qu'une conversation téléphonique se tienne aujourd'hui afin de lancer des négociations pour un accord de libre-échange ».

Les barrières tarifaires comme pierre d’achoppement

Karel de Gucht a prononcé un discours devant des représentants des patronats japonais et européen, au cours duquel il a tenu à rappeler que la valeur conjuguée des deux économies de l'Union européenne et du Japon constituait un tiers de l'activité mondiale. En revanche, il a rappelé que les exportations européennes vers le Japon n’avaient cessé de décroître ces dernières années, régressant de la troisième place il y a dix ans à la septième aujourd'hui. « Il y a encore trop d'obstacles. Nous sommes confrontés à des règlements discriminatoires, à des normes différentes ou à des restrictions dans les commandes publiques », a-t-il ainsi déploré, estimant que la levée de ces barrières non tarifaires serait « la clé des négociations ». En forme d’avertissement, il a déclaré « Nous devons inclure une clause de révision dans le mandat des négociations. Un an après leur lancement, soit autour d'avril 2014, je ferai le point sur les progrès du Japon dans l'application des feuilles de route sur les barrières non tarifaires (...) Si j'en conclue que les progrès n'ont pas été satisfaisants, les négociations seront suspendues ».

Un accord gagnant-gagnant

Selon les calculs de Bruxelles, un accord de libre-échange entre le Japon et l’Union Européenne qui s’appliquerait largement aux biens, aux services, aux investissements, à la propriété intellectuelle et aux commandes publiques pourrait permettre à l'UE d'augmenter son PIB de 0,8%. De son côté, l’archipel pourrait bien y trouver son compte entre autres pour soutenir ses industries électronique et automobile, qui subissent en Europe la concurrence croissante de la Corée du Sud – celle-ci ayant déjà conclu un accord de ce type avec l’Union Européenne.

DR avec Reuters


(Mis en ligne le Vendredi 29 Mars 2013)