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Quand Emmanuel Macron incite les musulmans à réformer l’islam

Référence de l'article : MC6575
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écrit par Claude SICARD,Auteur de « Le face à face islam chrétienté : quel destin pour l’Europe ? » et de « L’islam au risque de la démocratie » préface de Malek Chebel (Ed. F.X.de Guibert),(12 Janvier 2018)

Notre Président, avec le style qui est le sien, et en prenant d’infinies précautions, s’emploie chaque fois que l’occasion  lui en est donnée, à faire passer en direction des musulmans le message leur  indiquant  qu’il est absolument nécessaire, pour eux, de réformer l’islam. Mais la presse n’en a rien dit jusqu’ici.

Emmanuel Macron s’est quelque peu exprimé sur l’islam tout récemment, à l’occasion des vœux présentés aux autorités religieuses, à l’Elysée, mais c’est surtout dans le discours qu’il a prononcé à Abou Dhabi, en novembre dernier, à l’occasion de l’inauguration du musée du Louvre, qu’il a dévoilé sa position, manifestant ouvertement  sa préoccupation de voir l’islam se réformer.

Ce discours n’a pas été suffisamment analysé par nos médias : il mériterait de prendre date dans l’histoire de la diplomatie française tant il fut habile, mais la presse française paraît ne pas en avoir vu toute la  portée. En vantant les vertus du « beau », et en s’appuyant sur Dostoïevski qui avait écrit dans un roman  que la beauté sauvera le monde, notre Président a très vivement incité les musulmans à réformer leur islam. Il leur a dit, en termes  voilés, que ce musée installé aux Emirats arabes unis est un « piège à bêtises », la bêtise des musulmans consistant à demeurer indéfiniment dans un islam archaïque datant du VIIe siècle, qui les emprisonne. Il est temps, leur a-t-il dit,  que vous vous  inspiriez  du comportement des artistes qui, de tous temps, ont été des esprits libres, des esprits rebelles  qui ont bousculé l’ordre établi. Personne, parmi les personnalités qui assistaient à cette cérémonie, dont son hôte  le prince héritier Mohamed ben Zayed al Nahyane, n’a bronché.

Le combat à mener pour moderniser l’islam et rendre cette religion compatible avec nos principes démocratiques et nos  valeurs, est extrêmement  difficile. Personne n’est encore parvenu jusqu’ici  à  seulement amorcer ce mouvement, pas même le cheikh de la fameuse université al Azhar au Caire.
Le message révélé par le Prophète Mahomet, au VIIe siècle de notre ère, auquel  adhérent aujourd’hui  un milliard et demi  de musulmans dans le monde, comporte bon nombre d’injonctions faites aux croyants de cette religion tout à fait inacceptables par les tenants de la civilisation occidentale.
Les Occidentaux, avec  notamment les acquis du siècle des Lumières, ne peuvent que rejeter  bon nombre d’entre elles, comme : l’ inégalité structurelle supposée  exister  entre les hommes et les femmes, la domination des  musulmans sur les « gens du Livre », c'est-à-dire les juifs et les chrétiens, dans une société organisée selon la loi de Dieu, l’ interdiction  d’ avoir une liberté de conscience,  la lutte prônée contre les incroyants pour faire triompher l’islam dans le monde, une fraternité ne pouvant s’exercer qu’ entre musulmans,  le respect des règles  de la charia en matière de justice,  etc…La sourate 3,19, dit : « La religion de Dieu est la soumission », et le musulman doit  donc impérativement obéir au message du Prophète. L’islam impose une manière d’organiser la société, et ce n’est donc pas une religion qui, pour les individus qui croient, peut dans sa pratique être limitée à la seule sphère personnelle.

Dans son discours d’Abou Dhabi, Emmanuel Macron  est  allé  très loin, masquant ses incitations à  la modernisation de l’islam sous des considérations censées relever d’un discours sur l’art et le beau. Nous en retiendrons  les passages essentiels suivants :

-« Dostoïevski, dans un roman, nous a dit que  la beauté sauvera le monde. Ce qui nous réunit, aujourd’hui : nous sommes au milieu de cette beauté qui sauvera le monde ».
-« La beauté est une éducation : elle nous incite à sortir de nous-mêmes. Elle nous apprend que nous sommes au monde pour réfléchir, pour dialoguer. Elle construit un pont entre les continents ».

- S’adressant au prince  MBZ, il déclara: « Nous sommes aujourd’hui à vos cotés pour ce défi du beau. C’est la réponse que la France, à vos cotés, doit pour lutter contre tous les obscurantismes. Le Louvre de la Lumière, c’est le message envoyé contre tous les obscurantismes ».
- « Je veux une francophonie forte qui portera avec vous un combat contre l’obscurantisme : le français est la langue de la raison, c’est la langue de la Lumière ».

Et cette invitation qu’il fit aux musulmans à s’en référer au comportement des artistes qui, toujours, ont eu  le courage de bousculer le monde. Faisant une allusion à l’enfermement des musulmans dans le monde ossifié de l’islam, Emmanuel  Macron leur dit, très ouvertement, que la fonction de ce musée est de les aider à tourner la page sur leur islam figé depuis des siècles. Grâce à ce musée, leur déclara-t- il   : « Nous allons attraper toute  la bêtise du monde, et la détruire ». Ce musée, leur a-t-il dit,  est un « piège à bêtises : ceux qui viendront ici découvriront des esprits rebelles ». Donnant donc en exemple  la liberté de pensée des artistes, et leur audace, Emmanuel Macron leur dit : « Les artistes ont  défié l’ordre établi. Ils ont ainsi aimé la liberté. Ils ont cru dans la raison contre l’obscurantisme. Ils ont voulu la tolérance et la fraternité ». Et il  poursuivit, disant : « C’est ce même esprit de conquête que nous allons ensemble porter pour les prochaines années, parce que c’est notre combat ». Finalement, il a conclu, en affirmant : « Ici commence le combat d’une génération pour votre jeunesse ». 

Ces propos tenus sur l’art et les artistes,  avec  pour toile de fond l’islam, un islam que l’on sait figé et incapable de se réformer depuis la fin du XIIe siècle, et ces invitations masquées  à se réformer  en s’inspirant du comportement  des artistes qui ,de tous temps, ont été des hommes libres et créatifs, étaient tout à fait clairs pour des esprits quelque peu éveillés, et le prince MBZ que l’on considère comme  particulièrement intelligent, en est. Ce discours, plein de finesses, et riche en sous-entendus, n’a pas donné lieu à des protestations de la part des dirigeants musulmans présents à cette cérémonie. Officiellement, on n’a parlé que du beau et de l’art.

Malheureusement,  Emmanuel Macron, emporté par ses envolées lyriques, a  énoncé une très grave contre vérité, déclarant : « Ceux qui veulent faire croire que l’islam se construit en détruisant les autres monothéismes sont des menteurs, et vous trahissent ». On a peine à penser que le Président français puisse être sincère en avançant une telle thèse : peut être était-ce, là,  une concession faite à ses hôtes pour faire accepter ce discours particulièrement bousculant.

Notre Président œuvre donc, à son niveau, pour  une modernisation de l’islam : mais ce ne sont pas ces incitations à se réformer adressées aux musulmans qui constituent la solution. Les musulmans sont divisés en différents courants qui s’opposent, et, faute d’une organisation hiérarchique pour les guider, rien ne pourra venir de l’intérieur.
Les pays européens qui assistent impuissants au développement  rapide de l’islam dans leurs sociétés, et s’en inquiètent, n’ont qu’une seule possibilité d’action : exiger du Conseil de l’Europe qu’il établisse la liste complète des dispositions coraniques dont l’application est interdite dans les pays de l’Union Européenne. Ceci, afin que dans tous les pays concernés, des lois soient votées pour que ces interdictions deviennent effectives. Et les autorités auront alors à  cœur de poursuivre toutes les personnes qui enfreignent les lois de leur pays.

(Mis en ligne le 12 Janvier 2018)
                 

 
 
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