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Pour un Islam français de souche

Référence de l'article : MC5304
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écrit par Christian MEGRELIS [1],Ancien Vice-président mondial de l'Alliance Biblique universelle,(22 avril 16)
                          
 

Le seul chef d’Etat musulman qui se soit risqué à publier une déclaration de désaveu des massacres de Bruxelles est le roi du Maroc. Il faut saluer son courage. Il y a deux gouvernements musulmans qui se battent contre les barbares: l’Irak et la Syrie. Il y a un peuple musulman qui les contient depuis des années : le peuple Kurde. C’est peu. Cette solitude montre l’importance du déni d’une partie significative du monde musulman.

Du coté européen, le déni n’ayant maintenant plus de sens, il faudrait accepter le principe de réalité, que refuse encore une partie des « élites » gouvernantes…

Le film « Salafistes », financé par la télévision française, et autorisé aux moins de 18 ans, montre l’engrenage de mort dans lequel les «vrais croyants» veulent engager la planète. « Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie ! » proclament  les responsables et les acteurs des massacres d’Afrique, d’Inde, d’Espagne, de Turquie, de Grande Bretagne, d’Indonésie, de Paris, de Bruxelles et de Lahore.

Concevoir, puis mettre en action, une stratégie pour sortir de ce cauchemar est une priorité nationale pour les pays les plus islamisés d’Europe, dont la France.

Il faut rappeler  les racines du mal. Elles sont théologiques, culturelles et historiques.
On  sait peu  que l’Islam est une civilisation dont la soumission à Dieu est l’alpha et l’oméga. Contrairement aux autres religions mondiales, il contient un projet sociopolitique  inséparable  du volet métaphysique qui laisse peu de choix au croyant. Celui-ci doit vivre selon des impératifs catégoriques contenus dans le Coran et la « Charia », où il n’existe que trop peu de traces « d’amour du prochain » et aucune des « droits de l’homme ». Dès le début, l’objectif affiché de l’islam a été de mettre  l’humanité sous la coupe de la doctrine politico religieuse prêchée par Mahomet. Les Byzantins ont été parmi les premiers à subir leur assaut.  L’Empereur Léon III de Constantinople, qui n’avait pu repousser le siège de sa capitale que grâce aux feux grégeois, observe  dans ses Mémoires que la grande différence entre ses ennemis « ordinaires » était que, comme les Mahométans se plaçaient directement sous les ordres d’Allah, il était impossible de négocier de traité de paix avec leur leader.

A part le Maroc, le seul pouvoir séculier qui ait réussi à apprivoiser l’islam  a été l’Empire Ottoman. En se convertissant, en se proclamant « Calife », et en contrôlant les lieux saints, le Sultan avait compris  qu’il aurait droit de regard sur tous les volets de l’Islam : politique, social et religieux, donc sur tous les aspects de la vie de ses sujets. L’impérialisme des Ottomans a été renforcé par cette conversion au point que l’Empire Romain d’Orient ayant été vaincu en 1453, il a fallu l’Empire Romain Germanique « au complet » pour bloquer sa progression aux portes de Vienne en 1683, voici 333 ans. La chute de l’Empire Ottoman en 1918, et sa subdivision ensuite en Etats « artificiels » aurait rétabli la situation d’avant l’an 1000 si l’instauration de monarchies absolues, puis leur remplacement progressif par des « républiques autocratiques laïques » n’avait retardé la désintégration de ces Etats dessinés sur la carte de manière arbitraire. Justifiant ainsi, a posteriori, Montesquieu qui écrivait déjà dans son « Esprit des Lois »,  que les « lois des  Mahométans devaient être dictatoriales, sous peine d’anarchie » (Livre VII).

Plus récemment, par arrêt du 31 juillet 2001, la Cour européenne des droits de l’homme a reconnu l’incompatibilité de la Charia avec la démocratie.

L’agression irresponsable des Etats Unis se mêlant d’apporter à l’Irak une démocratie que personne ne réclamait au Moyen Orient, a ouvert  l’outre d’Eole des haines intra islamiques. Puis l’assassinat du dictateur libyen par les « beautiful democracies », a ouvert le front maghrébin des guerres civiles musulmanes. Français et Américains récidivent en Syrie, tombant de  Charybde en Scylla. Tribus et sectes s’affrontent  dans des combats confus au milieu de populations civiles malheureusement prises en otage. De goguenard, le rire des Russes devient jaune : l’embrigadement de musulmans russes dans les hordes barbares devient une menace directe. La survie miraculeuse de la famille Hassad leur aura permis d’entrer sur la scène en chevalier blanc et peut être de passer dans l’histoire comme les libérateurs de la Syrie.
 
La reconquête de Palmyre, vraisemblablement décisive, n’a été possible que grâce à la combinaison de leurs forces avec l’armée syrienne. Ils étaient les seuls au monde à pouvoir à vouloir le faire et ils l’ont fait !
 
Poussés à l’agonie, les fanatiques de l’EI manipulent des partisans de l’intérieur qu’il transforme en bombes humaines, ajoutant ainsi la panique à l’indécision de démocraties dans une guerre où chaque ennemi est bien décidé à mourir. Quand ces fous de Dieu auront été réduits à l’impuissance, ce qui prendra beaucoup de temps, la menace ne s’éteindra pas pour autant. Nous ne sommes plus à l’époque où les Haschischins, premiers kamikazes, étaient exterminés  en un an par une armée de Mongols. Le « Smartphone » continuera de fonctionner, qui sert indistinctement les marchands de parfums et les marchands de mort, et qui est devenu, avec Internet, le plus puissant outil de propagation jamais connu.
 
Comment élaborer une stratégie réaliste pour libérer la France de la peur ?
 
 A court terme, il faut bien sûr arrêter les massacres.
 
Le seul moyen efficace à long terme serait de responsabiliser les nationaux de religion musulmane, car ils sont les mieux placés pour identifier les agents recruteurs et aider les autorités de leur pays à les neutraliser.  Il faut aussi que chaque musulman français, tout en restant fidèle au Coran, abjure individuellement la Charia et fasse allégeance aux lois de son pays d’adoption ou de naissance.
 
Au Moyen Orient, il faudrait que se rétablissent des régimes forts, laïcs et éclairés, capables de contrôler les sectes fanatiques et de les réduire à l’impuissance, ce que faisaient parfaitement les Raïs déchus du Maghreb et du Moyen Orient, et leurs épigones que sont les monarques encore en activité. Les Marocains et les Egyptiens montrent, entre autres, aujourd’hui l’exemple, et la Turquie avait su le faire pendant 70 ans.
 
A long terme, il faudrait arriver à mettre nos descendants à l’abri de guerres de civilisation qui se doubleront de guerres civiles si la situation continue à se détériorer, comme chacun peut le constater chaque jour. La méthode utilisée, par exemple, par Bonaparte faisant du judaïsme une religion française sur le territoire français, pourrait inspirer nos responsables. Il faudrait imposer à la religion musulmane de s’organiser en France selon le modèle presbytéro–synodal  des juifs et des protestants, et de couper les liens avec les Pays qui la « parrainent ». Il n’y a aucune raison pour que ce schéma rodé pendant 200 ans ne fonctionne pas. Ces objectifs ne seront finalement atteints que si les pouvoirs publics utilisent enfin des méthodes directives, autoritaires, obligeant l’équivalent  de « paroisses » (mot à créer) musulmanes à nommer des responsables laïcs à côté d’imans  francophones  de nationalité française ayant fait des études théologiques en France. Une telle organisation  pourrait voir le jour entre cinq et dix ans, si la volonté politique de nos gouvernants était affirmée et si les musulmans modérés, qui sont très nombreux, aidaient à l’instauration d’un tel islam de France.
 
Les musulmans français éclairés, qui savent faire la différence entre les régimes du Maghreb et du Moyen-Orient et le fonctionnement de la démocratie française, accepteraient vraisemblablement sans difficulté une main provisoirement de fer dans un gant de velours pendant la période de fondation de ce rite musulman français comme les juifs ont su le faire, pour leur plus grand bien, voici 200 ans. L’Islam français serait ainsi une fondation voulue et pilotée par l’Etat à travers le Ministère de l’Intérieur et des Cultes, acceptée et co-instaurée par les musulmans modérés, qui sont la majorité, ou il ne sera pas.
 
Les élites musulmanes doivent se sentir concernées par ce défi dont le résultat sera une paix religieuse séculaire et une intégration plus rapide des musulmans français. Bien entendu, il est important que, pendant cette étape, délicate à mettre en place,  le flot de migrants se tarisse pour ne pas reproduire à l’infini le modèle communautaire que nous vivons, qui ostracise de manière injuste les musulmans modérés déjà installés. Sachons mieux nous occuper de ceux qui sont déjà là avant de ployer davantage sous le nombre : ce sont les musulmans modérés qui le demandent, la plupart du temps hors caméras…
 
Voila le programme ambitieux que le prochain Président devrait mettre en place pour que le XXIème siècle français ne devienne pas, comme le XXème, un siècle de sang.
 
[1] Auteur de “Keys for the future” (Lexington Books-Mass.)

(Mis en ligne le 22 Avril 2016)

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