Se connecterS'abonner en ligne

La France n°2 mondial en mathématiques, grâce aux prépas

Référence de l'article : MC6005
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Christian de MOLINER,Professeur agrégé, Ecrivain,(1er avril 2017)

Yves Meyer vient de décrocher le prix Abel, l’équivalent du Nobel de mathématiques – qui n’existe pas, car les Nobel ne récompensent que les sciences appliquées.

Depuis l’origine, nous avons obtenu 4 prix Abel sur 18, 11 médailles Fields sur 56 (l’autre distinction prestigieuse en mathématiques). Seuls les États-Unis rivalisent avec nous, mais ce dernier pays ne doit son influence qu’aux chercheurs « importés ». En effet, ses universités attirent des scientifiques du monde entier dans leurs laboratoires et ce sont eux qui assurent aux USA sa moisson de récompenses.

Cette excellence en mathématiques est paradoxale, car nous sommes pitoyables dans les évaluations internationales (25e sur 72 en math au classement PISA !). Ce résultat lamentable est logique, car les cours sont inaudibles, vu l’agitation des élèves, les instituteurs sont recrutés sur leurs compétences littéraires ou « pédagogiques », le nombre d’heures de mathématiques a diminué considérablement au collège et au lycée et les programmes n’ont cessé d’être allégés. Un bachelier S de 2016 en sait moins en maths que son camarade de section économique de 1985 !

Notre suprématie en mathématiques s’explique par un système unique au monde : les classes préparatoires (CPGE). 65.000 élèves font, pendant deux ans, neuf à douze heures de maths de haut niveau par semaine et rattrapent vite leur retard initial. Ils sont encadrés par des professeurs agrégés eux-mêmes sélectionnés sur un savoir pointu et non pas sur des critères pédagogiques folkloriques. Mais, en France, on déteste le succès, aussi des démagogues réclament à hauts cris la suppression et l’intégration dans l’université des CPGE, accusées de tous les maux.

Niveau des prépas : excellent, et formation moins couteuse que l'Université pour les finances publiques !

Pourtant, les deux formations ne sont pas rivales mais complémentaires. On devrait plutôt remplacer toutes les deux premières années d’université, qui ont fait preuve de leur inefficacité, par des CPGE. En revanche, à partir de la 3e année de licence, lorsque les élèves ont acquis les bases indispensables et sont plus mûrs, le système universitaire, qui est fondé sur la recherche, est incomparable, formateur et utile.

On prétend qu’un étudiant de prépa (14.000 €) coûte plus cher qu’un étudiant de fac (12.000 €). Cet argument est risible : comme plus de 25 % des élèves de fac ne viennent jamais en cours, on dépense en réalité de 16.000 € à 18.000 € par étudiant d’université. Et les CPGE sont rentables pour nos finances : un élève de CPGE scientifique, s’il reste dans sa formation, est quasiment sûr d’intégrer une école d’ingénieurs ou un doctorat et de trouver du travail rapidement (un débutant gagne 2.000 € par mois). Et nos ingénieurs sont demandés dans le monde entier, tant ils sont bien formés. Or, le taux de réussite n’est que de 30 % à l’université pour des salaires à peine supérieurs au SMIC à bac+5. La réussite des CPGE est là, éclatante : elle permet à la France de maintenir son rang malgré un système éducatif digne du tiers-monde.

___________________________________________________________________________
Article reproduit en licence CC BY NC SA avec l'autorisation de l'éditeur :
http://www.bvoltaire.fr/paradoxale-bonne-sante-maths-france-due-aux-classes-preparatoires/
 
(Mis en ligne le 1eravril 2017)

Articles similaires
Pays avancés = déclin des heures travailléesRetour en France des djihadistes : il faut...Théroigne de Méricourt, une révolutionnaire...Elysée : départ de Sylvain Fort, aïe, c’était un...Une nouvelle biographie d’Edgar Allan Poe, par...Pacte de Marrakech : l’annonce officielle d’un...Une nouvelle rampe découverte en Egypte relance...Attention, danger : l'UE va sous-traiter la...Des vedettes du show biz traitent les...Mystère : pourquoi l'Elysée a-t-il voulu...Manu, Bibi, Doudou et le Bololo28 Juin 1914 : quelques faits historiques peu...Nuit du 10 au 11 novembre 1918 : derniers faits...Flambée du populisme également parmi les Pays...Il FAUT que toutes les cloches de France sonnent...Algérie : marteau contre seins nusFortes menaces sur l'X, ou la...Erevan : Macron fait nommer une anglophone à la...« Comme l’Empire romain, notre pays n’a plus...Le mystère des 3 livres empoisonnés à...Virgile : un assassinat maquillé en...L’Institut Coppet réédite les classiques du...Maths : au sujet des différences entre Prix...Affaire Redouane Faïd : Béatrice Dalle, 37,2 de...Enseignement professionnel : et si on s’inspirait...Souad Ayada révise, avec beaucoup de bon sens,...Très Saint-Père : le « croissez, multipliez-vous...Manu pas content : un torrent d'injures...Carl Menger, l'un des 3 pères spirituels de...Le bilan de la première année d'Emmanuel...Edouard Philippe regrette de ne pas avoir connu...John Maynard Keynes et le cercle des espions...Cédric Herrou sur RMC : " Faudrait...De la biosphère à la lithosphère : la taphonomie...Ukraine et Donbass : la faillite de l’Union...40 ans déjà : le 19 mai 1978, la Légion saute sur...Le Cardinal Sarah aux 12.000 pèlerins de Chartres...5 mai 1818 : naissance de Marx, un économiste ou...« Rafles » et « Justes » : deux mots à ne pas...Erdogan attaque violemment la France et...En France, comme en URSS, c'est l’État qui...Rue d’Ulm : le monument aux morts vandalisé,...En Bavière, à partir du 1er Juin, une croix sera...De la crétinisation de l'Europe par le...Edwy Plenel ou la détestation viscérale de la...Si Macron demande aux Evêques de s’engager,...Etudiants-diants-diants : feraient mieux de faire...Projet de Loi Immigration : deux suggestions pour...L’État Islamique a perdu son territoire...Identité et Religion dans l'entreprise : le...L’appel de 100 intellectuels contre le «...Hommage à Stephen Hawking