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La belle histoire de la météorite de Caille, visible au Museum d'Histoire naturelle

Référence de l'article : MC6523
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écrit par Anthony SALOMONE,(9 Décembre 2017)

Les météorites étaient autrefois qualifiées de «pierres de foudre » ou de « pierres de tonnerre». Au XVIIe siècle, il en fut ainsi pour celle qui tomba sur la montagne de l’Audibergue, au-dessus de Caille. Sa valeur scientifique n’a été reconnue qu’en 1828.

Pour les habitants du haut-pays grassois, les météorites sont des cailloux comme les autres. Du moins au XIXe siècle. Le village de Caille en est la parfaite illustration avec son fragment d’astéroïde utilisé comme… banc. Jusqu’au XVIIIe siècle, les savants peinent à identifier l’origine extraterrestre de ces pierres souvent appelées « pierre de foudre » ou « de tonnerre ».

L’histoire originale de la météorite de Caille commence dans les années 1650-1700. Elle est trouvée par un berger, sur la montagne de l’Audibergue, à environ 9 km au sud-est de Caille. Le pâtre en informe son maître. Ce dernier fait tirer par des bœufs la « pierre de fer », afin de la descendre jusqu’à la plaine. Elle pèse plus de 625 kg et fait plus d’un mètre de hauteur. Elle y reste jusqu’en 1787, date à laquelle le maréchal-ferrant demande à ce qu’elle soit transportée près de sa boutique au village.

Composée à 90 % de fer, il y voit une matière première non négligeable. Il en casse un morceau pour le forger et le transformer en fers de mulet. Le résultat ne le satisfait peut-être pas et il délaisse la météorite qui reste plus de 50 ans devant l’église du village. Elle sert de banc et les cultivateurs l’utilisent également comme support pour emmancher leurs outils.

Réclamée par l’Académie des Sciences

L’étrange destin de la météorite de Caille prend une autre dimension au XIXe siècle, période à laquelle les objets célestes commencent à être étudiés. Informée de son existence en 1828, l’Académie des Sciences de Paris la réclame au maire. En échange, le conseil municipal demande la réparation et l’agrandissement de l’église. Il souhaite également une horloge pour la placer sur le clocher.

En retour, le gouvernement du roi Charles X n’offre qu’une petite horloge et il n’accède pas au reste des demandes. L’horloge est d’ailleurs remplacée, deux ans plus tard sur demande du conseil municipal à la préfecture, par une autre plus grande et originaire de Grasse.

D’après des études récentes, la météorite serait arrivée sur Terre il y a 165 000 ans. Elle est issue de la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter. À part la météorite de Caille, on n’en recense qu’une autre dans les Alpes-Maritimes. Celle-ci est tombée, le 29 novembre 1637, sur le mont Vaisi, aux confins de Guillaumes et de Péone. Remise au seigneur de Daluis et d’un poids de 19 kg, sa trace a été perdue.

Il est possible de voir la véritable météorite de Caille, jusqu’au 10 juin 2018, au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, au sein de la Grande Galerie de l’Évolution. En 2007, une réplique en résine a été confectionnée. Elle est désormais visible dans le clocher de l’église de son village « d’origine ». Jusqu’à aujourd’hui, 77 météorites ont été recensées en France - 64 chutes observées et 13 trouvailles - et celle de Caille reste la plus grosse.

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(Article publié à l'origine dans le supplément Histoire de Var Matin/ Nice Matin, daté du 26 Novembre, et reproduit avec l'autorisation de la rédaction)

NDLR: pour ceux de nos lecteurs qui souhaiteraient en savoir davantage sur la composition chimique de cette météorite, ainsi que sur son âge, merci de lire le texte scientifique de 6 pages ci-dessous (au format PDF) de Madame Hutzler, en cliquant sur le lien en bas de page.

(Mis en ligne le 9 Décembre 2017)

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