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République tchèque : encore un modèle à suivre...

Référence de l'article : MPR7305
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écrit par Alexandre MASSAUX,(12 Janvier 2019)


(Eglise Saint Nicholas de Prague)


La République tchèque est un pays bénéficiant d’une économie croissante et d’une stabilité politique. En effet, en 2018 le pays connaît le taux de chômage le plus bas de l’UE, entre 2,5 % et 3 % (selon les estimations), taux qui est en baisse et qui est largement en dessous de la moyenne européenne qui est de 6,9 % (8,3 % pour l’Eurozone)[1]. De plus, le pays possède une croissance de 4,3 % [2] du PIB réel. Là encore, la République tchèque fait office de bon élève compte tenu que la moyenne européenne est de 2,5 % ( la France étant à 2,2 %). Si son économie est très liée à ses voisins allemand (principalement la Bavière) et autrichien, c’est aussi un certain nombre de choix politiques qui explique cette bonne santé économique.
 
À l’instar des autres pays d’Europe centrale et de l’est, la République tchèque est partie de très bas : jadis pays satellite du bloc soviétique, la chute du régime socialiste a amené le pays à accomplir des réformes libérales sous la direction des présidents Vaclav Havel et Vaclav Klaus.
 
Le premier, véritable héros national du fait de son rôle dans l’opposition au régime communiste, a assuré la transition du pays en tant que président de 1993 à 2003.
Le second, libéral convaincu et membre de la société du Mont Pèlerin (fondé par des membres de l’École autrichienne d’économie  comme Hayek et Mises) a continué le tournant vers l’économie de marché avec son parti ODS (Parti démocratique civique). Si la présidence est, depuis 2013, occupée par le social-démocrate Milos Zeman et le gouvernement contrôlé d’abord par les sociaux-démocrates, puis par les centristes d’ANO 2011, les grands choix libéraux demeurent.
De ce fait, quelle est la situation actuelle en République tchèque et quels avantages ce pays offre-t-il ?

L’ASPECT FISCAL : UNE SITUATION AVANTAGEUSE

En 2017, selon l’index de liberté économique de l’Heritage Foundation, la République tchèque est 24ème du classement, dépassant ainsi l’Allemagne 25ème, et se situe loin devant la France, 71ème [3] . Plus précisément, en matière de poids fiscal (qui représente le fait que les impôts soient élevés ou non), la République tchèque se voit attribuer une note de 82,9 (100 étant une imposition très faible) au-dessus de l’Allemagne (61,3) et de la France (47,3).
 
En effet, en 2017, les recettes fiscales de l’État représentent en République tchèque 34,9 % du PIB là où en France elles représentent 46,2 % du PIB (Championne du monde !)



Cette faible imposition n’empêche pas le pays d’avoir une dette publique ne représentant que 37,7 % du PIB et en baisse [4], trahissant un comportement de l’État moins dépensier que l’Allemagne (dette représentant 67,6 % du PIB, mais en baisse) ou que la France (97 % du PIB et en hausse : le pic des 100 % devrait être atteint en 2019). En outre, le déficit public est inférieur à 3 %, satisfaisant ainsi les critères budgétaires de l’UE.
 
Concrètement, au niveau des impôts et taxes principaux, la situation est la suivante [5] :

  • Impôt sur les sociétés à 19 % (33 % en France avec une réduction à 25 % prévu pour 2022),
  • Impôt sur le revenu des personnes physiques : taux d’imposition unique (flat tax) de 15 % (en France, différentes tranches, la plus haute étant 45 %). Il est prélevé à la source (système qui sera introduit en France en janvier 2019).
  • TVA avec un taux normal de 21 %, le taux réduit de 15 % (principalement sur les biens de première nécessité) et le taux réduit de 10 % (sur les médicaments, les livres et les produits pour nourrissons). Pour le coup, la TVA est plus élevée qu’en France où les différents taux sont respectivement 20 %, 10 % et 5,5 %.

Les cotisations sociales [6] d’un salarié payables par l’employeur sont d’environ 34 % et se décomposent ainsi :

  • Maladie, maternité – prestations en espèces 2,3 %,
  • Soins de santé 9 % (+4,5 % payable par le salarié),
  • Vieillesse, invalidité, décès 21,5 % (+6,5 % payable par le salarié),
  • Accidents du travail et maladies professionnelles entre 0,2 % et 1,2 %,
  • Chômage 1,2 % du salaire brut.

Ainsi, le coût des cotisations pour un employeur représente 45 % du salaire brut.
En comparaison, le système français est beaucoup plus complexe et les cotisations peuvent aller jusqu’à un total 62 % du salaire brut (22 % de charges salariales + 42 % de charges patronales). Si les cotisations sociales restent plus élevées en République tchèque que dans certains de ses voisins, comme la Pologne, la situation est plus avantageuse que celle de la France.
Au niveau de la taxation du capital et des biens, la République tchèque bénéficie d’une taxation peu présente dans ce domaine :

  • L’impôt sur la fortune n’existe pas
  • L’impôt sur les successions a été supprimé en 2014 pour les héritiers directs. De la même manière les donations entre les membres directs au sein de la famille ne sont pas taxées. (En France, les frais de succession et de donations peuvent monter jusqu’à 45 %). En dehors de ce cas, les donations sont soumises au taux fixe de 15 % [7] .

S’il existe d’autres taxes et impôts, force est de constater que les grands axes fiscaux montrent un poids fiscal plus faible que la France. De même, l’utilisation de la flat tax met en avant un système plus simple et moins sibyllin que son équivalent français.
 
_____ Notes _____________

  1. Meignan, Pierre, « Eurostat : la Tchéquie a le plus faible taux de chômage de l’Union européenne | Radio Prague », Radio Praha<http://www.radio.cz/fr/rubrique/infos/eurostat-la-tchequie-a-le-plus-faible-taux-de-chomage-de-lunion-europeenne
  2. « La croissance en Europe », Toute l’Europe.eu <https://www.touteleurope.eu/actualite/la-croissance-en-europe.html
  3. « Country Rankings: World & Global Economy Rankings on Economic Freedom » <//www.heritage.org/index/ranking
  4. « République tchèque », Toute l’Europe.eu <https://www.touteleurope.eu/pays/republique-tcheque.html
  5. « Système Fiscal | Ambassade de la République Tchèque à Paris », Ambassade de La République Tchèque En France<https://www.mzv.cz/paris/fr/economie_commerce/entreprendre_en_republique_tch_que/syst_me_fiscal/index.html
  6. « Les cotisations en République Tchèque », CLEISS<https://www.cleiss.fr/docs/cotisations/republique_tcheque.html
  7. « Taxation and Investment in Czech Republic  2017 », Deloitte, p.24. 

 
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Article reproduit avec l'autorisation de l'éditeur :
https://www.contrepoints.org/2019/01/11/334404-republique-tcheque-un-modele-fiscal-pour-la-france
 

(Mis en ligne le 12 Janvier 2019)