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Quel peut-être l’impact de la baisse de l’euro sur la croissance française

Référence de l'article : MPF4257
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écrit par Olivier PASSET,Directeur des Synthèses,XERFI

En première lecture, le décrochage de l’euro est spectaculaire,

notamment lorsqu’on se polarise sur le chiffre le plus commenté, c’est-à-dire la parité euro-dollar. De l’ordre de 15 % depuis avril de l’année dernière,  et une parité qui a brisé le seuil symbolique des 1,20, une première depuis 10 ans.
Mais lorsque l’on prend la mesure de l’ensemble des mouvements de change depuis cette date, on saisit rapidement que les choses ne sont pas si simples. Nombre de devises ont accompagné l’euro dans sa baisse… voire plus pour les pays qui sont déstabilisés financièrement.

Le rouble bien-sûr,le real brésilien ensuite,  mais aussi le yen,  le franc suisse et  la Livre. Même le  dollar canadien s’est déprécié sur la période vis-à-vis du dollar américain.  Dans une moindre mesure aussi le Won coréen. Autrement dit, l’euro n’a pas gagné en compétitivité sur tous les marchés, ou du moins pas dans les proportions  que suggère sa parité à l’égard du dollar.
C’est la moyenne de ces mouvements pondérés par la structure ne notre marché à l’exportation… autrement dit le taux de change effectif. Et si l’on regarde cet indice pour la France, on déchante rapidement par rapport à ce que suggère la parité euro-dollar.

L’euro, vu de la France, se serait déprécié de 2,4% par rapport à l’ensemble des monnaies. Et de 3,9% si j’intègre le récent décrochage de janvier. Non seulement d’autres devises se sont dépréciées, mais de surcroît près de la moitié de nos exportations se font en zone euro et ne bénéficient donc pas de la dépréciation.  Ce n’est pas suffisant pour changer la face de la croissance.
On aurait pourtant tort de s’arrêter là, contrairement à ce que font nombre de modélisateurs :

1/ Le choc est un choc symétrique qui touche l’ensemble des pays de la zone en même temps. Autrement dit c’est le taux de change effectif de la zone prise en bloc qu’il faut considérer.

2/ La désinflation en zone euro, plus prononcée que dans le reste du monde, crée un avantage compétitif supplémentaire. C’est donc le taux de change effectif réel de la zone euro qui est l’indicateur pertinent.

Le premier indice, c’est-à-dire le taux de change effectif de la zone,  s’est déprécié de près de 7 % depuis mars-avril.
Lorsque j’intègre l’effet « différentiel de prix ».

Le taux de change effectif, dit réel, s’est déprécié lui de près de 8 % depuis mars-avril 2014. C’est donc un choc significatif qui atteint l’ensemble de la zone euro.  Un choc qui pourrait produire 0,5 à 1 point de croissance supplémentaire sur un horizon de 1 à 2 ans. Pas de quoi résoudre nos problèmes de croissance à long terme, mais une bouffée d’oxygène qui redonne une seconde chance à la reprise européenne à court terme.
 
Cet article est également disponible sous format Video :

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-La-baisse-de-l-euro-va-stimuler-la-croissance-vrai-ou-faux-_2186.html

(Mis en ligne le 16 Janvier 2015)

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