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Où en est vraiment l’activité économique en France ?

Référence de l'article : MPF3475
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI

Où en est l’activité en France à l’approche de la fin du 1er trimestre ? Elle est à l’image d’une reprise, bel et bien là, mais qui demeure incomplète et à faible diffusion… Les 7 graphiques que j’ai privilégiés ici confirment une fois de plus ce diagnostic mitigé. Et aucun signal faible ne nous déroute malheureusement aujourd’hui de ce discours en eau tiède :

1.       Il y a d’abord ce qui va bien ou mieux : l’industrie manufacturière est en tête de liste.

C’est ce que montre le 1er graphique choisi, celui de l’évolution de la production: en progression de 0,7% en janvier dernier, elle pousse la hausse sur les 3 derniers mois à 1,1% par rapport à la même période de 2013. Ce n’est peut être pas très impressionnant mais c’est le meilleur score depuis décembre 2011. Et cet élan devrait se poursuivre selon l’enquête Banque de France.

Sans atteindre des sommets, les carnets de commandes se sont quelque peu étoffés en février ce qui exclut a priori les risques de décrochage à court terme de l’activité, d’autant que la base sectorielle de la reprise s’élargit lui donnant un caractère plus solide. Ces deux premiers indicateurs renvoient ainsi l’image d’une activité industrielle en progrès.

2.       Ce rebond de l’industrie, entraine avec lui une partie des services BtoB. Alors certes il n’existe pas d’indicateur global des services aux entreprises, mais l’intérim peut servir de valeur témoin. Or comme

le révèle ce graphique, l’intérim est à nouveau sur une pente croissante et le solde d’opinions des professionnels sur leur niveau d’activité est à nouveau au dessous de sa moyenne de long terme, signe d’un bon début d’année. Si tous les secteurs des services aux entreprises ne sont pas logés à la même enseigne, il est indéniable que les volumes d’activité auront été en hausse au 1er trimestre.

3.       Il y a maintenant, les secteurs en marge du redressement, ou qui plongent c’est le cas du BTP. Dans le bâtiment, la construction neuve de logements flanche :

les mises en chantier sont tombées à un très bas niveau en janvier dernier. Pour les permis de construire c’est pire, la chute étant plus brutale encore douchant tout espoir d’un rebond à court terme.

Quant aux travaux publics, ils sont à l’arrêt comme avant toutes élections municipales, c’est le sens qu’il faut donner au décrochage ultra-violent des marchés conclus qui a atteint fin janvier -6,7% sur un an.

4.       Reste toutes les activités BtoC. Le sens du mouvement est donné par les enquêtes de conjoncture auprès des ménages. Le détail de l'enquête montre que les fondamentaux de la dépense demeurent plombés et

que les Français qui semblaient un temps vouloir puiser dans leur épargne ont changé d’avis : l'opportunité d'épargner est à nouveau au-dessus de sa moyenne de long terme.

Un mouvement de précaution qui s’accompagne d’une inquiétude grandissante sur l'avenir, notamment en matière d’emplois. Cette frilosité, les distributeurs la constatent tous les jours et ils n’anticipent pas le retour des beaux jours dans leur commerce. Bref, là aussi les niveaux d’activités restent dégradés.

Points de progrès contre fragilités persistantes. C’est le bilan du 1er trimestre. Cela nous donne au final un redécollage de la croissance qui apparait bien poussif, même si la page de la crise est bien en train d’être tournée.

Nota: cet article est également disponible en version video : http://www.xerficanal.com/

(Rédigé le 25 Mars 2014)

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