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Le pouvoir d'achat de mal en pis

Référence de l'article : MPF3899
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI (5 septembre 2014)

La fin 2013 avait été particulièrement éprouvante pour le pouvoir d'achat. La fin 2014 le sera tout autant. Comme les années précédentes, l’impact du tour de vis fiscal interviendra principalement au second semestre après la réception des avis d’imposition en dépit des quelques mesures compensatoires ciblées sur les bas salaires.

Cela donne un profil particulièrement heurté à l’évolution du pouvoir d’achat qui craque en fin d’année.  Selon notre scénario, il reculerait de 0,5% au 3ème trimestre puis de 0,7% le trimestre suivant par unité de consommation, un chiffre qui tient compte à la fois de l'évolution du nombre de ménages et de leur composition. Le bilan est donc sévère car cela signifie pour les Français un nouveau recul en moyenne sur l’ensemble de l’année de 0,3% après déjà -0,6% en 2013. C’est la 4ème baisse consécutive, du jamais vu. Des prévisions biens sombres dont les nouvelles mesures fiscales ne sont pas les uniques responsables. Certes, la barque va de nouveau s’alourdir cette année avec à la clé pour de nombreux particuliers de nouveaux problèmes de trésorerie :

A près de 1,27 million, les demandes gracieuses (c'est-à-dire les demandes de non-paiement de tout ou partie de l’impôt) ont bondi de 20% entre 2011 et 2013. Et les agents de Bercy s’attendent à une nouvelle progression cette année concentrée entre septembre et novembre. Mais ce n’est finalement pas le plus inquiétant pour l’avenir car l’essentiel des hausses sont passées et les contribuables vont progressivement être moins mis à contribution. Non, paradoxalement, ce sont les effets pernicieux de la faiblesse des prix, lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, qui alimentent l’inquiétude.

Certes dans un premier temps, la modération des prix préserve le pouvoir d’achat. Et même si les hausses salariales s’effectuent au compte goutte, le salaire réel, c'est-à-dire celui auquel on ôte l’inflation, lui, continue de progresser. Mais ce coup de « boost » n’est que temporaire. Car pour pratiquer des prix bas, et restaurer une compétitivité dégradée, rogner sur les marges ne suffit plus. En inflation zéro, il faut obtenir à terme une baisse absolue des frais de personnel et de ses coûts d’approvisionnement. Tôt ou tard, les ajustements passent donc par les salaires et l’emploi.  Et cette mise sous pression est déjà bien palpable. Du côté des rémunérations,

mesurées ici par le salaire mensuel de base (qui correspond au salaire brut, c’est généralement la première ligne du bulletin de paye d’un salarié), la tendance est au ralentissement : à 1,5% au 1er trimestre 2014, la hausse sur un an est la plus faible observée depuis le début des années 2000.

Du côté de l’emploi dans le secteur privé, la tendance est à peine plus flatteuse selon les données de l’Accoss avec une érosion tendancielle et une stabilisation récente qui paraît déjà compromise. La franche accélération du nombre de chômeurs inscrits à Pole Emploi en juillet dernier, laisse en effet entrevoir une rechute de l’emploi. Plus que la fiscalité, dont l’effet sera neutre en 2015, ce sont bien les tensions déflationnistes et leurs effets en cascades sur l’emploi et la valeur travail qui pèseront sur le pouvoir d’achat l’année prochaine.

Nota : cet article est également disponible en version video :
http://www.xerficanal-economie.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-pouvoir-d-achat-de-mal-en-pis_1809.html

(Mis en ligne le 12 Septembre 2014)

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