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Le chômage, jusqu’où ?

Référence de l'article : MPF4002
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écrit par Olivier PASSET,XERFI

Le nombre de chômeurs a augmenté de 170 000 en un an, soit de 5 %.  

Sur fond de rechute de l’activité. En apparence la dégradation paraît logique et ne peut que continuer.

Si je devais reprendre les raisonnements conventionnels, le calcul est vite fait.

Avec  0 % de croissance et un trend de productivité du travail de l’ordre de 1,2 %, l’emploi décroit mécaniquement de 1,2 % par an, une autre manière de dire que l’on ne réduit le chômage qu’à partir de 1,2% de croissance. En vue, donc, une diminution de l’emploi voisine de 290 000. Le chômage devrait croître d’autant.

Si je regarde maintenant les chiffres de pôle emploi, c’est-à-dire la hausse de 170000 du nombre de chômeurs sur un an que je viens d’évoquer,

on peut se dire que le marché du travail n’a pas mangé tout son pain noir. Puisque précisément la  croissance est quasi nulle (0,1%) depuis un an.  Il existerait encore  un fort potentiel de dégradation.  De plus de 100 000 pour solder les mécomptes de la croissance depuis un an. Il faut ajouter à cela ce que génère notre faible croissance à venir. Si la croissance trimestrielle demeure au voisinage de 0,2 en fin d’année et l’an prochain. Cela signifie encore 100 000 chômeurs supplémentaires fin 2015. Et en tout, au moins  200 000 chômeurs de plus par rapport au niveau atteint fin août, autrement dit le chiffre de 3,6 millions de chômeurs est en ligne de mire fin 2015.

Voilà pour la froide arithmétique. Mais au fond, pourquoi ne pas l’avouer, je n’en sais rien. D’abord parce que ce type d’arithmétique n’a jamais donné la bonne prévision depuis la crise. Si je regarde la hausse du chômage depuis début 2008, elle est d’environ 1million 4.

Cette hausse en revanche n’est n’absolument pas en ligne avec l’évolution de l’emploi, puisque 370 000 emplois ont été détruit sur la même période. Et si depuis 1 an le chômage a augmenté de 170 000,l’emploi lui n’a diminué entre guillemet que de 30 000. En gros, depuis 6 ans, l’emploi n’expliquerait qu’entre 20 et 25% de la hausse du chômage.

Le hiatus peut s’expliquer par la hausse de la population active, c’est-à-dire par la hausse du nombre de candidats à l’embauche. Cette clé explicative a fonctionné jusqu’en 2010. Mais depuis quatre ans elle ne tient plus.

Je ne sais donc pas expliquer les racines de ¾ de la hausse du chômage récente.

Quant à la fameuse loi qui veut que je commence à créer de l’emploi à partir de 1,2 % de croissance  et que je détruis 1,2% d’emplois avec 0% de croissance, si je l’appliquais depuis 2008, je devrais me retrouver avec près d’1 millions d’emplois de moins par rapport à ce que l’on observe aujourd’hui.

Là est peut-être la clé explicative, l’emploi est peut-être plus dégradé qu’on ne le suggère les statistiques de l’INSEE. Lorsque l’on voit aujourd’hui la proportion des embauches en CDD de moins d’un mois, soit 2/3 des embauches, on peut penser que ce turnover infernal trouble la mesure de l’emploi. Mais ce ne sont que des supputations, et si elles ne sont pas fondées, cela entrouvre le mince espoir que le chômage puisse avoir un comportement atypique et inattendu dans les trimestres à venir.

Nota : cet article est également disponible en version video :
http://www.xerficanal-economie.com/emission/Olivier-Passet-L-emploi-et-le-chomage-en-2015_1901.html

(Mis en ligne le 10 Octobre 2014)

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