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Le chantier de la réduction des emplois publics s'embourbe

Référence de l'article : MPF7000
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,Directeur de la conjoncture et de la prévision,XERFI (27 Juillet 2018)

C’est un chantier emblématique, la réduction de l’emploi public et l’équipe Macron n’y échappera pas.



A l’origine, il y a ce constat, 5,5 millions d’emplois dans la fonction publique en France hors contrats aidés.C’est un record en Europe. C’est un cinquième de l’emploi total. Un chiffre qui donne le vertige à certains. Pour être rigoureux, quelques précisions sont indispensables. L’emploi public,



ce n’est pas seulement les fonctionnaires recrutés par concours, c’est aussi des contractuels, des militaires, des ouvriers d’Etat ou autres. Cependant, tous relèvent budgétairement de la fonction publique dans ses trois versants :



la fonction publique de l’Etat (qui regroupe les ministères, mais aussi les établissements publics administratifs, comme Pôle Emploi), la fonction publique territoriale (les régions, les départements, les communes, les syndicats intercommunaux, etc.) et la fonction publique hospitalière. Tous versants confondus,



la tendance de fond est à la hausse, et depuis longtemps, même si les évolutions ne sont pas rectilignes. Au début des années 80, avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, l’emploi public s’envole : en deux ans, près de 165 000 nouveaux postes sont créés et la barre des 4 millions est franchie. La hausse se poursuit jusqu’en 1984. Elle connaît une brève pause avec l’arrivée du gouvernement Chirac. Mais, dès 1988, l’ascension reprend. L’escalade se poursuit après 1996, puis s’accélère, que le gouvernement soit de droite ou de gauche. Le nombre d’agents publics saute la barre des 5 millions en 2002 et atteint un premier sommet en 2007 à près de 5,4 millions. Bilan, sur près d’un quart de siècle, les effectifs publics ont grimpé de 1,4 million, pour représenter, à l’époque, 20% de l’emploi total en France.

Intervient alors une inflexion très nette, une stabilisation qui va durer jusqu’à 2012 avec le principe du remplacement d’un retraité sur deux dans la fonction publique d’Etat sous la présidence Sarkozy.

Cela entraîne une réduction de 9% des effectifs de l’administration centrale, même si se poursuit le redéploiement des effectifs vers d’autres administrations. Mais la tendance de fond n’est pas réellement inversée. Pire, cette stabilisation va faire long feu. L’orientation est à nouveau à la hausse et le nombre d’emplois publics est aujourd’hui à son pic historique. Doit-on pour autant parler de dérive ? Pas nécessairement. Les effectifs publics progressent, c’est indéniable, mais le nombre d’administrés aussi. En fait, la logique voudrait rapporter l’un à l’autre pour éliminer l’effet démographique.



Le diagnostic ne change pas sur la première partie de l’analyse, la dérive est manifeste jusqu’en 2007-2008. Mais depuis, la tendance est à la baisse. Que ce soit sous les présidences Sarkozy ou Hollande. Il y a donc bien un effort relatif de diminution de l’emploi public.



Finalement, avec un taux d’administration de 85 pour mille, la France se situe dans la moyenne haute européenne, nettement au-dessus de l’Allemagne ou de l’Italie, certes, mais bien en deçà des pays nordiques. La France ne mérite donc pas le titre de championne de l’emploi public. Cette tendance d’ensemble recouvre de fortes réallocations

 1/ Le basculement de l’emploi public du niveau central vers le niveau local :



décentralisation, transfert de compétences sont au cœur de ce mouvement avec néanmoins des dérives liées à l’empilement des structures locales ou territoriales et des pressions faites par les administrés sur les élus. Toutefois, l’effort relatif de réduction des effectifs depuis 2007 est bien réel et a ramené le taux d’administration pour ces deux versants de la fonction publique à moins de 65 pour mille, un niveau proche de ceux de la fin des années 90.

Quant au léger rebond de 2016, il s’explique par une remontée marginale des effectifs dans la fonction publique de l’Etat, ce qui n’est pas exceptionnel en période pré-présidentielle. Mais ce n’est qu’une parenthèse.



2/ Le vrai moteur de hausse réside dans la fonction publique hospitalière et de façon nettement plus marquée que dans la fonction publique d’Etat et territoriale. Pourtant, même là, le taux d’administration tend à légèrement refluer. Bref, la France n’est pas autant sur-administrée qu’on ne le croit et de gros efforts sont effectués pour contenir l’emploi public depuis 10 ans. Au fond, l’équipe Marron ne fait que s’inscrire dans les pas, disons le pas à pas, des deux précédents quinquennats.

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Cet article est également disponible sous format Video 
http://www.xerficanal-economie.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-constat-sur-l-emploi-public-en-France_3746194.html 
 
(Mis en ligne le 27 Juillet 2018)

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