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La volonté de réforme de Macron peut-elle triompher des obstacles culturels du peuple français ?

Référence de l'article : MPF6716
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écrit par Claude SICARD,Docteur en économie, Ingénieur agronome, Ancien Président de OCS Consultants,(10 Mars 2018)

Les Français, culturellement, ne semblent pas réellement faits pour le libéralisme économique. Aussi, depuis la fin des trente glorieuses, l’économie française fonctionne mal. La dette publique ne cesse de s’accroitre et atteint à présent un niveau dangereux, le budget de la nation est chaque année en déficit, et ce depuis 1974 (44 exercices déficitaires consécutifs !), le taux de chômage se maintient à un niveau anormalement élevé, et aucun gouvernement ne parvient à le réduire, la balance du commerce extérieur est de plus en plus négative, et le taux de croissance du PIB est, depuis des années, inférieur à la moyenne des pays de l’Union Européenne. Bref, tous les indicateurs sont au rouge.
 
L’ancien président de Saint Gobain, Jean-Louis Beffa, dans son ouvrage « La France doit choisir », paru en janvier 2012, nous en donne l’explication :  notre pays a changé  de modèle économique à la fin de la période des trente glorieuses, passant du modèle qu’il appelle «  commercial-industriel » au modèle anglo-saxon que cet auteur nomme « libéral-financier ». Et ce nouveau modèle, nous dit Jean Louis Beffa, ne convient pas à notre pays.

Dans le modèle « commercial-industriel », l’Etat joue un rôle de stratège, et il intervient fortement dans la vie économique du pays, alors que dans le modèle « libéral-financier », le marché est tout puissant, l’Etat restant en retrait. Avec cette économie mondialisée, complètement ouverte à la concurrence, notre économie a progressivement décliné, et la France n’a pas cessé de régresser au plan mondial. Cette inadaptation au nouveau monde s’explique, semble-t-il, par la culture même du peuple français, une culture marquée par un certain nombre de traits fortement ancrés dans le tréfonds de l’âme de ce peuple, du fait de son histoire. Plusieurs idéologies sont largement partagées par la grande majorité de la population : elles constituent des filtres qui font interpréter le réel d’une certaine manière. 

En France, la critique du libéralisme a peu à peu été accaparée par le marxisme vers la fin du XIXe siècle, et les Français ont retenu de Marx la critique de l’aliénation du travail dans le système capitaliste. Ils critiquent volontiers le libéralisme économique qu’ils voient comme un système qui amène la confiscation des richesses par une minorité qui va exercer sa domination sur l’économie.
 
Quels sont ces traits qui caractérisent  le peuple français ? Nous en retiendrons essentiellement cinq :
 
                - Une passion insatiable pour l’égalité ;
                - Une exigence forte pour un Etat protecteur ;
                - Une « débrouillardise » institutionnalisée ;
                - Un esprit très revendicatif ;
                - Un fort orgueil national.

Une passion insatiable pour l’égalité

On citevolontiers cette pensée de Chateaubriand qui avait dit : « Les Français n’aiment point la liberté : l’égalité, seule, est leur idole ».Cette exigence d’égalité est très ancrée dans la culture de ce peuple, et elle est inscrite d’ailleurs dans le slogan de la République. Elle fait que les Français ont une sorte d’aversion pour les riches. On se souvient que François Mitterrand, au congrès d’Epinay, en 1974, avait déclaré: « L’argent pourrit jusqu’à la conscience des hommes », et François Hollande, lors  de son grand meeting du Bourget avait, devant 25.000 aficionados, désigné le monde de la finance comme son principal adversaire. Ce fut le moment fort de sa campagne électorale.

Cette idéologie a plus ou moins consciemment conduit la Puissance publique à ne pas hésiter à taxer fortement les entreprises, car ce sont elles qui procurent de la richesse à leurs actionnaires. On paye aujourd’hui très cher cette aberration qui a très fortement handicapé tout notre secteur productif : le Medef a ainsi chiffré à 90 milliards € les charges anormales supportées par nos entreprises par rapport à leurs concurrentes allemandes. Et le pacte de responsabilité a été un premier pas vers le rétablissement de l’équilibre.
 
La République forge la culture des jeunes dans ses écoles, qui sont gratuites, et elle leur inculque en particulier la notion d’égalité : aussi le Ministère de « l’Instruction publique » a-t-il finalement été débaptisé, en 1932, par Edouard Herriot, pour s’appeler dorénavant « Ministère de l’Education nationale ». Le terme d’ « éducation » a été substitué à celui d’instruction, ce qui est très significatif.
Autre marque de ce souci d’égalité: le resserrement de l’échelle des salaires. Une étude d’Eurostat a montré que la France est un des pays en Europe où les écarts de rémunérations sont les moins forts : 10 % des salariés les mieux payés gagnent 2,7 fois plus, seulement, que les salariés du premier décile. En  Allemagne ou en Grande Bretagne, on en est à un coefficient de 3,7. 
 
Certes, on commence maintenant à rappeler aux Français qu’il convient de faire une différence entre les notions d’« égalité » et d’ «égalitarisme» : ce qu’il faut, c’est donner aux citoyens, au départ de leur vie, les mêmes chances, et laisser ensuite les individus libres d’organiser leur parcours selon leur volonté et leurs talents.

Une exigence forte pour un Etat protecteur

Cette exigence pour un Etat protecteur se manifeste sous différentes formes. Tout d’abord, des prélèvements obligatoires très supérieurs à ce qu’ils sont dans les autres pays : la France est championne en ce domaine avec un taux de 45,2 % du PIB, alors que la moyenne des pays de l’UE est à 39,0 % .Et les dépenses sociales représentent, dans ces prélèvements, une part très supérieure à celles de nos voisins : 34,3 % du PIB en France, contre 21 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE, et 19 % seulement dans le cas de la Suisse.
 
Autre signe de ce caractère protecteur de l’Etat, la proportion extrêmement élevée de personnes employées par la Puissance publique, les agents des services publics bénéficiant de contrats de travail bien plus protecteurs que ceux du secteur privé. On note ainsi que le taux d’emplois publics par rapport à la population active est bien plus élevé en France qu’ailleurs :
 
                                                               Emplois publics/population active
 
                                                               France                23,2% [1]
                                                               Allemagne          16%
                                                               Pays-Bas            15%
                                                               Etats-Unis           15%
 
Autre manifestation du rôle très protecteur de l’Etat, en France : son intrusion dans ce que l’on appelle le « dialogue social » : l’Etat s’immisce fortement dans le dialogue entre les salariés et les patrons, et se mêle d’arbitrer, généralement en la faveur des salariés, les résultats de ces négociations. On a ainsi abouti dans notre pays à un code du travail monstrueux, riche de quelques 3.600 pages,  extrêmement protecteur pour les salariés, qui paralyse finalement les entreprises et tout particulièrement les PME. Celles-ci en sont, ainsi, venues à hésiter de se développer, faute de pouvoir licencier du personnel en cas de besoin.

On commence à peine à mesurer dans notre pays combien la législation sur le travail mine le dynamisme des entrepreneurs. Des études de l’IRDEM ont ainsi montré que les jeunes entreprises qui se créent en France se développent beaucoup moins rapidement qu’elles ne le font dans des pays comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis. Les start- up vivent, les premières années, dans la plus grande incertitude, et elles hésitent donc à embaucher faute d’avoir la liberté de licencier en cas de mauvaise fortune. Ces dispositions absurdes expliquent pour une bonne part l’atonie de notre économie.

Une « débrouillardise » (sic) institutionnalisée

Les jugements des observateurs étrangers convergent tous, disant que les Français sont débrouillards et indisciplinés : il y a, dans la société, moins de personnes au travail que dans les pays voisins, et le temps de travail annuel pour les salariés est très inférieur à ce qu’il est dans les autres pays développés.
 
                    Population active/14-65 ans                                   Temps de travail annuel
 
                France                69,0%                                                France                1 482 h
                Allemagne          78,4 %                                               USA                    1 790 h
                UE                       73,4 %                                              OCDE                 1 766 h
                USA                     75,2 %                                              Corée                  2 133 h
                Suède                  88,6 %                                 
 
Par ailleurs, l’âge de départ à la retraite est fixé à 62 ans, alors que dans la plupart des autres pays européens il est bien plus tardif : 65 ans dans beaucoup de pays, et 69 ans en Suède.
 
Autre manifestation de la débrouillardise des français : le bénéfice du statut de « fonctionnaire » accordé à la majorité des salariés du secteur public, un statut qui garantit à ses bénéficiaires un emploi à vie :
 
                                     Taux de fonctionnaires/emplois publics
 
                                               France                81 %
                                               Allemagne          30 %
                                               Italie                   15 %
                                               Danemark          13 %
                                               Suède                10 %
 
En Suisse, par un referendum, le statut de fonctionnaire a été supprimé.
 
Autre manifestation, encore, de la « débrouillardise » des Français : un taux de réussite au baccalauréat, aujourd’hui, pour les jeunes lycéens, tout à fait  invraisemblable : 90,7 % en 2017 pour le bac général et 90,5% pour le bac technologique. Et certains élèves parviennent même à obtenir des moyennes supérieures à 20/20, comme ce fut le cas de Chloé Tossem à la Réunion, avec une moyenne de 21,28 sur 20. On en était à des taux de 75 % en 1995. La sélection par le mérite est quasiment interdite, les parents d’élèves ont donc obtenu satisfaction. Les correcteurs des copies reçoivent des instructions pour qu’il en soit ainsi.
 
Les syndicats ne sont pas en reste en matière de débrouillardise : ayant très peu d’adhérents pour se financer, ils se sont ingéniés à faire que ce soit la collectivité publique qui les finance. En France, le taux de syndicalisation est  en effet extrêmement faible :  3 %  à 4 % seulement dans le secteur privé et 6 % à 7 % dans le secteur public, alors que, dans les autres pays européens, il varie souvent de 60% à 70 %. Les syndicats, en France, ne parviennent donc pas à  fonctionner avec les seules cotisations de leurs adhérents : ils bénéficient de subventions publiques et d’un « preciput » sur les fonds de la Formation professionnelle. Leurs sources de financement demeurent obscures, ce qui n’est pas sain. Ils se « débrouillent » pour pouvoir garder… la tête haute….  

Un esprit très revendicatif

Les Français ont la réputation d’être des « rouspéteurs ».Cela se traduit par une insatisfaction permanente, par des grèves bien plus fréquentes que dans les autres pays européens, et, dans la fonction publique, par des taux d’absentéisme élevés. Par exemple, le taux d’absentéisme a été de 9,3 % dans les collectivités territoriales en 2015. Dans un article des Echos de septembre 2017, on peut lire que le salarié français est en moyenne absent 17 jours par an pour des arrêts de maladie. Et le cabinet Aymig a chiffré à 60 milliards d’euros le coût de l’absentéisme chaque année, dans l’ensemble du secteur privé.
 
En matière de grèves, une étude de la fondation allemande  Hans Böckler, portant sur la période 2005-2013, a fourni les chiffres suivants :
 
              Nombre de jours de grève/ 1000 actifs
 
              France                            139
              Grande Bretagne            23
              Allemagne                      16
              USA                                 9
              Suisse                             1
 
Enfin, pour ce qui est de la satisfaction au travail, l’étude du cabinet Aymig citée plus haut qui a porté sur 26.230 entreprises en Europe, a donné les chiffres suivants :
 
               Degré de satisfaction au travail
 
               France                       68 %
               Allemagne                 75 %
               Grande-Bretagne      82 %
               Pays-Bas                  82 %
 
La satisfaction au travail s’entendait, dans cette enquête, comme la réponse « heureux et mobilisé » à la question qui était posée. Là, encore, on a affaire à un facteur pénalisant la productivité des personnels dans nos entreprises.  

Un fort orgueil national

Les français ont la réputation d’être chauvins. Ils ont par trop tendance à penser qu’ils savent mieux que d’autres ce qu’il faut faire, et ils veulent volontiers montrer la voie aux autres pays. Il semblerait que ce phénomène prenne sa source dans le souvenir qui est gardé dans l’inconscient collectif de l’éclat de la royauté au siècle du roi soleil et, tout autant, du rayonnement de la pensée française au siècle des Lumières. La France a été, en effet, le pays phare pour faire triompher la raison, avec sa Révolution de 1789 :on s’est battu alors contre ce que l’on a appelé  « l’obscurantisme religieux ». Au XVIIIe siècle, la langue française s’imposait comme langue universelle, et les grands penseurs de notre pays, tant les savants que les philosophes, jouissaient d’un rayonnement international.
 
Cette hystérésis du passé a nui aux Français, les empêchant par trop de s’intéresser à ce qui se passait à l’étranger, pour s’en inspirer éventuellement, en matière sociétale notamment. L’étude d’expériences étrangères est toujours instructive, et elle constitue souvent une source de progrès. Non, l’orgueil national a toujours interdit de regarder ailleurs.

Les Français ne se sont jamais penché, par exemple, sur le cas de la Suisse, un pays qui est à notre porte, et dont le français est, d’ailleurs, une des langues. L’économie de ce pays est extrêmement prospère : le niveau de vie y est considérablement plus élevé que chez nous, sa balance commerciale est chaque année positive, la monnaie suisse est très forte, et ce pays possède de très importantes réserves de change. Il s’agit d’un pays qui fonctionne sans jamais connaitre de grèves, et qui pratique, de surcroît, la démocratie directe, ce qui permet au peuple de s’exprimer quand il en voit la nécessité. Il est donc surprenant que jamais, à aucun moment dans notre pays, on ait pris le soin d’analyser comme l’économie de ce pays  fonctionne : en matière de droit du travail, par exemple,  le cas de la Suisse est exemplaire, et mériterait d’être copié.
 
Autres exemples de renfermement sur soi, par péché d’orgueil : le fait de ne pas avoir vu que notre secteur industriel s’atrophiait anormalement, mettant en péril l’ensemble de notre économie, ou, aussi, d’avoir laissé le secteur de l’agriculture somnoler, en pensant que la France est, et sera toujours, un grand pays agricole, un pays fier de ses riches terroirs.

  • En matière industrielle, la régression est à présent très inquiétante car la France est devenue le pays le plus désindustrialisé d’Europe, Grèce exceptée: ce secteur ne représente plus que 11,5 % du PIB, alors qu’en Allemagne, il représente encore 24 %. La moyenne des autres pays oscille entre 19 % et 23 %, et même la Suisse, que l’on considèrerait volontiers comme un pays  vivant essentiellement de son secteur tertiaire, a un secteur industriel qui est important.
  • Quant à notre secteur agricole, on s’aperçoit aujourd’hui qu’il est menacé : les responsables de ce secteur n’ont pas vu qu’avec la mondialisation des échanges il fallait que, en matière agricole, la France change de logiciel. L’agriculture française est restée dans la voie médiane, prise en étau entre, d’un côté des productions, à l’étranger, où les acteurs tirent habilement parti des effets de volume pour abaisser les prix de revient, tant dans le domaine des productions agricoles que dans celui des productions animales, et, de l’autre,  encore une fois à l’étranger, des petites exploitations à capital intensif élevé et à haute technicité, généralement pratiquant des cultures sous serres, parfaitement intégrées dans des structures dynamiques qui assurent avec compétence la commercialisation des productions. Cette bipolarisation des agricultures n’a pas été vue, et notre secteur agricole se trouve à présent dans une impasse.   

Quand Emmanuel Macron entreprend de « transformer » la France

Notre jeune Président a entrepris courageusement de « transformer » la France, terme qu’il demande à ses ministres de préférer à celui plus « choquant » (sic) de « réforme ».Il le fait avec une détermination qui semble inébranlable, car les besoins de procéder à de profonds changements dans notre pays sont une nécessité vitale à satisfaire. Emmanuel Macron est parfaitement conscient des blocages qu’il ne va pas manquer de rencontrer.

A l’occasion du déplacement qu’il fit en début de mandat en Europe de l’Est, il se laissa aller à quelques confidences disant : « La France n’est pas un pays réformable ; les Françaises et les Français détestent les reformes. Dès qu’on peut éviter les réformes, on ne les fait pas ».Et il a  fait part, alors, de son espoir de pouvoir mobiliser les Français, disant : « Il faut leur expliquer où l’on va, et il faut leur proposer de se transformer en profondeur ». Depuis le début  de son mandat, les réformes sont menées au pas de charge. Le politologue Olivier Duhamel nous dit : « Emmanuel Macron a concrétisé, engagé, ou lancé 26 réformes depuis le début de son mandat : le volcan est en ébullition et il n’est pas impossible qu’il entre en éruption ». Pour l’instant, le corps social ne réagit pas et la réforme du droit du travail, qui s’avérait  comme la plus difficile, est bien passée. Jérôme Fourquet, de l’IFOP, nous dit : « Entre contestation et impatience, la méthode Macron emprunte une voie étroite ». Et il explique que Macron réussit, car il mise sur un consensus contre le statu quo.
 
Certes, les sondages enregistrent une baisse lente de popularité du Président : 52 % de satisfaits en décembre 2017, 50 % en janvier 2008, puis 44 % seulement le mois suivant. Au début de son mandat, Emmanuel Macron en était à 62 %. Après la réforme du droit du travail, qui n’a pas finalement rencontré une très vive opposition du monde du travail,  Emmanuel Macron s’attaque, à présent, à la difficile réforme du statut des cheminots, et, simultanément, à celle du statut des personnels de la fonction publique.
Aussitôt, les syndicats de la fonction publique appellent  à une journée de mobilisation pour le 22 mars prochain, espérant que les cheminots voudront bien, eux aussi, monter au créneau. Raymond Soubie, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales, nous dit : « Il n’y a pas un risque de mouvement social, il y a une certitude. Mais je ne crois pas qu’il y aura un phénomène comme 1995 ».Le train des réformes  poursuit donc sa route, et à vive allure. Le tournant le plus périlleux va être celui de la réforme des régimes spéciaux des retraites, qu’Emmanuel Macron a prudemment repoussé à 2019. On sait qu’il a été un lecteur attentif de Machiavel dont il aura retenu sans doute l’affirmation que « Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent ». Chacun admire l’habileté et la capacité de conviction  du jeune Président, et, de plus en plus de commentateurs de la vie politique lui trouvent des dons d’hypnotiseur.

Mediapart du 5 Mars, par exemple, titre : « Macron l’hypnotiseur », et Michel Taube, dans Opinion Internationale, parle de : « Macron, hypnotiseur des foules ». René Merle sur son blog « Lectures et Réflexion » emploie, lui, les termes de « Monarque hypnotiseur ». On se souvient que, déjà, Gilbert Collard, au soir des élections législatives, avait utilisé le qualificatif d’hypnotiseur pour parler d’Emmanuel Macron. Effectivement, notre Président semble bien avoir ce don.
 
Il faut donc rappeler ce qu’est l’hypnose, une technique  qui a aujourd’hui le vent en poupe, et à laquelle on recourt pour calmer la douleur. Ce n’est pas un état de sommeil, nous disent les manuels médicaux, mais « un état modifié de conscience : la transe hypnotique modifie la vigilance normale ». Puisse donc cet effet d’hypnose  qu’exerce Emmanuel Macron sur la société se prolonger. Dans un document de l’Institut de Palo Alto sur les techniques  hypnotiques, on  peut lire ceci : « Le fonctionnement d’une entreprise, d’une famille (ou d’une société) est le jeu de régulateurs entre les acteurs. Ces jeux relationnels se structurent avec le temps et deviennent des paterns. Des métarègles se dégagent. Les systèmes capturent alors les individus dans des expériences répétitives diverses qui peuvent être source de souffrances. L’hypnose va permettre de faire un travail sur l’implicite, sur la culture, pour changer les normes de régulation du système ». Grâce,donc, à l’hypnose, ces transformations opérées par Emmanuel Macron pourraient donc se réaliser sans douleur…
 
Reste à savoir si notre Président, grâce à ses talents, se trouvera en mesure de faire que le malade demeure dans un état hypnotique pendant toute la durée de son mandat. Les transformations à opérer sont, pour les raisons que nous avons indiquées plus haut,  profondes et douloureuses. Il ne faudrait donc pas que l’opérateur perde trop vite le contrôle du corps qu’il opère sous anesthésie hypnotique…
                                                          
 
[1] : source INSEE : 5,815M sur 25,036M, derniers chiffres parus.

(Mis en ligne le 10 Mars 2018)

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