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La face cachée du zéro de croissance en France

Référence de l'article : MPF3682
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI

Avec un zéro pointé, le chiffre de la croissance au 1er trimestre donne l’image d’une France en panne. C’est vrai, statistiquement parlant. Mais c’est beaucoup moins vrai lorsque l’on scrute l’activité par secteur.

Côté industrie manufacturière, la reprise se consolide avec une hausse de 1,9% en rythme annualisé de la valeur ajoutée créée. Un résultat identique à celui de la fin 2013.

au-delà de la branche « cokéfaction et raffinage » qui survole l’ensemble avec un bond de 32,1%, 3 des 4 autres branches sont dans le vert : c’est le cas de la fabrication de matériel de transport qui repasse dans le positif avec une hausse de 3,3%. C’est le cas de la plupart des activités intermédiaires, regroupées dans la catégorie « Autres » comme la fabrication de caoutchouc, de plastique, de produits métalliques, la filière bois-papier, la chimie. Elle se maintien sur un rythme de 3%. C’est enfin le cas, de l’agro-alimentaire qui sort du rouge et progresse de 1,8%. Manque à l’appel les biens d’équipement qui dévissent de 6,1% et ne confirment pas le bon résultat du trimestre précédent. Cela renvoie aux ratés de l’investissement. Une déception de taille. Mais à relativiser, si l’on en croit les industriels eux-mêmes. Interrogés en début d’année puis en avril, ils confirment le redressement à venir et

revoient leurs prévisions à la hausse. Or, ce sont les révisons de l’enquête entre deux périodes qui sont au diapason de l’investissement. Elles laissent ainsi entrevoir une reprise courant 2014. L’industrie ne renvoie donc pas l’image d’une France à l’arrêt, pas plus que le vaste ensemble des services de transport, de l’information-communication et des services aux entreprises.

Pour ces spécialistes du BtoB, le bilan du 1er trimestre se situe dans la lignée de la fin 2013. Une activité peu dynamique, certes, mais le filet de croissance est toujours là. Alors bien sûr, il y a de vrais points de grippage. C’est le cas du commerce.

Comme attendu, le chiffre n’est pas bon, conséquence du trou d’activité après les achats par anticipation de fin 2013, avant les majorations de la fiscalité indirecte. Mais deux éléments sont à considérer : 1- Le profil mensuel de la consommation en biens depuis le début d’année.

Le plongeon de janvier confirme le diagnostic d’un effet boomerang après le pic de décembre. Mais le plus dur est passé comme le montrent les redressements de février et de mars. Et l’impact des dépenses d’énergie sur le profil général après un hiver exceptionnellement doux, ne remet pas en cause le mouvement. 2- l’évolution des autres branches d’activités liées au BtoC dévoilent aussi que les Français dépensent encore : l’embellie dans l’hébergement – restauration en est l’illustration.

Après 2 années terribles, la profession sort enfin la tête de l’eau et affiche son meilleur résultat depuis le 2ème trimestre 2011. Reste un gros point noir du BTP.

Sa chute s’est nettement accélérée en début d’année, et la construction sombre dans une crise très dure qui emporte tout et fausse le jugement. Zéro pointé. C'est le bilan de la croissance française. Un zéro qui nous apprend finalement rien ou pas grand chose sur la réalité de l'économie française car il s'agit là d'une moyenne. Sans le BTP, la croissance ressort à +0,2% au dernier trimestre 2013 comme au premier trimestre 2014... cela remet à leur juste place les jugements définitifs sur une France totalement bloquée.

Nota : cet article est également disponible en version video :

http://www.xerficanal.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois_La-face-cachee-du-zero-de-croissance_1604.html

(Mis en ligne le 3 Juin 2014)
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