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Douce France, cher pays de nos dépenses

Référence de l'article : MPF3444
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI

L’exceptionnelle douceur de l’hiver est une bénédiction pour les ménages car elle allège leur facture énergétique, l’une de leurs plus importantes dépenses contraintes.

L’énergie avec l’eau, c’est une note totale de plus de 59 milliards d’euros. 59 milliards payés par 28,5 millions de ménages français, soit 2 060 euros par foyer. Et cette facture va s’alléger cette année. Bien entendu, les caprices de la météo sont imprévisibles, mais deux éléments sont d’ores et déjà à prendre en compte :

  1. La clémence du climat au 1er trimestre, au cours duquel se concentre l’essentiel des dépenses de chauffage ;
  2. Le caractère très favorable de l’effet de base, encore au moins jusqu’au début de l’été, puisque 2013 avait été marquée par un printemps « hivernal » avec un mois de mai anormalement froid et peu ensoleillé.

Cette configuration exceptionnelle pourrait, selon notre scénario, ramener la facture à 1 860 euros cette année, soit une économie de 200€ par foyer. C’est donc une enveloppe globale de près de 5 milliards d’euros qui se retrouve disponible. Une cagnotte dont les commerçants pourraient espérer tirer avantage. Toutefois, il n’est pas sûr, mais pas sûr du tout que les Français redéployent leurs dépenses sur d’autres postes de consommation. C’est d’ailleurs ce que laissent présager les enquêtes de conjoncture actuelles, celles des ménages comme celles des commerçants :

  • du côté des ménages d’abord. Le détail de l'enquête montre que les fondamentaux de la dépense demeurent plombés. En toile de fond,

il y a d'abord une situation financière personnelle nettement installée en dessous de sa valeur « normale » et des perspectives futures fortement dégradées. Surtout, les ménages qui semblaient un temps vouloir puiser dans leur épargne pour amortir les évolutions défavorables du pouvoir d'achat ont changé d’avis :

l'opportunité d'épargner est à nouveau au-dessus de sa moyenne de long terme Un mouvement de précaution qui s’accompagne d’une inquiétude grandissante sur l'avenir, notamment en matière d’emplois.

  • cette frilosité, les distributeurs la constatent tous les jours et ils n’anticipent pas le retour des beaux jours dans leur commerce comme le dévoilent leurs soldes d’opinions, notamment dans ses composantes prévisionnelles :

les perspectives générales d’activité, les ventes, prix et emplois prévus, les intentions de commandes reçoivent des réponses de plus en plus négatives. Ce qui fait plonger les soldes correspondants en dessous de leurs niveaux normaux. Le message des commerçants est donc très clair : non seulement l’activité est difficile, mais elle va l’être encore plus ces trois prochains mois.

Alors bien sûr, certains profitent des beaux jours : le rayon jardinerie s’est réveillé en avance cette année mais les batteries encombrent toujours le rayon automobile. Les produits solaires, les sorbets, les boissons se vendent bien tandis que les fromages, les soupes, les légumes secs sont délaissés. C’est donc un jeu à somme nulle et la cagnotte énergétique reste pour l’heure bien au chaud.

Nota: cet article est également disponible en version video : http://www.xerficanal.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois_Douce-France-cher-pays-de-nos-depenses_1427.html

(Rédigé le 17 Mars 2014)

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