Se connecterS'abonner en ligne

Trump, çà marche ! (sauf pour les déficits jumeaux, en forte croissance)

Référence de l'article : MPE7060
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,Directeur de la conjoncture et de la prévision,XERFI (15 Septembre 2018)

Et si Donald Trump avait économiquement raison contre les experts ? La preuve par 4 :



à 4,2% au deuxième trimestre, la croissance américaine est à un pic depuis 2014. Mieux, elle s’appuie sur une contribution parfaitement équilibrée de tous les composants de la demande (de la consommation des ménages aux exportations, en passant par les investissements et la dépense publique). Le PIB américain devrait ainsi atteindre une croissance proche de 3% cette année selon nos prévisions. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi le dynamisme du marché du travail, dont



la traduction est un taux de chômage au plancher, bloqué en dessous de 4%. Il faut remonter au début des années 2000 pour trouver une telle séquence. Les Etats-Unis étaient alors en pleine euphorie portés par la bulle internet.



Côte bourse c’est aussi l’embellie : le S&P 500, indice fondé sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux Etats-Unis, est à son pic historique et a gagné près de 30% depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2017. Enfin, c’est aussi l’euphorie du côté du marché immobilier avec



des prix en hausse sur une base annuelle de 6%. Les effets de la grande récession sont effacés et les prix surplombent désormais leur ancien record de juillet 2006 de plus de 3%. Finalement, l’économie version Trump, ça marche. Surtout, les Cassandre qui avaient prédit l’apocalypse en sont pour leurs frais. Mais les discours changent, désormais beaucoup pointent les risques à plus long terme avec au bout du chemin la récession et plus dure sera la chute. Avant de trancher, il faut revenir sur la feuille de route suivi par Donald Trump.

Contre l’avis de tous les experts, le nouveau président appuie de façon déterminée sur l’accélérateur budgétaire : baisse des impôts des entreprises, des ménages les plus riches, hausses des dépenses publiques militaires et en infrastructures. En toute logique, le risque est double, c’est celui de la surchauffe de l’économie et du dérapage des déficits jumeaux c’est-à-dire des déficits budgétaire et extérieur.
Côté surchauffe, la cote d’alerte est loin d’être atteinte :



l’inflation sous-jacente est en hausse, mais à 2,3% elle reste à un niveau proche de la cible fixée par la Fed, sans dérive excessive. Côté salaires, la hausse est bien installée mais, là aussi, bloquée en dessous de 3%, elle reste très loin des sommets atteints avant la grande récession. Bref, les tensions restent limitées. Et pour cause, il reste un réservoir de main d’œuvre disponible.



Le taux de participation de la main d’œuvre est passé de 67% environ à 62% entre le début de la crise et 2015 et n’a que très partiellement remonté la pente. Bien entendu il existe un halo d’emplois mal comptabilisés autours du travail collaboratif, mais il semble bien néanmoins qu’il reste des marges de manœuvre avant de voir flamber les salaires aux Etats-Unis. On est loin d’une surchauffe.
Côté déficits en revanche, les faits semblent acter :



côté commerce extérieur, la balance commerciale est sur une pente glissante et se rapproche très vite de son déficit record.

Idem, du côté du déficit public qui dépassera en moyenne 4% du PIB cette année. A moyen terme, ces deux dérapages non-contrôlés devraient conduire en bonne logique économique à une forte hausse des taux, une baisse des bourses ET des marchés immobiliers, avec, en bout de course, un ralentissement de l’ensemble de l’économie, voire une récession. CQFD.

Sauf que cela ne se passe pas comme çà avec les Etats-Unis, véritable pompe aspirante de l’épargne mondiale.



Et il existe bien un excès d’épargne dans le monde que ce soit celui de la zone euro, du Japon, de la Chine, ou d’autres émergents et comme la planète entière continue de faire confiance au dollar (monnaie de réserve mondiale) et aux bons du trésor américain, les Etats-Unis se financent facilement à des taux restant faibles et cela sans dépréciation de leur monnaie actuellement. Et comme si cela ne suffisait pas, les désordres en Turquie, en Argentine, au Brésil font fuir les capitaux qui viennent s’investir aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis tomberont bien un jour à nouveau en récession, mais ce n’est pas pour 2019, ni même en 2020, date de la prochaine élection présidentielle.

___________________________________________________________________________
Cet article est également disponible sous format Video 
http://www.xerficanal-economie.com/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Trump-ca-marche-Mais-jusqu-a-quand-_3746287.html 
 
(Mis en ligne le 15 Septembre 2018)      
 

Articles similaires
Joe Biden pense pouvoir gagner face à Trump en...Pourquoi D. Trump doit obligatoirement signer un...Les USA proches d'un déficit budgétaire de...Les Démocrates, plus quelques Républicains,...Pourquoi Trump a fait un "package" de...Démocrates, Républicains et Services secrets US...Le piège de la dette publique se referme...La campagne pour faire passer Trump pour...USA : l'accélération des salaires...Les trois paramètres qui expliquent en partie la...USA : deux décisions de la Cour Suprême passées...La doctrine économique promue par Trump devient...Pourquoi les USA présentent la Russie comme...Trump et les taxes douanières : un éléphant dans...USA (1960-1980): naissance et crépuscule du...Donald Trump, président de l’investissement,...L’establishment américain se dispute comme des...Trump voulait quitter la Syrie, 3 événements...Trump lance tellement de leurres qu'il...Russiagate aux USA : quid du puissant Bill...USA : une croissance à 5,4% ?Trump : le sacre de DavosPourquoi les Démocrates se sont débrouillés pour...Trump a abandonné sa base et semble rouler pour...Pourquoi les Etats-Unis surmontent si facilement...Steve Bannon : Amérique d'abord, ou Business...Trump : supprimer la déductibilité des impôts...Fiscalité US new look : com-pé-ti-ti-vi-té !L'impeachment de Trump devient de plus en...Trump, un an après : serait-il en train de gagner...Avec son dernier livre, Hillary Clinton aide...La passionnante histoire du 4 Juillet...Si Trump était assassiné, faudra-t-il instruire...Impeachment ou démission forcée ?Après le limogeage du patron du FBI, Washington...Le revirement militariste de Trump : voici le...Changement de régime aux USA : George W. Trump...Aux USA, relever le plafond de la dette de 106% à...Cour Suprême des USA: sans doute la meilleure...Trump lutte contre un impeachment qui semble se...USA : que penser du choix de Neil Gorsuch pour la...Qui est le nouveau Secrétaire d'Etat...Trump avance ses pions très (trop?) vite....La Trump Tower est devenue la...Congrès américain: sanctions contre les partis...Les objectifs de cette phobie anti-russe...USA: McCain et Graham lancent leur campagne de...USA: un écart grandissant entre indicateurs de...Trump lutte contre un cartel militaire russophobe...Comment Donald Trump utilise efficacement les...Mitt Romney va-t-il remplacer Trump à la...Les sondeurs et les prévisionnistes sont-ils NULS...