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La Chine va moins bien, cela devrait caper les taux longs américains...

Référence de l'article : MPC7119
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écrit par Véronique RICHES-FLORES,Présidente,RICHES-FLORES RESEARCH (13 octobre 2018)


La détérioration des indicateurs économiques en provenance d'Asie s'est singulièrement accélérée ces derniers mois. Ce constat est inquiétant à plus d’un titre. Tout d’abord pour la situation asiatique elle-même.
 
Au vu des derniers indicateurs, plusieurs pays pourraient, en effet, faire face à un risque de récession. Ensuite, pour ce qu’elle nous susurre des tendances de la conjoncture internationale : par leur importance dans le commerce, les économies d’Asie du sud offrent traditionnellement des indications très fiables de l’évolution de la demande mondiale ; la chute des PMI composites singapourien et hongkongais en septembre, deux des premières plateformes du commerce intra régional asiatique est, à ce titre, préoccupante. Par ailleurs, le fait que cette dégradation intervienne précisément au moment où l’économie américaine, de son côté, donne de plus en plus de signes d’emballement, pose bien des questions. Rares ont été par le passé les occasions de constater de tels écarts de tendance entre les deux blocs.
 

 
En l’absence de resynchronisation rapide, il fait peu de doutes que les économies asiatiques seront d’autant plus exposées à la remontée des taux d’intérêt américains. Cette situation pourrait, par ricochet, soit considérablement réduire le potentiel de hausse de ses derniers, soit considérablement fragiliser l’environnement financier international… Ce qui in fine aboutirait au même effet, à savoir caper la hausse des taux d’intérêt.

De bien mauvaises nouvelles en provenance d’Asie

Si l’attention de ces derniers jours a surtout été monopolisée par les très bonnes nouvelles en provenance de l’économie américaine, les dernières informations d’Asie sont autrement préoccupantes. Selon les enquêtes PMI, le contexte conjoncturel asiatique s’est nettement détérioré depuis le milieu de l’été. A l’exception de l’Inde et des Philippines, pas forcément les plus significatives au niveau global, les PMI manufacturiers sont généralement autour de 50 points, soit à la limite séparant les phases d’expansion des contractions. Plus inquiétant est le constat de PMI composites de Singapour et de Hong- Kong significativement inférieurs à ce niveau, à respectivement 47,2 et 47,9, révélateurs d’une situation à deux doigts d’une possible récession.
 

 
Difficile de dire avec précision quelles sont les origines de cette détérioration accélérée. L’introduction de tarifs à l’importation des Etats-Unis et les menaces en cascade sur le front commercial ont sans aucun doute une certaine responsabilité dans ce phénomène. Il serait, toutefois, probablement abusif d’incomber à ces seuls conflits commerciaux l’intégralité de ces déconvenues. Le ralentissement de la demande en provenance du reste du monde émergent, en crise ; celui des pays développés hors Etats-Unis, consécutif au ralentissement de l’investissement et aux effets de la hausse des prix du pétrole sur la consommation mondiale, sont probablement autant d’éléments d’explication supplémentaires à la médiocre performance des exportations asiatiques de ces derniers mois.
 

 
Ajoutons à ceux-là la baisse du yuan dont le taux de change moyen à l’égard des cinq plus gros exportateurs de produits manufacturés de la région est tombé à un plus bas niveau depuis 2008 cet été. Dans le contexte d’intense compétition en présence, sur fond, qui plus est, de ralentissement de la demande, l’appréciation des devises asiatiques par rapport à la monnaie chinoise n’a probablement rien arrangé à leur situation et aux tensions déjà intenses sur les marges des entreprises.
 

Difficile resynchronisation

 
Comment pourrait évoluer la situation ? Dans le contexte qui prévalait jusqu’au début de la décennie, de tels résultats n’auraient sans doute que peu préoccupé face au regain de vigueur de l’économie américaine, en particulier de sa forte dépendance aux importations, asiatiques notamment. Les temps changent néanmoins. Non seulement, en effet, dans le sillage des mesures protectionnistes mises en place par D. Trump et susceptibles de prendre plus d’envergure d’ici peu, mais également parce que la période de forte croissance du taux de pénétration de l’économie américaine est essentiellement derrière nous. La part des importations de biens et services dans la demande domestique a en effet quasiment cessé de croitre depuis la crise de 2008, soit bien avant l’arrivée de D. Trump au pouvoir.eur Du
 

 
Il y a deux raisons principales à ce constat :

- La première tient à la faible croissance de l’investissement productif dont les biens composent un volant essentiel des importations en provenance d’Asie.
 
- La seconde tient à la relative inertie de la consommation de biens des ménages par rapport au passé, conséquence tout à la fois des effets de la crise financière et du vieillissement de la population.
 

 
La capacité de la croissance américaine à tracter celle de l’Asie, et de facto, du reste du monde, s’en trouve mécaniquement réduite, avant même l’entrée en vigueur de mesures protectionnistes.
 
Première victime de cette situation, la Chine a perdu dans le sillage de ces changements beaucoup de ses.....

Pour continuer à lire cette analyse, merci de cliquer sur le document PDF situé au bas de cette page.

Véronique Riches-Flores
contact@richesflores.com


(Mis en ligne le 13 octobre 2018)

 

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