Se connecterS'abonner en ligne

Sortir du chômage : la droite ou la gauche ont-elles une solution ?

Référence de l'article : IP3525
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Bernard ZIMMERN,

Pour réduire le chômage, il faut faire passer des mesures dont les politiques de gauche comme de droite ont toujours eu peur.

L’arrivée de Manuel Valls comme son discours d’investiture témoignent d’un changement au moins symbolique dans la politique économique et sociale du gouvernement. Mais cela sera-t-il suffisant pour renverser la courbe du chômage ? Le gouvernement a-t-il seulement la vision des mesures qu’il faudrait prendre pour y parvenir ? Et si la droite était ramenée au pouvoir par une dissolution anticipée de l’Assemblée nationale ou le jeu normal des élections de 2017, le saurait-elle davantage ?

Comprendre l’aveuglement du monde politique, un aveuglement dont Bercy est largement responsable, tel est le sujet auquel nous consacrons un colloque le 29 avril 2014 à la Maison de la Chimie.

Cela fait 30 ans que Bercy résiste à l’idée que pour créer des emplois, il faut créer des entreprises ayant des moyens financiers importants dès leur création pour leur permettre de déboucher rapidement à l’international. Les organismes d’État comme l’ANVAR, Oséo ou maintenant la BPI, sont catastrophiquement inefficaces et ne peuvent que l’être. Car les débuts d’une entreprise, c’est là où le risque est le plus élevé, et ne sont alors efficaces que ceux qui opèrent avec leur propre argent, pas ceux qui opèrent avec l’argent des autres, particulièrement celui des contribuables.

Les seules sources de financement efficaces sont les riches. Pas les « grands riches » qui n’ont rien à faire d‘investir 200 ou 300.000 euros, trop petit pour eux, mais les « petits riches », ceux qui constituent le 1%, ceux qui ont moins de 10 millions d’euros de fortune mais peuvent perdre 200.000 euros dans de nouveaux projets sans mettre en danger leur existence. Ce sont eux qui font l’essentiel de la création d’entreprises et d’emplois lorsqu’ils ne sont pas menacés par les égalitaristes et Hollande. Ce sont ces « petits riches » que Bercy encourage à acheter des tableaux ou des collections de montres, mais pas des entreprises parce qu’« il ne faut pas aider les riches ».

Il nous faut voter les mesures fiscales qu’il aurait fallu prendre depuis 20 ans, comme les Américains ou les Britanniques. Leur absence nous a conduits à une croissance famélique d’emplois réels, inférieure à 100.000 par an, là où il en aurait fallu 300.000. Sans elles, nous n’aurons aucun avenir, même à 10 ans.

Mais ces mesures créeront au mieux 150.000 emplois de plus en 3 ans, pas les deux millions dont nous avons besoin pour faire reculer le chômage.

N’oublions pas la grande règle : pour faire disparaître 1 chômeur, il faut créer 2 emplois.

Ceci veut dire qu’il faut faire passer des mesures dont les politiques ont toujours eu peur parce qu’elles se heurtent à des intérêts acquis, comme ceux des syndicats publics. Et pour les faire passer, il faut qu’elles soient inscrites dans le programme du parti, sinon elles ne le seront jamais après une élection.

Quelles sont-elles ?

Ce sont essentiellement des mesures éliminant les réglementations d’État qui paralysent la création d’entreprises. C’est François Mitterrand qui a libéré la radio-télévision de tous les monopoles qui en bloquaient la croissance et a créé ainsi plusieurs centaines de milliers d’emplois.

Quelques évaluations pour l’instant sommaires :

  • Gaz de schiste, 100.000 emplois à haute technicité.
  • Le dimanche matin à Dieu et l’après-midi ouverture de tous les commerces aux familles : 200.000 emplois.
  • Libérer les dépenses de santé non remboursées du monopole de la Sécu comme celui sur les appareils d’imagerie médicale : environ 600.000 emplois.
  • La plus importante mesure serait de permettre les suppressions d’emplois mais en prenant en charge le chômeur comme l’ont fait les Danois : les entreprises françaises pourraient enfin faire disparaître leur volant de sécurité qui est d’environ 12% de leurs emplois soit 2 millions d’emplois.
  • Supprimer les seuils de 10 et 50 salariés, freins énormes à l’embauche et les porter à 100 et 250.

La liste de ces mesures est longue ; nous allons la poursuivre et surtout chiffrer, préparer même les textes. Car comme nous le savons tous, c’est dans les détails que se cache le diable.

À suivre.

Article publié à l’origine sur le Site Contrepoints.fr et reproduit ici avec l’autorisation de l’éditeur : http://www.contrepoints.org/2014/04/10/162379-sortir-du-chomage-la-droite-ou-la-gauche-ont-elles-une-solution

(Mis en ligne le 11 Avril 2014)

Articles similaires
Mise à jour des recommandations de l’OICV sur la...Evaluer la compétence et la connaissance du...Révision d’EMIR : les professionnels ont été en...Il serait temps de mieux évaluer l’impact des...Le répertoire des représentants d’intérêts se met...Parlons français : « incitations » doit être...L'essentiel sur le "Step in risk"...Pour le FSB aussi, il existe le "Discours de...3 propositions pour renforcer la solidité des ETF...Suspension d'OPCVM immobiliers anglais : la...Big data en matière financière : les Autorités de...Ce que l’AMF retient de sa consultation sur le...Comment financer la supervision des registres...Le FSB montre qu’il a compris la spécificité de...L’OICV débusque des pratiques contraires à la...Bientôt 5 amendements à la directive actuelle «...Jurisprudence de la Commission des sanctions : 5...Voici les 10 RTS préparés par l’ESMA pour le...Aimez-vous les FROGS (French (Routes and...Procès et sanctions : la composition...Comment faire face à une crise grave d’une...La fin de vie des fonds: les bonnes pratiques...Analyse financière: avenir et modes de...La Commission veut relancer les EuVECA et EuSEFL'ESMA prête à reporter l'obligation de...Comment organiser l'éducation financière à...Fin de la classification AMF des OPCVM ? ...PRIIPS (3) : scénarios de performance et...PRIIPS (deuxième partie) : présentation des...PRIIPS niveau 2 : commentaire global sur un...Quelques surprises, bonnes ou mauvaises, dans le...Les sondages de marché : commentaires sur le...Indices de référence (BMR) : le règlement en...L’ESMA soupçonne que des fonds passivement gérés...Le Fichier FIBEN, géré par la Banque de France,...Et si les banques soutenaient le shadow banking à...Vers l’Europe digitale des services financiers :...Le casse-tête juridique du versement des «...Que répondre à la consultation des ESAs sur...La norme IFRS 9 = danger de MORT pour la gestion...La FCA lance une « Asset management market study...Consultation AMF sur l’octroi de prêts par des...Taxe sur les transactions financières (TTF) :...Rapport de l’OICV sur la réglementation des fonds...Vers un nouveau LIBOR, remanié de fond en combleEMIR : abondance de textes cet été !Combien devrait coûter un fonds ? Vous avez...Etat d’avancement des textes européens concernant...EMIR : une V2 pour le collatéral sur opérations...ESMA / Emir : nouveaux élus à la compensation...L’AFG a un nouveau PrésidentTouchez pas au grisbi