Se connecterS'abonner en ligne

Réflexions sur les chances et les moyens de résorber substantiellement le chômage en France

Référence de l'article : IP2707
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par André TOUATI,

Le rapport Gallois, dont chacun a pu apprécier la pertinence, a donné les directions qu’il faudrait suivre pour redresser la situation économique de la France : il a souligné la nécessité d’une véritable entente entre patronat et syndicats, une sorte de mobilisation nationale face à une situation dangereuse pour notre industrie et plus généralement pour saisir nos chances de rester un grand pays. Il a souligné l’importance de l’innovation et  la nécessité de réduire le coût du travail.  On ne peut qu’apprécier la clarté et le courage d’un capitaine d’industrie, grand serviteur de l’Etat dont la crédibilité a conduit le gouvernement de gauche à revenir sur certaines promesses  et affichages de campagne dont on avait bien conscience qu’ils avaient uniquement pour but de rallier le maximum de voix en fustigeant les riches et corrélativement les entrepreneurs.

Ces recommandations pour résoudre le problème du chômage, et plus largement celui du déclin économique de la France, si elles constituent une approche théorique remarquable et nécessaire, n’est hélas pas suffisante quand bien même toutes les propositions du rapport Gallois seraient appliquées à la lettre. En effet, outre le fait qu’elles concernent essentiellement l’industrie, elles ont un caractère global, certes indispensable, mais ne traitent pas, car tel n’était pas le but du rapport, de la vie au jour le jour des entreprises. Or, c’est bien dans l’exercice  journalier de sa fonction que le chef d’entreprise forge ses décisions stratégiques et en particulier celle de la création d’emplois et du recrutement.

Pour comprendre ce volet opérationnel de l’entrepreneur, il convient préalablement de connaître nos entreprises.

Le tissu des entreprises en France peut être classé en 3 catégories

-          Les grandes entreprises (généralement cotées) de plus d’un Milliard d’euros de CA et de plus  de 5 000  salariés,
-          Les entreprises de taille intermédiaire ETI : CA de 50 000 à 2 Milliards, nombre de salariés entre 250 à 5 000,
-          Les petites entreprises.

Toutes ont un rôle à jouer dans l’équilibre productif de notre pays. Elles forment un écosystème où les petites entreprises sont les plus nombreuses et les plus fragiles.

Que constate-t-on en France ? 

Les grandes entreprises françaises sont en fait internationales pour la plupart  et sont confrontées à une concurrence mondiale. En général, c’est d’ailleurs à l’étranger qu’elles réalisent l’essentiel de leur activité. Globalement, elles ne créent plus d’emplois en France.

Les ETI sont celles qui peuvent réunir à la fois des marges de développement significatives et une force de réactivité et d’adaptation suffisante pour conquérir des marchés, en particulier à l’exportation. Leur gouvernance est souvent familiale ou composée de personnes proches du dirigeant créateur. Elles ne sont pas  soumises à la pression  « court-termiste » des marchés. Leur nombre est faible comparé à l’Allemagne.

Enfin, les petites entreprise de 0 à 250 salariés sont constituées de structures très différentes allant de l’auto-entrepreneur jusqu’à des sociétés de services employant du personnel extrêmement qualifié.

Un bon fonctionnement de l’écosystème serait que certaines petites entreprises atteignent la taille des ETI et certaines ETI deviennent des grandes entreprises.

Actuellement la France a de très belles grandes entreprises qui rayonnent dans le monde entier, mais ne créent pas d’emplois en France, pire elles en détruisent, c’est une des conséquences inévitable de la  concurrence mondiale.

Reste à savoir sur quelles entreprises on peut assoir la régression du chômage en France. Certes les propositions du rapport Gallois devraient créer des conditions favorables à la création d’emplois par les grandes entreprise et certaines ETI, cependant celles qui du fait de leur nombre  sont les plus susceptibles de créer des emplois (y compris en sous-traitance des grandes entreprises) sont les autres ETI et les petites entreprises.

Qui sont nos entrepreneurs ?

Comment les entrepreneurs à la tête de ces entreprises perçoivent-ils  leur environnement professionnel ?

Le développement économique repose sur plusieurs principes :

-          La liberté d’entreprendre,
-          La confiance dans l’avenir,
-          L’espoir de gain sous quelque forme que ce soit.

Or, actuellement, aucune de ces conditions n’est remplie et seul le gouvernement a la capacité de créer ces conditions. Qu’en est-il ? Qui sont les entrepreneurs ? Comment perçoivent-ils ces trois principes fondamentaux du développement économique en démocratie ?

1.    La liberté d’entreprendre

Notre démocratie permet à tout un chacun de créer une entreprise. Les règles du commerce existent, elles doivent être respectées – c’est apparemment la seule exigence. Il convient de noter que la société complexe qui est la nôtre a souvent découragé de jeunes ou moins jeunes entrepreneurs. Après des dizaines d’années, les différents gouvernements, conscients du problème, ont mis en place des politiques de simplification dont on ne peut dire qu’elles ont atteint leur but à l’exception, peut-être, de la création du statut d’auto-entrepreneur.  Souvent les réformes ont eu l’effet inverse et force est de constater que les obligations multiples entravent d’autant plus l’entrepreneur que l’entreprise est petite. Pour les ETI cela se traduit par des coûts supplémentaires qui croissent régulièrement (experts, conseils, avocats, personnel etc…) et pour les petites entreprises cela se traduit au mieux par le fait de distraire l’entrepreneur de son objectif de création, d’innovation, de vente etc… et au pire par l’échec de son entreprise. Etre entrepreneur d’une petite entreprise, c’est souvent se remettre en question chaque jour sous peine de disparaître, c’est agir au présent, penser à l’avenir et le préparer, traiter les exceptions ou anomalies non attendues en un mot c’est se consacrer entièrement à son entreprise si on veut la voir progresser car elle est fragile et doit s’adapter en permanence à son marché et son environnement sous peine de disparaitre. Cela d’autres l’ont dit pour le vivre en permanence, des politiques l’ont repris de façon plus abstraites et des experts dans nos  ministères ont trouvé des remèdes souvent pires que le mal. J’ai pu dans ma carrière professionnelle en tant que créateur d’entreprise et en tant que conseil auprès des petites entreprises, apprécier à sa vraie valeur l’entrave du développement que représente la complexité administrative.

Pour celui qui se lance dans l’entreprenariat c’est souvent un facteur d’échec car il ne dispose pas de moyens  financiers suffisants pour se faire aider pour surmonter ces entraves.

Pour celui qui a passé ce cap, cela peut devenir un facteur de coût significatif voire un frein volontaire à son développement.

On  peut donc affirmer que la liberté d’entreprendre n’a jamais été remise en cause par nos gouvernements, mais ceux-ci n’ont jamais réussi à faciliter le développement des entreprises en simplifiant efficacement les obligations administratives, pire ils l’ont entravé.

Il s’agit donc d’une liberté relative et l’évolution du code du travail depuis une trentaine d’années est la démonstration parfaite des entraves  au développement  des entreprises, entraves fatales quand une crise survient.

Quel est le petit patron qui, un jour, n’a pas subi l’effet dévastateur d’une réglementation qui se veut protectrice du salarié mais destructrice de l’entreprise et finalement destructrice d’emplois? Comment qualifier le fait qu’une petite entreprise de 2 ou 3 voire 10 salariés ne puisse pas licencier simplement en cas de baisse de commandes? Il lui faut respecter des délais, qui peuvent éventuellement n’être supportables que pour des grandes entreprises voire des ETI, il lui faut faire appel à un avocat pour suivre un formalisme pointilleux qui n’a d’autre effet que d’augmenter substantiellement le coût du licenciement en cas de non respect d’un détail, ajoutant au risque financier ; le licenciement pourra lui coûter facilement 6 mois de salaire en raison de ces procédures censées protéger le salarié. Ces procédures sont souvent fatales à la jeune entreprise. En fait, ceux qui, malgré cela, réussissent à ne pas disparaître ne sont pas prêts à embaucher à nouveau. Les plus honnêtes limiteront leur développement, les moins honnêtes trouveront des moyens illégaux, mais dans tous les cas, ce sera au détriment de l’emploi,  des cotisations sociales et recettes fiscales et en fin de compte cela contribuera à l’augmentation du chômage. La  création d’emplois vient des employeurs et non de l’Etat. Les emplois aidés ne sont qu’une fausse solution. Le meilleur moyen de créer des emplois est d’introduire de la souplesse dans les licenciements. Une entreprise doit s’adapter sous peine de disparaitre et un salarié licencié doit pouvoir ne pas décourager l’entreprise nouvelle qui l’embauche. Or de cela il n’est rien dit dans le rapport Gallois car Louis Gallois a été un excellent patron de grande entreprise mais n’a pas reçu l’avis des petits entrepreneurs. Or de ces petites entreprises peuvent venir les emplois, de ces petites entreprises peuvent naître les ETI de demain. Elles représentent la source la plus féconde pour la création d’emplois et souvent d’emplois non qualifiés qui sont ceux qui sont les plus destructeurs du tissu social. Pour des raisons de prudence légitime face à des contraintes administratives qui mettent souvent en péril leur existence, les petits patrons n’embauchent pas ou n’embaucheront plus.  Au-delà de l’expérience professionnelle, qui n’a pas entendu certains artisans dirent que, malgré la demande, ils ne souhaitaient pas embaucher de peur de ne pouvoir licencier, qui n’a jamais connu le cas d’un salarié mécontent, se « faire mettre en arrêt maladie », ce qui dans une entreprise de 3 ou 4 personnes représente un obstacle qui peut remettre en cause l’existence même de l’entreprise. Le chef d’entreprise doit prendre ses risques mais ne peut  assurer dans le fonctionnement de son entreprise le risque démesuré que représente actuellement le droit social et que les arrêts récents de la Chambre sociale et la Cour de Cassation ne font qu’augmenter. Les récents accords syndicaux sur la fléxi-sécurité, pour ce que j’en sais aujourd’hui, n’apportent apparemment pas de solution à cette préoccupation.

La réalité des contraintes sociales paralyse les petites entreprises, castre leur ambition économique, paralyse le marché du travail, augmente les durées moyennes du chômage, diminue les chances de retour à l’emploi et en fin de compte contribue à l’augmentation du chômage donc se retourne contre les salariés. Qu’il soit de bon ton de considérer ce qui précède comme politiquement incorrect n’est pas le problème, c’est une réalité et la nier ne permettra pas de faire reculer le chômage. La liberté d’entreprendre n’existe que si lui est attaché la liberté de « désentreprendre » et cette dernière n’existe pas dans de nombreux cas.

2.    La confiance dans l’avenir

Le rapport Gallois a souligné la nécessité d’une mobilisation commune entre syndicats salariés et patronaux pour trouver des solutions et avoir des chances de réussir le redressement. La recommandation  va plus loin car il s’agit de mobiliser en communion les entreprises et la nation. Il existe, en France, une défiance vis-à-vis des entrepreneurs dont les manifestations sont nombreuses tant dans le monde médiatique que dans le monde politique. Il n’est pas dans mon objet d’en analyser les raisons mais je rappellerais simplement quelques facteurs à la source de la formation de l’opinion à cet endroit : l’enseignement de l’économie dans le secondaire, les reportages et émissions radiophoniques et télévisuels à caractère victimaires, l’assimilation de tous les entrepreneurs à quelques patrons voyous, l’absence de culture d’entreprise de nos élus, les blocages idéologiques dont les racines remontent loin dans la France catholique de l’ancien régime. Quelles qu’en soient les causes, la situation est la suivante : les patrons sont perçus comme de mauvais citoyens ; or force est de constater que ce sont les seuls à créer des emplois susceptibles de résorber le chômage, la machine administrative étant en sureffectif global, qu’elle soit centralisée ou au niveau des collectivités locales. Cette vision manichéenne du méchant patron et du gentil salarié crée un climat qui ne permet pas la confiance en l’avenir, élément indispensable dans la décision d’entreprendre. Pire elle a contribué à remplacer le dialogue entre salariés et employeurs par une relation juridique, voire judiciaire.

A cet état d’esprit ancré dans notre culture et entretenu par les médias, vient s’ajouter l’attitude des divers gouvernements qui ne cessent de modifier les règles du jeu, souvent de façon rétroactive pour les règles budgétaires, modifiées tout au long de l’année ou par les règles sociales dont l’application remet souvent en cause des situations juridiques assises sur les principes fondamentaux de notre droit. Cette appréciation de l’avenir ne saurait être compensée par des mesures fiscales ou sociales favorables à l’emploi comme il y en a eu de nombreuses depuis une vingtaine d’années qui en général ont pour but de corriger une situation à un instant donné mais dont les conséquences à long terme sont particulièrement néfastes : qu’il s’agisse de l’aide à l’automobile par l’instauration d’une prime à la casse, qu’il s’agisse de subventionner les 35 heures qui coutent chaque année environs 10 à 15 Milliards par an aux contribuables et qui auraient créé 300 000 emplois, sachant que n’ont pas été comptabilisés les emplois perdus parce que créés directement à l’étranger au lieu de l’être en France. Comment se sentir en confiance  quand une entreprise ne sait pas avant le vote de la loi de finance en fin d’année, ce que sera  la pression fiscale qui s’exerce sur son exercice social clos au 31 décembre de la même année ? Comment optimiser la fiscalité qui pèse sur l’entreprise en respectant la législation quand le choix peut être remis en cause de façon subjective par l’Administration fiscale ? Comment avoir confiance en l’avenir quand on est un investisseur si les règles d’imposition existantes au moment de l’investissement changent  lors du désinvestissement ? Les grandes entreprises et les ETI peuvent avoir les moyens financiers de s’entourer de conseils, les petites entreprises ne les ont pas et sont d’autant plus vulnérables.

L’économie a besoin de capitaux et d’entrepreneurs, les uns et les autres ont besoin d’anticiper l’avenir pour agir, si cet avenir est stable ils peuvent calculer leur risque et leur potentiel de réussite, et décider d’entreprendre ou de ne pas entreprendre. Si cet avenir est incertain ils ne peuvent apprécier les risques et renoncent. Il convient de remarquer qu’un entrepreneur sur un nouveau projet qui renonce à le réaliser en France, cherchera à le réaliser ailleurs. Notre gouvernement actuel n’a fait qu’accentuer ce sentiment d’incertitude quant à l’avenir dans la mesure où la nature des mesures fiscales prises et l’attitude agressive voire choquante de certains ministres vis-à-vis du patronat n’a fait qu’augmenter le sentiment d’inquiétude sur l’avenir en France pour les entrepreneurs.          

3.     L’espoir de gain

Enrichissez-vous disait Thiers à ses concitoyens à une époque où la France devait rattraper l’Angleterre dans son industrialisation. Par ces mots il exprimait plusieurs choses : d’abord la négation du tabou de l’argent qui est toujours aussi tenace 150 ans après dans notre société, ensuite que la richesse du pays viendrait des gens entreprenants, sachant prendre des risques, c'est-à-dire innover, investir, conquérir des marchés, et enfin que si de telles personnes réussissaient elles avaient droit légitimement aux fruits des risques pris.

Parallèlement les esprits marxistes purs ont supprimés (hélas même physiquement) ceux qui se réclamaient de l’esprit d’entreprise ou souhaitaient développer des activités. Pour ces régimes toute décision d’investissement revient à l’Etat et la notion même d’entreprise /risque n’avait pas droit de cité. On en connaît la suite.

On peut se poser aujourd’hui légitimement la question de savoir quelle est la doctrine de notre gouvernement entre ces deux bornes. Que nous montre l’analyse des faits ?

Des dirigeants politiques plus proches de Marx que de Guizot

Nous avons à la Présidence de la République un homme qui a dit qu’il n’aimait pas les riches, qu’il veut les surtaxer jusqu’à rendre confiscatoire (75% et plus de 100% des revenus dans certaines situations de contribuable soumis à l’ISF) la fiscalité qui leur est applicable, un Président de la République  qui fait voter une loi fiscale qui considère qu’un dividende ou une plus value en provenance d’investissements effectués dans des entreprises doivent être plus taxés qu’un revenu salarial, ignorant totalement le risque de perte de l’investisseur. Je rappellerai également qu’à ce jour la plupart des actionnaires familiaux minoritaires  de société au capital largement  réparti ne peuvent payer l’ISF qu’en obligeant la société à distribuer des dividendes  au lieu d’investir alors que, pendant ce temps, la détention d’œuvres d’art est exonérée d’ISF…..question de culture !

Que cette haine de l’argent affichée par des politiques qui ont eu dans leur parcours d’élus des avantages financiers exorbitants du droit commun, que cette attitude hostile à l’égard des entreprises et investisseurs existe dans les hautes sphères de l’Etat, montre hélas que le curseur économique entre Guizot et Marx est nettement plus proche de Marx que de Guizot.  

Dans un tel environnement fiscal il ne faut pas s’étonner de voir des citoyens français de plus en plus jeunes, dans des entreprises en activités, quitter la France pour exercer leur talent ailleurs.

C’est une méconnaissance totale des ressorts de l’entrepreneur que de fustiger ceux qui partent et de s’entêter à surtaxer ceux qui restent. C’est également une totale absence de pragmatisme qui conduit à l’inverse du but recherché : créer des emplois et augmenter la richesse du pays, donc la collecte d’impôts.

C’est une ignorance ou plus probablement une négation idéologique des lois du marché qui méconnait le fait qu’il y a dans tout acte d’entrepreneur une analyse consciente ou inconsciente du couple revenu / risque. Si, sur un projet donné, le revenu est faible et le risque fort, ni l’entrepreneur, ni l’investisseur ne s’engageront ; nos gouvernants viennent de diminuer fortement le numérateur par la pression et l’incertitude fiscale.  Le dénominateur représente  l’audace et l’innovation anticipée par l’entrepreneur. En effet, tout projet innovant créateur de valeur et susceptible de développement implique un pari et des capitaux, c’est-à-dire une prise de risque d’autant plus forte que le projet est audacieux. Dans la mesure où le numérateur est faible (ou nettement plus faible que dans des pays équivalents), le rapport revenu / risque ne pourra être acceptable qu’à la condition de ne prendre qu’un risque faible donc de renoncer à tout projet ambitieux, qui par essence est risqué. Surtaxer les entrepreneurs et les investisseurs, c’est taxer l’audace et l’innovation. La limite du rapport revenu / risque, c’est le livret de la Caisse d’épargne, ce qui est bien loin de l’esprit d’entreprise et de l’innovation, moteurs principaux du développement des pays développés.

Les modifications apportées au projet de loi de finances par le gouvernement après la réaction des « pigeons » n’est de nature à redonner confiance ni aux entrepreneurs ni aux investisseurs car les modulations d’imposition des plus-values réalisées sont loin de la réalité des start-up de l’économie numérique et ne modifient pas suffisamment le rapport revenu / risque.

A titre anecdotique, chacun a pu remarquer l’absence d’intérêt de nos ministres pour l’économie au vu de leur patrimoine dont la part réservée à l’économie entrepreneuriale est quasi inexistante, l’essentiel étant investi en immobilier et livret de caisse d’épargne ou équivalant.

Conclusion 

Le gouvernement a fait siennes certaines conclusions du rapport Gallois, il a intégré dans son raisonnement une approche macroéconomique indispensable mais n’est pas à même à ce jour de prendre en compte ce qu’est un entrepreneur, ni ce que sont les ressorts qui l’animent. Même s’il a recommandé des mesures de simplification administratives et de sécurité fiscales, le rapport  Gallois n’a pas pris la mesure de l’environnent social, économique  et culturel dans lequel évoluent la moyenne et la petite entreprise, seules capables aujourd’hui de créer de vrais emplois. Le gouvernement qui a fini par reconnaître le coût trop élevé du travail n’a fait qu’augmenter les charges qui pèsent sur les salaires depuis sa prise de fonctions. Il ne manifeste pas de volonté politique de modifier la culture économique néfaste de la majorité de nos citoyens, mal éduqués et mal informés au plan économique. On ne résoudra pas le problème du chômage sans faire évoluer la culture économico-sociale de notre pays ni légiférer en conséquence. On ne résoudra pas le problème du redressement économique de la France sans donner confiance à ceux qui sont capables de créer, d’innover, de développer, c’est-à-dire le couple entrepreneurs / investisseurs.

Addendum

Compte tenu des déclarations récentes  du Président de la République aux assises de l’Entreprise, on pourrait croire que les entrepreneurs sont entendus, mais, indépendamment de l’absence de valeur de paroles politiques de circonstance, les mesures prises ne sont pas à la hauteur de l’enjeu :

  • Les plus-values que les investisseurs peuvent réaliser sont toujours considérées comme un revenu sûr, sans considération du risque de perte et restent surimposées comparées à d’autres pays européens,
  • l’inclusion de l’économie d’entreprise dans l’enseignement secondaire et supérieur est en soi une excellente initiative, sauf que l’enseignement sera prodigué par des fonctionnaires dont la culture et la formation sont ignorantes de la réalité de l’entreprise,
  • enfin « the last but not the least », pas un mot sur les effets destructeurs et démobilisateurs du code du travail sur les petites et moyennes entreprises.
(Rédigé le Vendredi 14 Juin 2013)
Articles similaires
La révision de la réglementation des ESAs...Coup de froid sur les Anglais à Tallinn, où un...Remettre la fiscalité de l’épargne à...L’ESMA demande aux autorités nationales d’être...Mise à jour des recommandations de l’OICV sur la...Evaluer la compétence et la connaissance du...Révision d’EMIR : les professionnels ont été en...Il serait temps de mieux évaluer l’impact des...Le répertoire des représentants d’intérêts se met...Parlons français : « incitations » doit être...L'essentiel sur le "Step in risk"...Pour le FSB aussi, il existe le "Discours de...3 propositions pour renforcer la solidité des ETF...Suspension d'OPCVM immobiliers anglais : la...Big data en matière financière : les Autorités de...Ce que l’AMF retient de sa consultation sur le...Comment financer la supervision des registres...Le FSB montre qu’il a compris la spécificité de...L’OICV débusque des pratiques contraires à la...Bientôt 5 amendements à la directive actuelle «...Jurisprudence de la Commission des sanctions : 5...Voici les 10 RTS préparés par l’ESMA pour le...Aimez-vous les FROGS (French (Routes and...Procès et sanctions : la composition...Comment faire face à une crise grave d’une...La fin de vie des fonds: les bonnes pratiques...Analyse financière: avenir et modes de...La Commission veut relancer les EuVECA et EuSEFL'ESMA prête à reporter l'obligation de...Comment organiser l'éducation financière à...Fin de la classification AMF des OPCVM ? ...PRIIPS (3) : scénarios de performance et...PRIIPS (deuxième partie) : présentation des...PRIIPS niveau 2 : commentaire global sur un...Quelques surprises, bonnes ou mauvaises, dans le...Les sondages de marché : commentaires sur le...Indices de référence (BMR) : le règlement en...L’ESMA soupçonne que des fonds passivement gérés...Le Fichier FIBEN, géré par la Banque de France,...Et si les banques soutenaient le shadow banking à...Vers l’Europe digitale des services financiers :...Le casse-tête juridique du versement des «...Que répondre à la consultation des ESAs sur...La norme IFRS 9 = danger de MORT pour la gestion...La FCA lance une « Asset management market study...Consultation AMF sur l’octroi de prêts par des...Taxe sur les transactions financières (TTF) :...Rapport de l’OICV sur la réglementation des fonds...Vers un nouveau LIBOR, remanié de fond en combleEMIR : abondance de textes cet été !Combien devrait coûter un fonds ? Vous avez...Etat d’avancement des textes européens concernant...