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Prévisions mondiales pour 2014 : le retour des pays avancés

Référence de l'article : IP3136
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écrit par Alexandre MIRLICOURTOIS,XERFI

Ralentissement des pays émergents, légère reprise dans les pays avancés,

la dynamique mondiale a changé de camp en 2013. Cela va-t-il durer ? Dans les pays avancés, les Etats-Unis, bien décidés à restaurer leur compétitivité, font feu de tout bois. Leurs coûts unitaires sont aujourd’hui parmi les plus bas des pays industrialisés et l’arme du change renforce leur position relative.

Et c’est indéniable, l’industrie s’est réveillée. Sur une pente ascendante, la production avait regagné en octobre près de 22% par rapport à son point bas de juin 2009. Elle se se situe désormais à 3,3% seulement de son pic historique. De son côté, la Fed continue ses achats massifs d’actifs. Des liquidités qui se retrouvent sur le marché des actions,

et le Dow Jones, a battu tous ses records fin novembre. Il gagne 19% depuis début janvier.

L’immobilier le suit de près avec des prix qui flambent de nouveau : +13,2% en septembre par rapport à septembre 2012. De quoi générer des effets richesse et entretenir la consommation. Alors bien sûr, il reste des zones d’incertitudes sur la politique budgétaire avec un Congrès très divisé.

Selon notre scénario, la croissance américaine serait de 1,7% cette année et de 2,1% en 2014.

De son côté, le Japon joue le « tout pour le tout ». C’est un traitement de choc : plan massif de relance, politique monétaire ultra-agressive, réformes structurelles. Et fin novembre, le gouvernement a pu célébrer sa 1ere grande victoire, celle de la sortie de la déflation. C’est vrai que l’indice général des prix était en hausse depuis des mois déjà. Mais cette poussée avait peu de sens car alimentée par la dépréciation du yen qui renchérit automatiquement les prix des produits importés, comme ceux de l’énergie. En revanche, novembre a marqué le retour en territoire positif du sous-jacent, le cœur de l’inflation car débarrassé de ses composantes les plus volatiles. Ajouté à un investissement qui se redresse, cela pourrait être l’amorce d’un cercle vertueux avec à la clé des entreprises plus offensives en matière d’emploi et de salaires et in fine une consommation qui sortirait de sa torpeur. Le risque, c’est que la hausse de la TVA le 1er avril prochain vienne casser ce frêle renouveau.

C’est pourquoi nos prévisions sont prudentes avec 1,9% cette année et 1,6% en 2014.

En Europe, ce nouvel élan combatif est incarné par le Royaume-Uni. Et que voit-on ? Un pays qui joue la concurrence fiscale avec une baisse de la taxation des entreprises, la baisse du coût du travail, la baisse du coût de l’énergie, la baisse de sa monnaie. Et puis, il y a l’autre Europe, celle qui entre en convalescence. Au centre, le pôle germanique bien entendu. Quant à l’Europe du Sud, elle restaure lentement sa compétitivité, à coups de déflation salariale, et ses équilibres, à coups de restrictions budgétaires.

Nos prévisions sont encourageantes : le Royaume-Uni passerait d’un rythme de croissance de 1,3 en 2013 à 1,7% en 2014.

En décalage d’un an, la zone euro suivrait le même mouvement et après une dernière année dans le rouge, la croissance atteindrait 1% en 2014. Il y a ensuite les ratés de la croissance des émergents. Leur accès de faiblesse souligne l’impératif de se recentrer vers la demande intérieure, de rééquilibrer le partage intérieur des fruits de la croissance, de faire face à l’érosion de leur compétitivité envers les pays avancés mais aussi les pays à coûts de second rang. Cette vision d’ensemble reste à affiner.

Car une ligne de fracture très nette apparaît entre la Chine, qui tire malgré tout son épingle du jeu avec une croissance de l’ordre de 7,5% ces 2 prochaines années, et le reste des BRIC (Brésil, Russie et Inde). L'Inde par exemple n'en finit plus d'inquiéter. Sa success story dans les services, est un peu l'arbre qui cache la forêt dans un pays où l'agriculture représente un cinquième du PIB :

elle resterait ainsi bloquée à 2,9% cette année et à 4,9% en 2014. Le Brésil avec ses matières premières et la Russie avec ses hydrocarbures montrent oh combien ces économies sont dépendantes des cours des matières premières. Et face à une demande mondiale qui se dérobe, nos prévisions de croissance sont mitigées :

le Brésil n’engrangera pas plus de 2,3% de croissance cette année et 2,6% en 2014. Les compteurs de la Russie resteraient bloqués à 2% en 2013 et à 3% en 2014. Ainsi, derrière un rythme de croissance mondiale qui se hissera à 3% en 2014, le rééquilibrage va se poursuivre en 2014.

(Mis en ligne le 13 décembre 2013)

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