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Le goût du risque, vu par le FSB

Référence de l'article : IP3185
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écrit par S. B-P (écrit le 8 Janv.14),

C’est le FSB [1] qui souhaite -pour 2014 ?-  que les acteurs économiques aient le goût du risque. Plus exactement le FSB cherche à la demande du G20 à ce que les institutions financières, et parmi elles les SIFI qui présentent un risque systémique, définissent leur attitude face au risque et s’engagent à avoir une démarche rationnelle de déclinaison de cet appétit au risque.

Ce qui est demandé, c’est la mise en place d’un Risk Appetite Framework (RAF) qui inculquera une culture au sein de l’entreprise et donnera un cadre clair des modalités de prise de risque en déterminant les responsabilités de chacun. Le cadre souhaité par le FSB s’articule de la façon suivante :

Un risk appetite framework itératif et évolutif qui s’intègre à la stratégie de l’entreprise. Clairement l’exercice demandé au titre du deuxième pilier de la directive Solvabilité 2, l’Own Risk and  Solvency Assesment (ORSA), relève de la même approche visant à ce que chaque décision stratégique fasse l’objet d’une mesure d’impact sur le niveau de risque de l’entité et une appréciation de la capacité à y faire face. La direction de l’entreprise doit veiller à ce que les décisions soient cohérentes avec le niveau de risque accepté à chaque échelon, c’est-à-dire par département, par service et ligne produit. Il en résulte la mise en place de procédures et de contrôles de leur application. De cette façon se développera la culture de contrôle des risques dans toute l’entreprise. C’est une vraie pédagogie du risque.

La charte de référence s’appelle le Risk Appetite Statement. Il exprime de façon simple à comprendre par toute la hiérarchie le niveau global de risque que l’institution accepte de prendre, en référence à sa stratégie et aux hypothèses d’évolution de l’environnement. Il s’exprime sous forme d’indications tant quantitatives faciles à agréger ou segmenter que qualitatives et intègre la prise en compte de situations de crise dans des stress tests.

Au niveau opérationnel on édictera des limites de risque applicables à l’échelon des preneurs de risques. Ces limites seront faciles à mesurer, à stress tester, à éclater par intervenant ou à agréger par entité…afin de constituer un outil proactif de gestion du risque.

Pour que l’architecture générale se mette en place il faut la participation :

  • du conseil d’administration qui valide le RAF et veille à son application (reporting des infractions au Conseil, discussion avec les contrôleurs…),
  • du directeur général (CEO) qui devra donner l’exemple de la sensibilité au risque dans l’entreprise,
  • du responsable des risques (CRO) chargé du contrôle permanent du respect des limites et du suivi du profil global de risque de l’entité,
  • du directeur financier (CFO) très attentif aux équilibres financiers de l’institution,
  • des responsables d’unité qui sont en contact avec la prise de risque au quotidien et doivent veiller à diffuser certains principes de prudence,
  • de l’audit interne qui définira les points de contrôle et vérifiera la solidité du cadre général de prise de risque (RAF).

Bon appétit (au risque), Messieurs !

S Bonus-Par

[1] FSB: Financial Stability Board
(Rédigé le 8 Janvier 2014)

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