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Grande Guerre et évolution économique de la France

Référence de l'article : IP4121
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écrit par Alain GIRARDEAU-MONTAUT,

Nous résumerons ici les principales idées et conclusions d’un article paru dans Les Echos du 10/11 Novembre, dont nous recommandons la lecture : « Comment la guerre de 14-18 a éloigné les économies française et allemande ». La première guerre mondiale a posé des défis économiques aux belligérants, car ce fût vraiment la première guerre totale. La France et l’Allemagne y ont répondu différemment, des divergences dont on mesure encore aujourd’hui les effets.

 La France importe, l’Allemagne innove

Les Etats-majors prévoyaient en 1914, des deux côtés, une guerre rapide. C’est l’inverse qui s’est produit, avec épuisement des stocks. La mobilisation industrielle est décrétée dans tous les pays concernés. Pour la France, l’occupation du nord et de l’est fait perdre les trois quarts du charbon et les quatre cinquièmes de la fonte. L’Allemagne est la cible du blocus maritime qui la prive des nitrates chiliens indispensables à la fabrication d’explosifs. La France fait appel aux fournisseurs extérieurs, ce qui engorge les ports français, saturés. L’Allemagne au contraire, voit ses importations chuter de moitié. Elle décide de chercher tous azimuts, développe sa chimie,  et réussit à fabriquer synthétiquement le nitrate en Mai 2015. Cet état d’esprit s’est retrouvé par la suite jusqu’à nos jours.

Le dialogue social

En France très peu d’avancées, conditions de travail difficiles pour les femmes qui ont massivement remplacé les hommes. Mais guère de promotion démocratique pour elles. En Allemagne, naissance des comités d’entreprise et de la co-détermination (1916) : syndicalisme plus participatif qu’en France.

Le fardeau de la dette publique

Les deux pays sont terriblement endettés vis-à-vis de l’extérieur (+ de 180% du PIB en 1918), et en particulier vis-à-vis des USA. De plus, l’Allemagne doit payer un lourd tribu aux vainqueurs, réciproque jugée normale de la situation de la France après la défaite de 1870.

 J. M. Keynes analysera dans « Les conséquences économiques de la paix » les graves dangers de la gestion de la paix. La République de Weimar ne pourra pas payer en 1923. Elle imprimera des billets à tout va, provoquant une hyperinflation conduisant à la ruine et à la victoire électorale des Nationaux-socialistes. Les Allemands en gardent le souvenir que l’inflation est un mal absolu, et que le déficit doit être combattu absolument.

En France, persuadés que  « L’Allemagne paiera », les hommes politiques font du laxisme budgétaire leur  règle. Les vainqueurs n’ont pas compris qu’ils ont ainsi préparé le deuxième conflit mondial. La leçon ne sera retenu qu’en 1946 avec le plan Marshall. Enfin, la France développera un tropisme anti-frontière du Nord-Est conduisant à la stratégie « Ligne Maginot » et à l’incompréhension de la guerre de mouvement.

On retrouve dans les débats d’aujourd’hui les conséquences de ces attitudes nées du conflit de 14-18…

(Mis en ligne le 21 Novembre 2014)

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