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L’insoutenable insolence et arrogance du Ministre des Finances britannique

Référence de l'article : IP4489
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écrit par Alexis VARCAZ,(7 Avril 2015)

 

Il n’est pas trop tard pour revenir sur l’incroyable insolence et arrogance qu’a manifesté Georges Osborne, Chancellor of the Exchequer, à peu près l’équivalent de Ministre de l’Economie et des Finances en France, le 17 mars dernier lors de la présentation, devant le Parlement, du budget britannique pour l’exercice 1er Avril 2015-31 mars 2016, ainsi que celle manifestée par David Cameron, le premier ministre, qui a repris les mêmes affirmations douteuses lors de l’entretien qu’il a accordé ensuite au Sunday Times le Dimanche 22 Mars.

« Le Yorkshire a créé plus d’emplois que la France toute entière », raillait-il devant les députés britanniques en présentant son budget, peut-être pour la dernière fois, les prochaines élections législatives ayant lieu le 7 Mai prochain.

« La croissance a été sept fois plus élevée qu’en France », ajoutait-il, goguenard.

Ces propos, qui se veulent être des arguments de poids, destinés d’une part, à convaincre l’électorat britannique (le sous-entendu étant : si le Labour emportait les élections de mai prochain, ce sont ces chiffres économique déplorables que le Royaume-Uni connaîtrait à son tour), et destinés, d’autre part,  à continuer à faire venir  (surtout à Londres) des jeunes de l’Union Européenne, afin qu’ils connaissent, à leur tour, le « miracle » britannique, ont été rapportés par trop peu de médias en France.

Citons cependant, par exemple, Le Point du 26 mars :

« David Cameron – Depuis l’arrivée de l’élégant conservateur à Downing Street, il y a cinq ans, le French bashing n’est plus l’apanage de la presse de caniveau. Le Premier ministre britannique est même un multirécidiviste […]. Il vient d’accuser ses adversaires travaillistes de chercher à « nous rendre aussi mauvais que la France ». Agiter l’épouvantail hexagonal est toujours payant outre-Manche[…].David Cameron s’est en revanche bien gardé de [….] souligner ce que rapportait récemment l’hebdomadaire libéral The Economist : « Un employé britannique produit 20% de moins qu’un Français ». ( Le Point n° 2220, daté 26 mars 2015, page 22).

And the productivity, stupid ?

On aurait en effet bien envie de rappeler à ce tandem de faussaires la célèbre phrase de James Carville, conseiller du futur Président américain Bill Clinton, pendant la campagne électorale de 1992 : « It's the economy, stupid ». Car 23 millions de français produisent, chaque année,  autant de biens et de services que 31 millions de britanniques !

L’agressivité du tandem Cameron-Osborne cache un malaise profond. Il est en effet très rare, pour ne pas dire jamais vu au sein du G10, de voir un Pays se moquer devant son Parlement, d’un autre Pays, à l’occasion de la présentation de son Budget. On savait que l’Union européenne servait déjà habituellement de bouc émissaire au Parti de David Cameron et de George Osborne. Voilà t-y-pas que la France sert maintenant d’épouvantail aux dirigeants britanniques. Pourquoi pas, s’ils ont besoin de cela, pour être heureux et se sentir mieux ?

Mais là où rien ne va plus, c’est que les chiffres mis en avant par ce tristounet tandem sont FAUX.
Nous avons bien écrit : « FAUX ».

a)      Emplois : Tant que des pays peuvent truquer leurs statistiques d’emplois, et de créations d’emplois, en comptant des travailleurs qui ont travaillé un heure par mois comme « ayant un emploi », les comparaisons internationales seront faussées, et permettront à des bateleurs d’estrade de se vanter, à tort et à travers.

b)      Calcul du PIB et de la croissance du PIB : au lieu d’avancer vers plus de cohérence, les statistiques économiques deviennent de moins en moins comparables, de pays à pays. 6 petits pays incluaient, par exemple, les chiffres du commerce de la drogue et de la prostitution dans le calcul de leur PIB : Finlande, Danemark, Suède, Estonie, Autriche et Slovénie.
Ils ont été rejoints, en 2014, par …le Royaume-Uni. Cela rajoute 10 milliards de livres au PIB britannique, soit 15 milliards d’euros, soit 0,8% du PIB.



Il est dit souvent que 150 milliards de dollars de capitaux ont fui la Russie et l’Ukraine en 2014 pour aller se réfugier dans la Mecque de l’argent sale, à savoir la City et ses 10 satellites officiels. L’évasion fiscale est un fléau. Ainsi que « the aggressive tax avoidance ».Ce n’est pas nous qui le disons, c’est David Cameron qui l’écrit lui-même, dans une lettre qu’il a adressée aux 10 dirigeants des 10 paradis fiscaux liés à la Couronne : Bermudes, Iles Vierges Britanniques, Cayman, Gibraltar, Anguilla, Montserrat, Turks and Caicos, Jersey, Guernsey, and  The Isle of Man. Pour lire la lettre que le Premier Ministre leur a adressé, qui est resté lettre morte à ce jour, merci de cliquer sur le lien situé en bas de page (document PDF annexé). Or, supposons que sur ces 150 milliards, 120 milliards d’encours soient finalement gérés à Londres, et qu’ils génèrent 1% de commissions de gestion diverses, et 1% de frais de conseils, intervention, compatibilité, juridique, entretien, maintenance, assurances (gestion de capitaux, immobilier, investissements industriels, etc.).  2% de 120 milliards représentent 2,4 milliards de dollars, soit environ 2 milliards de livres chaque année. Voilà encore 0,15% du PIB supplémentaire, si ces capitaux restent « dormants », ou 0,4 ou 0,6% s’ils s’investissent dans l’économie britannique.

En fait, la lutte contre l’évasion fiscale, ou l’optimisation fiscale agressive, ont affaibli la Suisse et le Luxembourg, au profit de Londres, et de ses satellites, au premier chef les Iles Vierges britanniques, comme le montre le tableau ci-dessous (Cliquez sur le tableau pour l'agrandir):

Flux annuels d'Investissements Directs entrants, en millions de dollars (Source: UNCTAD)



 
 
 
Si l’on ne raisonne plus en flux venant de deux pays, et sur une année, mais en stocks cumulés, on parle alors de milliers de milliards de dollars, la fourchette d’argent sale géré depuis Londres variant, sur les sources, de 3 000 milliards de dollars à 5 000 milliards de dollars. En fait, si demain matin, l’optimisation fiscale agressive et l’évasion fiscale prenaient réellement fin, d’une part le Royaume-Uni entrerait dans une très sévère récession, et d’autre part, les budgets des pays de la Zone Euro seraient globalement excédentaires, et la croissance du PIB de ces Pays serait très nettement supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui : d’environ 1,5% prévue pour 2015, elle passerait à un montant qui serait au moins du double. En effet, José Manuel Barroso, ancien Président de la Commission,  et Martin Schulz, Président du Parlement européen,  évaluaient eux-mêmes, dans leur discours du 21 mai 2013,  la perte de recettes fiscales due l’évasion du même nom, à environ 1 000 milliards d’euros chaque année, soit le double du déficit des 27 Pays membres de l’union Européenne de l’époque.

Bref, quand on racle les fonds de tiroirs pour être obligé de compter le business de la drogue et de la prostitution dans le PIB, quand on compte des emplois (très mal payés) à une heure par mois dans les statistiques des créations d’emplois, et lorsque l’industrie la plus florissante est celle de la gestion de l’argent sale ou celui hérité de l’évasion fiscale, on devrait raser les murs, au lieu de se  moquer de Pays qui ne sont pas encore tombés aussi bas.

Nous laisserons le mot de la fin à un hebdomadaire libéral et conservateur, qui ne peut être taxé de partialité envers les Blue Brothers : c’est The Economist. Etre accusé de traficoter les chiffres, et de ne pas avoir à se vanter ( « to boast » en anglais) de la situation économique, c’est en effet comme cela qu’un excellent éditorialiste de cette revue britannique résumait la situation dans un article publié le 14 mars 2015 :

« Great Britain has become an island of spectacularly cheap, if not terribly efficient, workers […].The French could take Friday off and still produce more than Britons do in a week. Confounding stereotypes, Italians are 9% more productive. Britain’s workers are a bargain all the same, because their pay is so pitiful. Of the 15 initial members of the EU, only Greece and Portugal have lower hourly wages […]. When people are cheap, firms would rather hire than invest in machines or technology. So productivity is held down. A shift from capital to labour seems to have happened in Britain: growth in the capital stock has fallen along with the productivity […]. Overall investment was a paltry 14,5% of GDP at the last count, the lowest in the G20 ”.






Et une piqûre supplémentaire dans The Economist, daté 21 Mars 2015, après la publication du Budget:

“In 2010, Mr. Osborne created the OBR to stop chancellors manipulating growth forecasts. He has now shown that the spending figures can still be fiddled”. (NDLR : to fiddle= traficoter, tripoter).

Cruel from a fellow citizen, isn’t it?

Pour les statistiques officielles, provenant de l’ONS (Office of National Statistics), le lecteur pourra se reporter à l’article ci-dessous, que nous avions publié le Lundi 16 mars 2015, soit la veille de la présentation du budget au Parlement britannique par ce cher Osborne. A l’époque, cet article avait été publié en mode payant : pour remercier le Ministre de l’Echec, non, pardon, le Chancelier de l’Exchequer, de son fantastique fair play et de son fabuleux sens de l’humour, nous le publions cette fois-ci en mode gratuit…

Par ailleurs, cet article étant en mode gratuit, nous autorisons tout lecteur intéressé à le faire suivre à autant de destinataires qu'il le souhaite, la seule chose que nous demandons, pour respecter le droit d'auteur, est de faire mention de la source, ou bien de fournir le lien HTML vers La Synthèse on line.
__________________________
 

L’euphorie qui accompagne chaque sortie de statistiques britanniques sur le taux de chômage ou le taux de croissance du PIB est fort sympathique. Malheureusement, ces deux chiffres détonnent dans le ciel britannique, qui est en train de se couvrir : ce sont deux arbres qui cachent une forêt de statistiques qui indiquent, elles, que le RU a fini de manger son pain blanc, et que l’ère du pain noir arrive…

Tout le marketing politique, toute la communication du 10, Downing Street , repris en chœur par les medias britanniques, puis, dans la foulée, par tous les medias français, tourne autour de ces deux cartes maîtresses : le taux de chômage « au plus bas depuis [ ici, mettre un nombre d’années et de mois qui croît à chaque sortie mensuelle] », et le taux de croissance du PIB «  le plus élevé en Europe ».

C’est une surprise sans cesse renouvelée pour les observateurs attentifs, car, on se demande toujours : « Mais comment un Pays qui connaît un taux de chômage aussi bas, proche du plein emploi, et qui bénéficie d’un taux de croissance aussi élevé », peut-il connaître :

1.  Une balance des paiements déficitaire en 2014 à hauteur de 6% par rapport au PIB, soit le chiffre le plus élevé des 34 Pays membres de l’OCDE, et de très loin (Ce chiffre est, par exemple, plus de deux fois pire que le déficit de la balance des paiements française). C’est le pire, pour le RU,  depuis qu'a été créé l'ONS, à savoir 1955 !

2.  Une balance commerciale ultra-déficitaire : sur les 12 mois calendaires de 2014, le déficit de la balance commerciale britannique des biens a atteint un nouveau record de 119 306 millions de livres, soit environ 180 milliards de dollars (Ce chiffre est, par exemple,  5 fois pire que le déficit de la balance commerciale française), 

3.  Un déficit budgétaire qui va dépasser encore une fois les 5,5% du PIB. Sur ce critère, même la France qui est réputée être le cancre des grands pays européens, fait nettement mieux que le Royaume-Uni chaque année depuis 2007.

Surtout, Cher lecteur, ne croyez pas que ce sont là des chiffres anciens ou officieux. Voici ci-dessous, non seulement les sources de ces chiffres méconnus, mais une sélection d'autres chiffres réels peu connus sur l’économie britannique, tels que l’on peut les lire actuellement, en février et mars 2015, dans les Rapports officiels de l’ONS (équivalent de l’INSEE pour le Royaume-Uni), accompagnés de commentaires du même Office of National Statistics :

1.Balance des paiements: déficit de 6% du PIB, record depuis au moins 1955 ( cf. page 5, Economic Review, 4 feb 2015 ):
  



2. Balance commerciale (goods) : déficit de 120 milliards de livres sterlings (Source: Summary on UK Trade, March 12, 2015) :

Mois (en milliards de GBP)Déficit balance commerciale (marchandises)
2014 Jan-10,911
2014 Feb-9,906
2014 Mar-8,331
2014 Apr-9,596
2014 May-10,088
2014 Jun-10,133
2014 Jul-11,086
2014 Aug-10,076
2014 Sep-10,334
2014 Oct-9,872
2014 Nov-9,343
2014 Dec-9,929
 Total 2014-119 605





















3. Déficit budgétaire au 31 mars 2015 estimé à 5,5% du PIB (Source: Eurostat):
 

Source: Eurostat (sauf 2014)20072008200920102011201220132014
Royaume-Uni-3,0-5,1-10,8-9,6-7,6-8,3-5,8-5,5 ??


4. Investissements (Economic Review, March 4, 2015, page 5):



5. Evolution du nombre de salariés à temps complet et des salaires (Source: Labor Market Statistics, February 2015):





6. Evolution du nombre d'emplois totaux (à temps complet, à temps partiel, et ZH contracts) (Source: Labor Force Statistics, ONS, February 2015):


 

La comparaison des deux tableaux  ci-dessus est intéressante:

a) on peut en déduire que pour 19,4 millions d'emplois à temps complet, il existe au Royaume-Uni 30 726 - 19 370 , soit 11,4 millions d'emplois à temps partiel ou de ZH Contracts (des contrats par lequels le "salarié" peut très bien travailler une heure ou deux par mois, car il n'existe pas d'engagement de temps de travail minimum).

b) on peut aussi remarquer que pour une population dont le nombre de personnes de plus de 16 ans est passé de 45,4 millions à 51,6 millions,soit une hausse de 6,2 millions, le nombre d'emplois totaux est passé de 26,1 à 30,7 millions, soit une hausse appréciable, certes, mais de 4,7 millions "seulement", et qui englobe ceux qui travaillent à temps très partiel. A noter que, selon une autre enquête de l'ONS, la moyenne des travailleurs à temps partiel travaillerait environ 16 heures par semaine.


7. Evolution des salaires sur 14 années : 2000 à 2014 (Source: Economic Review, Feb.4, 2015, page 21 ):



8. Evolution de la "Multi Factor Productivity" 
(Source: Economic Review, Feb.4, 2015, page 17 ) :



9. Comparaison de la productivité (PIB par heure travaillée) aux USA, Japon, Canada, Allemagne, France, Italie et RU (Source: Economic Review, March.4, 2015, page 10) :

Nota: le chiffre du Royaume-Uni étant à 100 pour les deux années 2012 et 2013, il est représenté par un trait sur l'axe des abscisses.


10. Evolution récente de l'inflation dans le secteur industriel 
(Source: Economic Review, March.4, 2015, page 9) :



11. Evolution récente de l'inflation, tous secteurs confondus 
(Source: Economic Review, Feb.4, 2015, page 11 ) :



12. Evolution de l'inflation dans 125 Pays suivis par the Bank of England (Source: speech from Governor M.Carney, March 12, 2015) :



 


Notez que dans l'échantillon des 125 Pays suivis par la Banque d'Angleterre, 35% apparaissent en déflation, et 15% de plus dans la zone comprise entre 0 et 1%, soit 50% des pays au total qui connaissent actuellement un taux d'inflation, soit négatif, soit inférieur à 1%. En tout cas, c'est ce que laisse comprendre l'indicateur de couleur à droite du graphique.



13. La baisse des prix accélère plus vite au Royaume-Uni qu'en Zone Euro ou qu'aux USA ( (Source: speech from Governor M.Carney, March 12, 2015):



Il est à noter que les 2 derniers graphiques ci-dessus sont extraits du discours de Mark CARNEY, Governor of Bank of England (BOE), lors de son speech très récent, prononcé le 12 mars 2015 à Sheffield [1] .Nous les avons extraits du texte mis en ligne par la BOE sur son Site, et proposons les deux extraits importants suivants, ayant trait à l'évolution attendue du taux d'inflation au Royaume-Uni:

a) "The particularly subdued January inflation rate meant I had to write the 15th open letter to address thse points with respect to very low inflation. It is likely that I will have to write a few more of these over the course of the year (NDLR : 2015)." (page 4),

b) " In our most recent forecast, The Bank expects to return inflation to target within two years and to make limited and gradual increases in Bank rate over the next three years in order to achieve that in a sustainable manner" (page 12 du discours).

Bref, vous m'avez compris: nous sommes aujourd'hui très très loin du discours triomphaliste du 12 Juin 2014, pendant lequel Mark Carney annonçait, parlant de la hausse du taux directeur, prévu par la majorité des commentateurs pour "avant décembre 2014", ce à quoi le Gouverneur avait rétorqué, un peu bravache (à moins que ce ne soit de la méthode Coué ) : " It could happen sooner than markets currently expects".

Nous avions écrit, à ce sujet, le 15 juin 2014 [2] : "En résumé, l’Allemagne fait beaucoup mieux que le RU et sans artifices : voilà pourquoi nous ne croyons pas une seule seconde à une hausse des taux de la BOE « plus tôt que les Marchés ne l’attendent »: les ménages et les PME britanniques ne pourraient absolument pas supporter une hausse des taux, surtout lorsque l'on sait que deux-tiers des ménages britanniques et plus de la moitié des entreprises sont endettés à taux variables. L’urgence de Mark Carney, de George Osborne et de David Cameron, c’est plutôt : "Comment augmenter la productivité britannique par tête dans l’industrie et dans les services ?".


Pour conclure, sur la vraie santé de l'économie britannique, la sagesse serait de ne pas succomber à la "sarahpalinisation" des esprits: non, le modèle ultra-libéral que l'on essaye de faire prendre pour un modèle à suivre en raison des "succés éclatants de l'économie britannique" ne résiste pas à l'analyse.Il n'existe pas de "modèle britannique", c'est un leurre et les deux "fabulous figures" que sont le taux de chômage et le taux de croissance travestissent une réalité peu réjouissante. La Zone Euro n'avait pas lancé son QE et a voulu, à tort ou à raison, réduire d'abord ses déficits budgétaires et ses déficits de la balance des paiements. Le Royaume-Uni a, lui, nationalisé ses Banques en 2008-2009, lancé un QE de 375 milliards de GBP, et mis en place une politique de déficits budgétaires élevés, le tout ayant fini par faire illusion en 2013-2014. 

Bref, si un Pays devait être une source d'inspiration, les Pays Rhénans ou Scandinaves constituent de bien meilleurs exemples.

Le Royaume-Uni a maintenant fini de manger son pain blanc, et l'heure des vaches maigres a sonné.D'ailleurs, c'est ce qu'ont l'air de penser également les Marchés, dont l'habitude est d'anticiper les renversements de situation. Voici les performances comparées de quelques indices boursiers européens depuis le 1er janvier 2015:
 

Indices boursiers au 13 mars 15PaysPerformance depuis le 1er Janvier 15
DAXAllemagne21,4%
PSI 20Portugal19,6%
FTSE MIBItalie19,5%
CAC 40France17,3%
AEXPays-Bas16,0%
Bel 20Belgique13,5%
IBEX 35Espagne7,4%
Oslo OBXNorvège5,8%
RTS IndexRussie5,5%
FTSE 100Royaume-Uni2,6%























Et pour ceux qui n'oseraient pas rester investis d'une manière "séche" sur le DAX ou le CAC 40, au vu du niveau élevé des marchés boursiers, notamment eu égard aux nombreux risques géopolitiques existants, Grèce incluse, on peut suggèrer la stratégie "Long Short" suivante: couvrir ses positions longues en DAX par des positions courtes en FTSE 100.... Cela risque d'être, grâce à la BCE, le deal de l'année!

[1] : discours disponible au format PDF en cliquant sur le document annexé en bas de page

[2] : cf. cet article en cliquant sur le lien ci-dessous: 

http://www.lasyntheseonline.fr/idees/editoriaux/royaume-uni_la_situation_est_plus_grave_que_celle_percue_generalement,31,3736.html

[3] : Nous avons préféré être magnanimes: aussi, le lecteur remarquera que nous n'avons pas évoqué le business de l'argent sale, la City et ses dix satellites off shore constituant, avec notamment les British Virgin Islands, le plus grande lessiveuse d'argent sale au monde.Sans cette activité qui mélange allégrement "optimisation fiscale" et "évasion fiscale", le Royaume-uni serait en récession, et la Zone Euro, qui inclue, c'est vrai, les mêmes activités en Irlande et au Luxembourg, serait en excédent budgétaire. Pour ceux qui souhaitent prendre connaissance de la liste officielle des dix satellites off shore de la City, il suffit de relire la lettre qu'a envoyé David Cameron aux dirigeants de ces dix Paradis fiscaux le 20 mai 2013. En voici le lien: 

https://www.gov.uk/government/news/g8-pm-writes-to-crown-dependency-leaders

[4]: On pourrait aussi évoquer le fait qu'à partir de 2014, le Gouvernement britannique a décidé d'inclure dans son PIB deux activités qui étaient exclues jusque-là: le commerce de la drogue, et la prostitution. D'après plusieurs sources, l'incorporation de ces activités "nouvelles", en tout cas, au sens statistique, représentent en année pleine un supplément de PIB de 10 milliards de livres, soit 15 milliards d'euros: mine de rien, cela représente 0,8% de PIB en plus ! Pour ceux qui souhaitent prendre connaissance de la méthodologie employée pour incorporer ces deux activités dans le PIB Britannique, prière de se reporter à la Note de 20 pages (au format PDF) rédigée par .. l'ONS, en cliquant sur le document ci-dessous.Bref, le Gouvernement britannique est en train de "racler les fonds de tiroir" pour enjoliver, encore,  ses statistiques économiques...

(Mis en ligne le 16 Mars 2015)

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Cet ensemble formé par ces deux articles (celui rédigé le 15 mars, ainsi que celui rédigé le 6 avril) ont été mis en ligne le Mardi 7 Avril 2015)

 
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