Se connecterS'abonner en ligne

Les USA incitent l’Europe à provoquer dangereusement la Russie

Référence de l'article : IP5030
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Eric VERHAEGHE,(17 décembre 2015)

 

L’Europe est en voie d’implosion, elle n’a plus de projet politique, elle est menacée par un terrorisme sunnite invasif, mais elle semble bien décidée à continuer sagement son suicide en provoquant dangereusement la Russie. Mais quelle mouche a piqué la classe politique européenne?

L’Europe et les sanctions contre la Russie

On se souvient que, avant la COP 21, François Hollande avait accéléré le rythme de son pédalo avec l’intention affichée de constituer une grande coalition contre Daesh, incluant la Russie. Patatras ! Non seulement le génialissime Obama l’avait envoyé bouler en lui rappelant que les deux pays ne jouaient pas dans la même catégorie, mais Erdogan, l’islamiste allié des Américains, avait choisi ce moment pour abattre un avion russe en action sur le sol syrien. Hollande se retrouvait seul face à Poutine pour faire ami-ami contre les terroristes.

En toute logique, et au vu du poids important de la France dans l’Union, nos alliés européens ont annoncé qu’ils décideraient en fin de semaine de proroger les sanctions économiques prises contre la Russie du fait de son attitude en Ukraine. On se rappelle que ces sanctions ont appelé un embargo sur la viande européenne en Russie… qui a torpillé la filière porcine en France.
Une fois de plus, le talent diplomatique de François Hollande éclate au grand jour. Sa crédibilité internationale est manifeste.

L’Europe fait des ponts d’or à la Turquie

L’Europe ne se contente pas de fâcher les Russes. Elle tend la main à Erdogan le scélérat, qui emprisonne des journalistes à tour de bras et protège de façon plus ou moins ouverte l’Etat Islamique au Levant. Après avoir habilement utilisé la bombe humaine des migrations venues de Syrie, Erdogan obtient ce qu’il voulait de longue date: la reprise des négociations d’adhésion.
 
L’Union vient d’ouvrir les négociations sur le chapitre 17, c’est-à-dire sur la politique économique et monétaire. Il est vrai que la zone euro se porte très bien et que la prospérité en Europe est telle que le bon sens recommande forcément de l’élargir économiquement à la Turquie, dont la politique budgétaire et le modèle économique ajouteront un peu plus de désordre au désordre ambiant.

Encore un incident entre la Turquie et la Russie

Il y a deux jours, on a évité de justesse une collision entre un navire de guerre russe et un bateau de pêche turc en mer Egée. Le navire russe a tiré des coups de semonce… suscitant un incident diplomatique dont chaque protagoniste se rejette la responsabilité. On se demande jusqu’où dérapera la situation entre les deux pays.
Il est en tout cas évident que la tension s’est installée entre les deux puissances d’Europe Orientale, les héritiers de l’empire ottoman, contre les héritiers de l’empire byzantin.

La Russie bande les muscles

Du coup, la Russie fait monter la pression dans ses relations avec l’Europe et les Etats-Unis. L’agence Sputnik multiplie les articles sur les chances que l’OTAN auraient de remporter un conflit armé contre la Russie.
On lira avec intérêt l’analyse américaine sur l’état des forces armées russes. Citant un éditorial du magazine Forbes (dans sa version en ligne), Sputnik souligne quelques remarques bien senties des experts US:

« The alliance’s entire eastern flank is vulnerable to invasion given the proximity of Russian forces and the absence of natural barriers to a quick advance (…).  In the aftermath of the Ukraine invasion, Western military planners no longer think they can predict how Russian leader Vladimir Putin might react to perceived provocations or opportunities.  So the possibility of war in Europe is back on the table as a priority concern, and that means land warfare in which the U.S. Army would have to carry most of the burden ».

Traduction : « la totalité du flanc oriental de l’alliance est exposé à l’invasion du fait de la proximité des forces russes et du l’absence de barrières naturelles empêchant une poussée rapide (…). Dans la foulée de l’invasion en Ukraine, les spécialistes militaires occidentaux n’imaginent plus pouvoir prédire les réactions du leader russe Vladimir Poutine aux provocations réelles ou aux opportunités. C’est pourquoi la possibilité d’une guerre en Europe est à nouveau débattue comme un sujet prioritaire, et elle implique un conflit terrestre dans lequel l’armée américaine porterait l’essentiel du fardeau ».

En outre, Sputnik annonce que l’armée russe a mis au point un nouveau drone de combat et a doté sa flotte en Mer Noire de missiles Kalibr, capables de frapper Daesh.

Bref, peu à peu, l’Europe, sous la houlette des Etats-Unis, rassemble tous les ingrédients pour lutter contre la Russie qui lutte contre Daesh, et pour soutenir la Turquie qui soutient Daesh. Une très belle politique étrangère !

Cet article a été publié à l’origine sur le Site de l’Auteur:
http://www.eric-verhaeghe.fr/leurope-provoque-dangereusement-la-russie/

(Mis en ligne le 17 décembre 2015 à 10h30)

Articles similaires
Au royaume des "astres morts"de la...Après s'être moqué de Sarkozy, François...Le scandale financier du LEVOTHYROXMélenchon : un marxiste-léniniste convaincuLa première université française classée.......Jacques ATTALI : le sens du comique ou du cynisme...Langue française saccagée: faut-il interdire à...Incroyable : La France Insoumise demande la...La Ministre de la Justice promeut la magistrate...De l'influence des économistes sur les...Macron- Le Pen : en marche vers une France...Mondialisation : la digitalisation, ultime étape...Mélenchon et Macron : deux purs produits des...Patrimoine : les tortueuses explications...Alain de Benoist : " Le deuxième tour risque...Quand une ancienne ministre belge évoque les...Que penser du discours de Xi Jinping à Davos ?Une analyse du succès du populisme économiqueLe Front National est-il vraiment désuni ?La France ne peut plus attendre : il faut une...Paris outragé, Paris martyrisé et Paris… étouffé,...L’indépendance de la justice menacée par le...Fillon, Macron, FN, Mélenchon: les nouveaux...De l’insoutenable anticatholicisme de Caroline...Faut-il obligatoirement hurler en politique pour...République Française : hontectomie à tous les...Une campagne électorale à 500 millions d’euros ...Elections : la question du contrôle anti-dopage...Philanthropie, investissement Responsable, et...Mondialisation économique : le renard libre dans...La philanthropie : une « nouvelle frontière » ...Le bilan ministériel d'Emmanuel MACRON...Abondance de politiciens, pénurie d’hommes d’Etat...Socialisme et pénuries: la France commence par...Inondations et gestion des risques: pourquoi ne...Quel effet le SMIC a-t-il sur le chômage français...Les taux d’intérêt négatifs, l’Administration...Que sont devenus les 40 économistes qui ont...Le revenu universel : un piège grossier, tendu...La crise des migrants : un défi majeur pour les...Remaniement: un Vert, ça va, trois Verts, bonjour...Quelques pensées personnelles…Le retour de l’euro vers un taux de change plus...Une réforme constitutionnelle bien décevanteAdieu Madame Taubira !De la politisation à gauche de WikipediaComment Uber tuera la sécurité socialeFaut-il confier la fixation des bas salaires à un...Cette 6ème force répudiée par Michael PorterLa faute de Philip LANE, membre de la BCELe paquebot France face à l’iceberg FNContrer Daech au moyen d’un choc d’offre de...