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La philanthropie : une « nouvelle frontière » pour l’investissement

Référence de l'article : IP5526
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écrit par Alain GIRARDEAU-MONTAUT,(26 Août 2016)

Nous avions esquissé les principes de l’investissement philanthropique dans un précédent article.
Nous allons approfondir les problématiques posées par celui-ci : les outils de valorisation possibles, les valeurs défendues,  faire une analyse critique et un essai de hiérarchisation des priorités.

Au-delà des présentations qualitatives, la mise en place d’un reporting quantitatif oblige à mettre en regard les coûts d’investissement et les résultats.

Quelques indicateurs d’efficacité sont disponibles :

  • mesure du pourcentage frais et charges administratives/montants collectés (de 10% à 15%),
  • mesure du pourcentage fonds distribués aux bénéficiaires/montants collectés (de 80% à 85%),
  • ratio nombre de bénéficiaires/montants collectés ou distribués,
  • ratio nombre de bénévoles actifs/montants distribués (plus le travail effectué par les bénévoles sera important, plus l’action sera efficace),
  • performance des bénéficiaires aux examens (aide à l’éducation),
  • nombre de brevets déposés (aide à la recherche),
  • qualité des travaux accomplis par les bénéficiaires (aide à l’artisanat),
  • taux de mortalité avant/après actions médicales entreprises (aide à la vaccination),
  • nombre d’entreprises individuelles créées (aide à l’entreprenariat),
  • nombre de personnes sauvées de la mort/montants dépensés (aide aux boat people),
  • KWH produits/montants dépensés ou coûts du KWH produit (aide à l’électrification). Le photovoltaïque produit coûte environ  0,20 à 0,40 Euro le KWh.….

Le reporting doit aller au-delà du simple besoin de justifier les actions et accepter la critique.
Comme l’a dit Mao Tsé Toung : « il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher, que de lui donner un poisson ».

Aussi ne faut-il pas se contenter d’indicateurs à court terme, et toutes les actions éducatives doivent être préférées, mais elles se mesurent plus difficilement.

Il y a de nombreuses formes de philanthropie, listés ci-dessous sans hiérarchisation :

  • aide à l’émergence de jeunes talents artistiques, de jeunes entrepreneurs,
  • sauvetage des boat people en Méditerranée, assistance aux déplacés de toutes sortes,
  • préservation des écosystèmes à long terme,
  • aide à  la réduction des émissions de gaz à effet de serre,
  • promotion de l’utilisation respectueuse de la terre, des forêts et des océans,
  • promouvoir le développement humain et lutter contre les discriminations,
  • apporter aux populations des innovations en matière de santé,
  • apporter aux populations des innovations en matière d’acquisition des connaissances, etc…..

Ces objectifs sont souvent larges et peu précis et l’on doit, à notre avis, comme le faisait Voltaire dans Candide se demander quelle action est préférable aux autres, voire même  se demander si elle est justifiable dans l’absolu.

Sauver un boat people ne va-t-il pas inciter, par retour d’information, de nouveaux départs d’Afrique ou d’Orient vers les rives de la Méditerranée ?

Éviter les morts infantiles ne favorise-t-il pas l’excédent démographique, le départ des villages où sévit la malnutrition, et donc  l’immigration vers l’Europe?

Ne vaut-il pas mieux investir sur place en Afrique que d’aider les malheureux immigrés à leur arrivée en Europe ?

Ne vaut-il pas mieux sélectionner des migrants choisis à leur point de départ, et  leur payer un voyage normal sans passer par les mafias de passeurs, qui les rançonnent le long du parcours comme actuellement, ou qui provoquent  leur mort sur des bateaux qui ressemblent le plus souvent à des rafiots vermoulus?

Les pays OCDE ne sont pas ceux où se produisent les atteintes les plus massives contre les écosystèmes. Le focus ne doit-il pas porter sur les pays en développement moins bien régulés et sous pression économique forte conduisant à l’exploitation massive des ressources naturelles (déforestation au Brésil, en Indonésie, en Afrique, surutilisation du charbon,…) ?

Le développement est une alchimie complexe, comme l’est aussi  la préservation des espèces animales en extinction. L’absence de prédateurs naturels provoque l’explosion démographique  pour certains animaux (par exemple, le koala ou le kangourou dont la surpopulation  doit ensuite être  éliminée).

La hiérarchisation des priorités est un sujet que les promoteurs d’actions caritatives n’aiment pas aborder. Les bonnes actions issues des bonnes intentions doivent pourtant être mesurées.
C’est le rôle de l’audit interne et externe qui semblent actuellement  insuffisamment développés.
Classiquement, il semble normal de placer la vie humaine en haut de la hiérarchie.

Ensuite, devraient venir les actions touchant à l’éducation des femmes et à la lutte contre les discriminations sexuelles ou sociales.

Enfin, le contrôle démographique et l’éducation des enfants devraient précéder les actions en faveur des règnes animal et végétal ou de la limitation des gaz à effet de serre.

Mais tous ces débats sont difficiles à organiser et chacun souhaite rester localement maître de ses décisions, même si elles peuvent paraître peu rationnelles à l’échelle de la Planète.

 (Mis en ligne le 26 Août 2016)
 
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