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L'appel d'ALGER

Référence de l'article : IL5912
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écrit par Christian MEGRELIS,(19 Février 2017)


Supplément à la queue du chien d’Alcibiade (-450 à -404 avant JC)

Que ne ferait-on pour faire parler de soi ? Talleyrand, fin connaisseur,  préférait qu’on dise du mal de lui, car au moins, il restait au centre du jeu. Alcibiade, lui, avait fait couper la queue de son chien. Succès garanti ! Il aimait aussi humilier Athènes, son pays. Le nouvel Alcibiade suit sa trace avec ténacité.

Quoi ! La Russie complote contre lui ? Le vote algérien  se ramasse à Alger-Canossa ? Les foules sont enthousiastes ? Il revendique le Christ comme modèle ! Pas moins. Qu’il trouve également le temps de prendre la tête de la « straight pride » en éberlue plus d’un.

Comme celui d’Alcibiade, son programme se réduit à une phrase : votez pour moi et vous allez voir ce que vous allez voir ! « Revolucion », vous dis-je ! Sous sa houlette, nous allons enfin pouvoir nous repentir de tout le mal  que la France a fait  au monde depuis deux mille ans. Nous allons pouvoir enfin jeter la culture française à la rivière pour adopter des morceaux épars de cultures importées.

Il est des époques charnières où il faut changer de religion. Il s’en occupe à temps plein, cette fois-ci. Place à la sainte Trinité du « Monde » ! Honneur au « Jean le Baptiste » de Neuilly qui veut revenir au calendrier révolutionnaire! Gloire à l’oligarque de Tel Aviv qui, dans ses médias, nous apprend la « novlangue » de la pensée globale! Hourra au César Birotteau de notre temps qui lui ouvre ses radios, et ses journaux ! Sans un sou (au départ), notre génie national  parcourt le monde pour l’éclairer sur les péchés de la France impériale,  les lacunes de sa culture personnelle et les vertus de son ménage.

On commençait à rire de l’homme, de ses impostures et de la vacuité de son programme. On grince des dents depuis le jour où il a paradé à la télévision algérienne pour dénigrer son pays et ratisser des voix musulmanes qui, Dieu merci, ne sont pas si crédules. A-t-on jamais vu Hillary Clinton, Barack Obama, Theresa May ou Angela Merkel se précipiter à La Havane, Mexico ou Moscou, au choix, pour offenser publiquement leur patrie de cette manière ?

Le monde, déjà abasourdi par le climat politique de la France, se pose à présent des questions existentielles sur notre République à la dérive. Le seul bénéficiaire du drame sera le Front National. Le pouvoir en mains, il mettra en place une politique qui nous fera reculer de 50 ans. Il sera ensuite trop tard pour pleurer.

Est-ce de l’Alcibiade ou du Faust ? Un mélange des deux, le ricanement de l’ambition s’appuyant sur l’idéologie suicidaire de groupuscules gauchistes qui encouragent le communautarisme  pour se maintenir dans un premier temps au pouvoir, puis prendre ensuite des mesures qui, après importations successives de suffisamment de voix, permettraient de s’y maintenir pour toujours.

Appuis financiers occultés

Aujourd’hui les seuls remparts de la démocratie française sont les partis de gouvernement. Ils ont des candidats que nous avons choisis. Ils ont fait des efforts pour introduire la transparence, même si elle est encore insuffisante. Ils ont organisé des primaires que personne ne leur demandait. Ils ont leurs programmes. Quatorze candidats se sont présentés au suffrage de six millions de Français. Les extrêmes se sont bien gardés de prendre le moindre risque. Un renard  a été introduit, qui n’avait aucune chance de remporter une primaire, Erinye d’un président sortant assoiffé de vengeance contre son propre camp.

Pure fabrication médiatique, il ne survit que par le bruit qu’il fait. Ses appuis, occultés,  à la City et à Wall Street, inquiètent. Son succès serait une défaite pour la nation. Qui ose penser un instant à la tragédie des élections législatives qui suivront, et qui pourraient dégénérer en explosions sociales et communautaires ? Son expérience, comme celle d’Alcibiade voici 2500 ans, se limite à un passage dans un Ministère où l’on cherche encore des traces d’actions concrètes et efficaces à lui attribuer, puis à la trahison de ceux qui l’y avaient nommé.

Bouffonnerie que cet intermède qui laisse imaginer qu’en 2017  le « petty-bonapartism » est une hypothèse de gouvernement dans ce pays. Paroxysme que cet amateurisme à l’assaut de la plus ancienne nation d’Europe. Escroquerie que ce feu follet qui insulte la France depuis l’étranger, sous les acclamations de pays trop contents d’avoir ainsi l’impression d’avoir gagné au Loto.

Alcibiade avait connu la même trajectoire. Elle l’a conduit à une double trahison qui a permis à Sparte d’écraser Athènes, sous les applaudissements de la Perse.

Messieurs les professionnels de la politique, épargnez cet affront à la France.
Nous méritons mieux.



(Les Erinyes, ou les "déesses infernales" (-380 avant JC) (Musée du Louvre)


(Mis en ligne le 19 Février 2017 à 14h30)