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Protectionnismes sans frontières : les économistes démunis

Référence de l'article : IG5611
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écrit par Véronique RICHES FLORES,Présidente,Riches Flores Research (1er Octobre 2016)
 

Dans les mois qui suivirent la crise financière de 2008 sont apparues deux principales menaces sur la scène internationale : celle dite d’une "japonisation" du monde occidental et, simultanément, celle d’une montée en puissance du protectionnisme. Les politiques volontaires de sortie de crise qui permirent à l’économie mondiale de renouer en un temps record avec la croissance, l’investissement et les échanges, mirent assez rapidement ces deux préoccupations à l’écart.

L’espoir né des développements du monde émergent, de la montée en puissance des besoins des nouvelles classes moyennes et de ses effets d'entraînement potentiels sur les échanges et les prix mondiaux étaient à, ce titre, d’une redoutable efficacité. En 2012, les projections de long terme du FMI, qui envisageaient une croissance de près de 6 % l'an en moyenne du monde émergent pour les dix années suivantes, suscitaient plus de craintes d’insuffisance des ressources que de quelconques risques déflationnistes quand, par ailleurs, le haut degré d’interdépendance qui se profilait entre producteurs et consommateurs semblait constituer une assurance contre toute velléité protectionniste.


 
 
Quatre ans plus tard, la rhétorique protectionniste a, pourtant, bel et bien le vent de poupe, au point de constituer le credo de bien des politiques et de s'être fait une place de choix au cœur même de la stratégie économique du candidat républicain à la présidence américaine, Donald Trump. En Europe, la même lame de fond a conduit les Britanniques à choisir de s’extirper du grand marché européen le 24 juin 2016 quand en Allemagne, puissance exportatrice par excellence, le mouvement anti-mondialisation prend de plus en plus d’ampleur.

Comment en est-on arrivé là ? On peut suspecter quatre ferments de ce mouvement en puissance.
 
- Une mondialisation désordonnée, dont les consommateurs peinent à percevoir quels bénéfices pourraient justifier les coûts qu’ils en supportent. Voilà bien longtemps, en effet, que l'avantage supposé des gains de pouvoir d’achat de l’approvisionnement en provenance de producteurs à bas coûts est supplanté par la disparition des emplois et l’érosion de ce même pouvoir d’achat.
 
Acceptable tant que l'accès au crédit pouvait servir de supplétif aux revenus manquants et que les effets richesse immobiliers alimentaient un certain sentiment de confort, cette situation l'est beaucoup moins en temps de restriction du crédit et lorsque le bas coût des importations se transforme en pressions grandissantes sur les salaires. Mondialisation et déflation sont de fait assez largement antinomiques, la première étant largement perçue comme principale responsable de la seconde.


 
- Une globalisation financière galopante, source d’insécurité grandissante et d’érosion de la base fiscale, perçue comme une machine infernale que plus rien ni personne ne semble contrôler et sur lesquelles les politiques nationales, même les plus ambitieuses, n'ont plus prise. Le sentiment de perte de souveraineté qui en découle devient alors l'un des terreaux les plus fertiles à la tendance au repli sur soi incarnée par la mouvance protectionniste. Ajoutons à cela l’évasion fiscale des grandes entreprises qui, en temps de sacrifices budgétaires, alimente un sentiment de profonde injustice entre le monde des particuliers ou petites entreprises et celui des multinationales, et l’on comprend aisément comment se nourrissent les ressentiments à propos de.....

Pour lire la suite de cette très intéressante analyse, merci de cliquer sur le lien ci-dessous (PDF de 4 pages).
 
(Mis en ligne le 1er Octobre 2016)
 

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