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Le Bilan de la COP21, vu du côté des Entreprises

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Entretien avec Philippe JOUBERT, Président du Corporate Leaders Group,(3 janvier 2016)

Les commentaires post COP21 sont grosso modo répartis entre ceux faisant état d’une satisfaction dithyrambique (« Accord historique », « La Planète enfin sauvée », etc.) et ceux négatifs (« aucune décision concrète avec effet immédiat », « succès dépendant uniquement de la bonne volonté des parties prenantes », « pas d’engagement coercitif », « pas de prix fixé au carbone », etc.).

Il nous a donc semblé intéressant de dresser, le calme étant revenu, un bilan à froid de la COP21, en interrogeant quelqu’un ayant participé à de nombreuses tables rondes en représentant, plus particulièrement, le point de vue du monde des entreprises. Il s’agit de Philippe Joubert, Chairman du Corporate Leaders Group et Senior Advisor du WBCSD [1].

XL : Alors, au final, la COP21, un succès ou un échec ?

Ph.J. : Le bilan est globalement très positif, car nous sommes allés, à mon avis, au maximum de ce que pouvait donner aujourd’hui le multilatéralisme après 20 ans de négociations incomplètes ou infructueuses. On pouvait espérer mieux bien sûr, mais on pouvait difficilement aller plus loin, bloqués par le processus ONUSIEN de négociations et de prise de décisions. Il y eut des avancées certainement historiques. Trois décisions fondamentales ont été prises :

  • Une mention claire à un objectif de ne pas dépasser 2°C, et, si possible, 1°5 C, au-dessus des niveaux préindustriels, alors que le Monde en est déjà à une augmentation moyenne constatée de 0°9 C, et que le grand public ne s’imagine pas encore ce que signifie, en termes d’efforts à accomplir,  et surtout de changement de mode de vie et développement, l’engagement de ne pas dépasser deux degrés Celsius,
  • L’objectif d’atteindre l’état d’émissions « zéro carbone net » au cours de la seconde moitié de ce siècle,
  • Le mécanisme de révision des objectifs nationaux librement publiés tous les 5 ans à partir de 2020 [1]. A partir du moment où ce sont des objectifs nationaux, ils sont, par nature, contraignants : les Etats les formalisant eux-mêmes, ils s’engagent eux-mêmes à les respecter.

Rappelons, à cet égard, que la situation est critique : la sommation de tous les INDC (Intended National Determined Contributions) reçues par les organisateurs de la COP21 avant l’Accord de Paris s’élevait à 2°7 (au minimum) au-dessus de la température moyenne actuelle. Ceci souligne l’immensité des efforts collectifs à accomplir. Pour le monde économique, cela crée un cadre, une direction, des objectifs sur lesquels il est désormais plus clair de s’appuyer pour bâtir une stratégie à long terme. On est sorti des « si », des « pourquoi », et des « qui », pour aller vers le « comment, par tous et maintenant ».

Donc, selon vous, la COP21 est plutôt un succès, malgré l’absence de contraintes juridiques ou financières ?

Oui, ce fut un succès, un vrai et net succès dont il faut féliciter ceux qui en sont responsables, et, en commençant dans l’ordre chronologique, les autorités  du Pérou. En effet, la préparation de la COP21 a commencé à Lima, lors de la COP20. Et c’est l’action conjointe des Ministres péruviens « statutairement in charge » et de la diplomatie française, tous dans le cadre des actions de l’UNFCCC, qui est à l’origine du succès de la COP21. On ne peut en effet arriver à mettre d’accord 194 Etats sur une session de deux semaines, si le terrain n’est pas intensément préparé pendant les douze mois qui précédent, d’une COP à l’autre. Le premier élément nouveau a été la collecte des INDC, les programmes nationaux chiffrés d’engagement de réduction des GES (Gaz à effet de serre) conçus par chacun des 195 pays (194 + l’UE) pris isolément. Par conséquent, oui, l'action de Manuel Pulgar Vidal, en charge de la COP 20, associée à celle de Laurent Fabius, de Laurence Tubiana et de leurs équipes et, notamment, de chaque Ambassadeur de France, ainsi que, bien sûr, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, et Christiana Figueres, la Secrétaire exécutive de l’UNFCCC, pour l'énergie et l'engagement sans faille qu’ils ont tous déployés cette dernière année depuis la COP 20 et pendant la COP21. Et maintenant, en route pour la COP 22 à Marrakech, je constate que le principe de collaboration demeure avec l’entrée en action des ministres Marocains bien avant leur prise officielle de fonction en Novembre 2016 …

S’agissant de l’absence de contraintes juridiques ou financières, il ne faut pas sous-estimer le résultat auquel nous sommes arrivés : c’est déjà bien de disposer d’un texte de 32 pages (en langue anglaise) ou de 40 pages (en version française) [2] qui fixe par écrit les objectifs collectifs communs. Ensuite, ce sera de la responsabilité des COP futures et du contrôle des révisions, tous les 5 ans, des objectifs nationaux, de faire entrer une sommation d’engagements nationaux, au départ de 2°7 C, dans une réalisation à + 2°C, ou 1°5 C, si possible. il va donc falloir se mettre préalablement d’accord sur « Qui est légitime pour contrôler », puis, sur « Qui détiendra l’autorité pour faire appliquer les décisions ».Je crois d'ailleurs que nous abordons là le cœur du sujet, la mesure et le contrôle, compte tenu de l'accumulation de déclarations et des engagements souvent peu cohérents dans le temps et se superposant comme, par exemple, ceux pris par les pays, les régions, les villes et les entreprises multinationales, engagements qui vont inévitablement susciter de nombreux arbitrages à différents niveaux. Il s’agira, notamment, d’éviter le double ou triple comptage…

On ne peut arbitrer entre les coûts de production de l’énergie si l’on ne fixe pas, au départ, un prix à la tonne de carbone émise. Sur l’incapacité de la COP21 à fixer un prix au CO2, n’êtes-vous pas personnellement déçu ?

Il est exact que de fixer un prix à la tonne de CO2 émise serait un véritable facteur  permettant aux différentes parties prenantes d’arbitrer entre les coûts de production des différentes énergies possibles. Et ce sont d’ailleurs les entreprises, et notamment celles opérant dans la production d’énergies, industrielles (chimie, automobiles, transport), et de construction d’infrastructures, qui sont le plus demanderesses de la fixation d’un prix au CO2 émis. Ce sont elles aujourd’hui qui sont, globalement, le plus pénalisées par cette absence. Elles sont toutes, et encore plus celles qui sont cotées en Bourse, soumises à la pression de leurs Actionnaires, des agences de notation , de leurs Banques, de leurs Compagnies d’Assurances, qui ne veulent pas les voir prendre des risques juridiques et financiers en choisissant de lancer des investissements qui pourraient, un jour, devenir des « non valeurs » et leur être reprochés. Sans affirmer un lien direct de cause à effet, on ne peut à la fois se plaindre de la faiblesse des investissements des entreprises, et leur refuser une fixation d’un prix au CO2 qu’elles émettent ou qu’elles émettraient de manière additionnelle dans le futur. Comment voulez-vous calculer le rendement interne de vos investissements d’une part, et comparer plusieurs investissements possibles entre eux, si vous ne disposez pas de ce « paramètre de risque » incontournable ?



Felipe CALDERON, Ancien Président du Mexique, et Philippe JOUBERT, Président du CLG, lors de l'une des tables rondes de la COP21

Un certain nombre d’Etats ont déjà fixé un prix au carbone directement par un système de taxes ou en organisant des marchés de certificats. Tant mieux pour les entreprises établies dans ces pays. Il s’agit, par exemple, de la Suède avec une taxe de 100 $, ou de la Norvège, pays dont les entreprises peuvent prendre en compte un coût au-delà de 50 USD la tonne de CO2 émise. Mais un nombre croissant d’entreprises se sont mises, elles aussi, à fixer, en interne, un prix au carbone. Par exemple, Nestlé l'a fixé à 16$ la tonne, Shell à 40$, Total à 28$, EDF de 60 à 70$, selon les cas, Kering à 70$, etc.  [5]

Puisque c’est fondamental pour les calculs de rendement/risque des investissements, notamment ceux portant sur des durées longues, comment faire en sorte alors qu’un prix soit fixé à l’avenir ?

Je reconnais bien volontiers que fixer un prix unique à l’échelle mondiale est une question complexe. Tellement complexe, vu l’état de développement différent des différents continents, qu’il apparait aujourd’hui difficile de mettre en place un prix mondial. Mais on peut imaginer de mettre en place différents prix régionaux, calculés et gérés par ces régions elles-mêmes et s’intégrant graduellement au sein d'un marché unique. Cela est le cas, par exemple, de la Californie, qui va se connecter aux marchés du Québec, de l’Alberta et de 9 états des USA, de l'Europe bien sûr, et dernièrement de la Chine qui, après un essai avec 9 régions, va lancer en 2016 un marché national qui va impliquer tout de suite plus d'un milliard d'agents. Notons que François Hollande a déclaré, lors de son discours enflammé de conclusion de la COP21, son intérêt à organiser une initiative avec les pays qui voudraient bien le suivre, et qui établirait ce prix du Carbone… En fait, il existe déjà une telle coalition, fonctionnant sous l’égide de la Banque Mondiale, coalition de pays et d’organisations non gouvernementales, dont le WBCSD, le Corporate Leaders Group que je préside, l’IETA,  etc. Je suppose que ce que François Hollande voulait dire, c'est que la France viendra renforcer ou supporter cette coalition qui doit absolument accélérer maintenant, car les attentes créées sont immenses. Ce que veulent les entreprises qui réclament un prix, c'est que l'Etat fasse son travail de régulateur et fixe le cadre qui permette de diminuer les risques naissant de cette incertitude dans le timing et le prix, beaucoup plus que dans l'existence même de ce prix qui ne fait plus de doute pour grand monde et qui est réclamé par beaucoup. Elles en ont besoin pour orienter sainement leurs portefeuilles de recherche et d'offre future de produits.  

Malgré l’absence de fixation d’un prix au CO2, vous considérez que la COP21 fut un succès : pouvez-vous, outre les 3 décisions majeures que vous avez mis en exergue en début d’entretien, citer d’autres facteurs de satisfaction ?

Il faut voir l’Accord de Paris comme un début, et non pas comme une fin en soi. Il ne représente qu'une petite partie de ce qui s'est passé. En fait, l’Accord de Paris, ce sont quatre leviers:

1.  L’Accord lui-même, listant les objectifs collectifs, texte qui doit être ratifié à New York, par chacun des 194 Etats,  entre le 22 avril 2016 et le 21 avril 2017 au Siège de l’ONU,

2. Le processus des INDC et de leurs révisions, qui a vocation à transformer un total d’engagements nationaux qui mèneraient à + 2°7C au minimum vers un nouveau total de 2°C au maximum : d’où contrôles, suivi dans le temps, et mesures correctives, etc.

3.  Un engagement financier de 100 Milliards de dollars qui…

….beaucoup d’observateurs se montrent critiques envers ce troisième volet, à savoir le volet financier : ils voudraient être sûrs que ces 100 milliards soient réellement utilisés à produire de l’énergie non carbonée, et ne soient pas détournés de leurs destinations d’origine. Ne faudrait-il pas apporter cette aide en nature, par exemple sous la forme d’usines de production d’énergie clés en mains, ou de fourniture d’électricité à prix très bas ?

Il a été décidé d’un montant de 100 Milliards d’USD, dont la nature n’a pas encore été spécifiée. Effectivement, il sera plus facile de convaincre les Pays avancés à verser chaque année ces 100 Milliards de USD minimum, à partir de 2020, s’ils prennent le chemin de réalisations industrielles ou techniques concrètes, gérées conjointement avec les autorités locales, pour les grosses unités, ou avec les populations locales, pour les toutes petites unités de production d’énergie renouvelables. Certains pays vont effectuer en effet un « leapfrog » [3] en passant d’un état où ils sont peu producteurs d’énergie, qu’elle soit carbonée ou non, et passer directement à un état où cette production, nettement revue à la hausse, grâce à ces aides en provenance des Pays avancés, sera d’emblée « non carbonée » en très grande majorité. Mais, effectivement, le travail de répartition et de distribution de ces aides reste à déterminer. Il faut aussi bien comprendre que ces fonds sont destinés en grande partie aux programmes de réparation des dégâts déjà commis par le changement climatique et au financement des programmes d'adaptation à des changements que ces pays n'ont pas causés. De plus, avec l’immigration climatique, nous serions les prochaines victimes. Il faut donc être cynique, ignorant ou aveugle pour ne pas comprendre cela et s’abriter derrière des prétextes étroits. Les principes de solidarité doivent s'appliquer et, comme aime à le dire Ban Ki-moon, il n'existe pas de plan B, car il n'existe pas de Planète B.

Comment envisagez-vous la participation réelle des Pays qui ont le plus insisté, avant ou pendant la COP21, sur le caractère « non contraignant » de l’Accord, au règlement de leur quote-part de ces 100 Milliards de USD, même s’ils sont en nature ? Je pense notamment aux USA ou à l’Arabie Saoudite…

Je n’ai pas de raison de mettre en doute les engagements oraux pris par des Ministres, y compris les Ministres des Finances, au cours des réunions préparatoires ou au cours de sessions de la COP21. C’est un bon signe de progrès que les réunions de travail sur le climat réunissent maintenant un nombre croissant de Ministres des Finances. Mais je voudrais insister sur un autre point, aussi important que ces 100 milliards de dollars annuels : c’est celui de l’abandon des subventions annuelles aux secteurs du pétrole et du gaz. A l’échelle de la Planète, ces subventions s’élèvent à 648 milliards d’USD[4]. Il faut commencer par cela : arrêter de subventionner la production et la consommation de produits pétroliers et gaziers. Il est en effet paradoxal que les subventions attribuées au secteur « Oil and Gas » soient en effet quatre fois supérieures à celles accordées au secteur des énergies renouvelables…Pour revenir au sujet du prix du Carbone, que beaucoup réclament, l'existence d'une aide à la consommation de ce qui est une des sources les plus importantes d'émissions de CO2 est une attitude particulièrement schizophrénique.

…vous disiez qu’il existait 4 leviers pour assurer le succès définitif de la COP21…

Oui, et le quatrième levier, c’est l'arrivée massive de la société civile, des territoires, des villes et des entreprises, grandes et moins grandes, sur la scène. Les plans d'actions Lima-Paris, qui vont être poursuivis, la base de données NAZCA, et bien d’autres acquis encore : la COP21 a créé un objectif et un cadre, et a accéléré la mise sur la place publique, à très grande échelle,  des enjeux sur le climat, et sont montées au créneau, si je puis m’exprimer ainsi, de nombreuses ONG et de très nombreuses entreprises. Ce sont sur leurs épaules, et notamment celles des entreprises, que vont reposer, concrètement, les futurs passages à l’acte. Déjà, l’emploi, et les investissements, dépendent majoritairement des entreprises dans la très grande majorité des Pays. Eh Bien ! Le succès d’une économie Monde où l’on atteindra « zéro émission de carbone en net » ne pourra être atteint, entre 2050 et 2100, que si les entreprises prennent le lead et changent leur business model, comme disent les Anglo-Saxons. En effet, autrement, ce seraient elles les premières à être affectées en termes de risques pris….Au-delà des convictions, ou de la responsabilité morale, l’efficacité financière et le bon sens finiront par l’exiger. Le foisonnement des actions et des déclarations d‘engagement de tous ces acteurs est très nouveau et le nombre incroyable d’initiatives en tout genre impressionne. On voit bien que le nouveau business model, décarbonné, ne demande qu’à s’affirmer.

D’où l’absolue nécessité d’instaurer un système d’enregistrement et de mesure crédible qui permette de vérifier si nous tenons le cap, en direction des objectifs et dans le cadre maintenant défini, le suivi du coût des externalités venant également s’inscrire dans cette feuille de route. Cela permettra l’élargissement du nombre des acteurs et surtout l’accélération du processus avec la mobilisation sans arrière-pensée de tous les agents économiques pour un combat pour notre survie comme espèce, pas pour la survie de la planète, comme on le lit trop souvent à tort. Elle se débrouillera probablement sans nous, si nous ne sommes pas raisonnables…

(Propos recueillis par Xavier LACAZE)
 
________________________________________________________
 
[1] : Philippe JOUBERT est actuellement :

  • Conseiller pour l'Energie et le Climat du Président et CEO du Conseil Mondial des Entreprises pour le Développement Durable (WBCSD), à Genève. Cette association regroupe plus de 200 très grandes entreprises.
  • Président du " Corporate Leaders Group on Climate Change" de HRH the Prince of Wales, à Bruxelles. Le CLG regroupe à ce jour de nombreuses multinationales, employant au total plus de 2 millions de collaborateurs sur plus de 170 pays (Par exemple, 3M, BT, Coca Cola, DSM, EDF, GSK, Iberdrola, Kingfisher, Philips, Lloyds, Skanska, Tesco, Unilever, United Technologies, etc.).
  • Président Exécutif du GEI (Global Electricity Initiative) pour le World Energy Council, à Londres.
  • Conseiller de plusieurs présidents de grandes entreprises et Membre de plusieurs conseils d'administration.
  • Il était précédemment Président d'Alstom Brésil, Président d'Alstom Power et Directeur Général délégué du Groupe ALSTOM.

 


[1] Calendrier principal résumé : le GIEC doit présenter un nouveau Rapport sur les conséquences de l’élévation de la température moyenne de + de 1,5°C en 2018. Les parties qui ont adhéré à l’Accord de Paris doivent envoyer leurs nouveaux objectifs nationaux en 2020, puis ensuite, tous les 5 ans. La Conférence des Parties agissant comme « réunion des parties à l’Accord de Paris » doit ensuite, en 2023, réaliser un premier bilan mondial de la nouvelle situation, puis, procéder à un nouveau Bilan mondial tous les 5 ans à partir de 2023, sauf si elle en décidait autrement ultérieurement.
 
[2] Pour prendre connaissance de la version officielle en langue française, merci de cliquer sur le lien au bas de cette page. A noter qu’il existe six originaux, rédigés en 6 langues différentes, disposant de la même portée juridique : l’anglais, l’arabe, le chinois, le français, l’espagnol  et le russe.
 
[3] Leapfrog : littéralement, un saut de grenouille. Utilisé souvent pour désigner un saut technologique.
 
[4] Source : lire le communiqué ci-joint de la  FFFSR (Friends of Fossil Fuel Subsidy Reform), qui reprend le chiffre de 548 milliards$ de subventions accordées aux consommateurs, selon les calculs de l’AIE pour l’année 2013, et y ajoute les 100 milliards$ de subventions accordées aux producteurs d’énergies fossiles. A noter que le seul chiffre de 548 Milliards$ accordés aux consommateurs représente le quadruple des aides totales des 34 Pays de l’OCDE aux Pays en développement (134 milliards$), ou à plus du quadruple des subventions accordées dans le monde aux énergies renouvelables (121 milliards$). Pour illustrer ce qu’est une subvention accordée aux consommateurs dans le domaine des énergies « oil and gas », citons un seul exemple : un plein d’essence de 80 litres au Vénézuela coûte au consommateur un centime d’euro au taux du bolivar sur le marché noir (800 bolivars pour un dollar au 4 décembre 2015), ou 4 centimes d’euro au taux de change Simadi (199 Bs pour un USD au 4 décembre 2015).

[5] Pour ceux qui souhaiteraient prendre connaissance des prix internes de la tonne de CO2 pratiqués dans un très grand nombre de multinationales, prière de cliquer sur le document ci-dessous intitulé "Carbon pricing by the Corporate world", september 2015 edition, publié par le "Climate Disclosure Project", en allant aux pages 6,7 et 8 (en bas de page).

(Mis en ligne le 3 Janvier 2016)
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