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Angela ne peut pas dire « Nein » à tout

Référence de l'article : IE205
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écrit par Alexis VARCAZ,

Profitons de ces changements de Gouvernements dans plusieurs pays européens, pour dresser un bilan provisoire de la situation actuelle, presque 5 ans après les premiers signes avant-coureurs de la « crise » : le gel de fonds communs américains  en Juin 2007.
 
Après 5 années de sommets internationaux, la crise financière, devenue bancaire, puis devenue économique surtout en Europe, risque de devenir sociale ou même révolutionnaire. Si les causes profondes de la crise financière sont plutôt situées du côté de la City ou de Wall Street, leurs effets ont finalement causé plus de dégâts collatéraux dans la seule zone gérée de manière collective, à savoir la Zone Euro, que dans des Etats-Nations où les prises de décisions sont forcément plus rapides et aisées, malgré la résistance des partis d’opposition.
5 ans de réflexions, c’est bien. Mais on sent que la pression monte.

Il va falloir trancher, dans un sens ou dans un autre.

Essayons de résumer les 4 grandes familles d’options qui s’ouvrent aux dirigeants de la zone Euro :

  1. Celle de la Mutualisation. Mais celle-ci implique davantage d’Europe politique, pour ne pas dire de marche vers le fédéralisme. C’est la sortie vers le haut, nécessitant du temps : Wall Street et la City attendront-ils ? Par ailleurs, la crise aidant (sic), le concept d’une Europe fédérale est-il populaire ? La fenêtre de tir s’est-elle refermée ou reste-t-elle ouverte au sein des diverses opinions publiques nationales?
  2. Celle de l’extension de la Monétisation. C’est la solution provisoire, la solution d’attente, choisie jusqu’à présent. Notons tout de suite qu’elle marche moins bien de ce côté-ci de l’Atlantique que de l’autre, pour des raisons techniques que Georges Verneret explique très bien dans son « Point de Vue » en Page « Idées » (Code Article : IP194).
  3. Celle de la scission de la zone Euro en deux zones régionales économiques plus optimales que l’actuelle, que nous avons tous eu pourtant raison de tenter dans les années 1990, avant le lancement de la monnaie unique, mais, malheureusement, les dix années qui ont suivi, c’est-à-dire de 1999 à 2009, ont été très mal utilisées par de nombreux Pays. Exemple : la Grèce, le Portugal, l’Espagne et la France n’ont quasiment rien réalisé de suffisant ou de définitif dans le domaine « Réformes structurelles ». C’est  l’Italie qui, finalement, a entrepris, et réalisé, le plus de réformes fondamentales depuis 20 ans. Malheureusement, elle partait d’un niveau de stock de dettes publiques tel, que ses excellents résultats en termes budgétaires sont émiettés par le rocher Sisyphéen du poids des intérêts de la dite dette... Pendant que les fourmis autrichiennes, allemandes, hollandaises, belges et finlandaises se retroussaient les manches, des cigales observaient la zone euro d’un air détaché. Ce fut « l’aléa moral » de partager une monnaie unique. La zone économique ayant malheureusement fini par ne plus être optimale, à défaut de « mutualisation » (qui inquiète les fourmis), à défaut « d’extension de la monétisation » (qui inquiète les épargnants), il reste alors à tenter l’organisation d’un rééquilibrage des flux commerciaux et des balances courantes par l’instauration de deux zones. La première pourrait se dénommer « zone Floral » (contraction de « Florin » et de « Allemagne »), mot qui, symboliquement, n’éliminerait pas définitivement le plus faible des Pays forts, ou le plus fort des Pays faibles, et la seconde zone continuerait de s’appeler « zone Euro »….
  4. Si aucune des 3 familles de solutions présentées  sommairement  ci-dessus n’est instaurée, alors oui, nous allons vers un ou deux ou trois défauts. Dans l’ordre : la Grèce, puis le Portugal, puis l’Espagne…Ce serait bien dommage. Les citoyens de ces Pays regretteront amèrement ces dix années sans réformes structurelles véritables, n’ayant pas su saisir la chance historique de l’euro. Ces Pays auront métamorphosé  l’élixir que représentait des taux d’intérêt très bas, en un poison mortel, à cause d’une prise de doses trop fortes .Un écrivain français du dix-neuvième siècle résumait cela très bien sous une jolie formule : « Le poison n’existe pas, seul la dose est mortelle ». Il s’agissait de Barbey d’Aurevilly…Ce n’est pas en effet parce que le taux directeur de la BCE était bas que les prêteurs locaux devaient prêter quasiment sans marge, quasiment sans collatéral, quasiment sans surveillance…Sur ce sujet des « défauts »,  lire absolument l’éditorial de Olivier Dyer « This time is (not) different » (Code Article : IE 196).

En conclusion, si la solution de sortie par le haut n’est pas mise en œuvre, alors Angela va devoir choisir l’une des 3 autres solutions : elle ne pourra pas continuer à dire NON aux trois autres simultanément…Il faut bien que la pression s’échappe quelque part, sauf à ce que la marmite finisse par exploser…(Mis en ligne le Vendredi 11 Mai 2012).

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