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Shanghai : une évidence électrique, déjà pour les deux roues

Référence de l'article : DT3903
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écrit par François MENAGER,

Tandis que les voitures électriques peinent à se vendre en Europe, les Chinois sont très nombreux à circuler sur les routes au moyen de deux roues à propulsion électrique.

Comme je le remarquais récemment, le développement des pays en développement ne suit pas forcément le même chemin que les pays développés. C’est là une chose qui souvent nous étonne, nous heureux développés que nous sommes, qu’il puisse y avoir d’autres façons de faire que les nôtres, surtout quand ce sont des pays arriérés qui nous le montrent. Et d’autant plus quand ces façons ne le cèdent en rien aux nôtres. Voire quand elles les dépassent ou qu’elles détournent des objets que nous avons inventés vers d’autres usages auxquels nous n’avions pas pensé.

Ainsi, tout voyageur de passage à Shanghai, ou plus encore à Pékin, aura remarqué l’étonnante majorité de deux roues à propulsion électrique dans le très vaste et très divers éventail des véhicules de toutes sortes qui circulent sur les routes chinoises.

Ci-dessous, un très modeste échantillon de tricycles shanghaiens qui, sous leur apparence vétuste, dissimulent un moteur électrique ( L'article continue APRES les 5 photos ): 

Alors que, pour beaucoup d’entre nous en Europe, la propulsion électrique semble être un vieux rêve futuriste qui ne se réalisera sans doute jamais, à mi-chemin entre le délire du professeur de technologie de collège et le caprice bobo réservé à une élite éduquée, riche, éco-consciente et nécessairement technologiquement supérieurement avancée, quelle n’est pas notre surprise de voir ici à chaque coin de rue, débouler de chaque lilong à Shanghai, comme des hutong pékinois, des familles entières de pauvres (la politique de l’enfant unique aide, c’est vrai, en réduisant la taille de ladite famille) et de moyens-classés juchés sur des scooters, vélos, et autres tricycles électriques ! Les riches eux, comme partout dans le monde, brûlent du pétrole dans des moteurs allemands ou italiens.

Je dis « notre », mais en fait c’est plutôt votre surprise, à vous visiteurs de passage, tant ce spectacle commun est devenu d’une banalité aveuglante pour quiconque a vécu ici plus de deux heures.

Je tiens d’ailleurs à préciser que j’exclus bien sûr de ce propos les honorables habitants de régions à la pointe du progrès, et en tout particulier le département du Loir-et-Cher et son pôle de compétitivité indépendant, qui grâce à de remarquables initiatives purement individuelles et privées (comme toujours, et contrairement à ce que croient les partisans du tout-État-subventionné) mènent petit à petit l’Humanité vers l’âge des autos sans pétrole, sans bruit, et en bref sauvent le monde.

Mais revenons à nos électrons libres chinois. Un problème se pose au propriétaire d’une telle monture à électrons : celui de la recharge. Elle est en effet nécessairement plus fréquente que celle du réservoir d’un véhicule à pétrole, et surtout beaucoup moins rapide. Qu’à cela ne tienne, il n’est de problèmes qui n’aient leurs solutions ! Il existe donc ici un peu partout des

C’est-à-dire des stations de recharge rapide à 1 Yuan, réparties un peu partout dans la ville. Les échoppes qui vendent pêle-mêle pattes de poulet sous vide, tabac, boissons, tongues, journaux et poudre de perlimpinpin proposent ainsi des recharges rapides en électricité. On peut y brancher jusqu’à quatre véhicules à la fois, et une quinzaine de minutes équivaudrait à peu près, selon les témoignages que j’ai recueillis, à la quantité d’avoine nécessaire pour rentrer chez soi. Cela tombe plutôt bien, l’OMS recommandant justement des siestes de courte durée à la fin des repas pour faciliter la digestion d’une part et le repos du cerveau d’autre part, ce que les Chinois ont admirablement bien compris.

Personnellement, comme je suis un ultra-arriéré, ascendant conservateur, je n’ai qu’un modeste vélo à propulsion humaine. Et comme mon esclave est plutôt docile, je n’envisage pas de changer. Je ne sais par conséquent pas ce que valent ces recharges. Mais je promets de me renseigner.

Article publié à l’origine sur le Site Contrepoints.fr et reproduit ici avec l’autorisation de l’éditeur :
http://www.contrepoints.org/2014/07/28/174982-shanghai-evidence-electrique

(Mis en ligne le 12 Septembre 2014)