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Les économies d’énergie : l’utopie et le pragmatisme

Référence de l'article : DT3962
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écrit par Alain GIRARDEAU-MONTAUT,

Je souhaite réagir à deux événements de la semaine dernière :

  • Conférence à l’ONU sur le réchauffement climatique, et donc  début des négociations sur la limitation éventuelle des émissions de gaz à effet de serre, afin de poursuivre le Protocole de Kyoto,
  • le développement de l’entreprise TAXIBOT en Touraine, grâce à la production d’un nouveau tracteur de piste automatisé qui permettra la réduction de consommation de kérosène pendant les phases de roulage au sol des avions.

D’un côté, l’affichage des bonnes intentions des pays du G10, mais aussi pour les pays en développement, de leur priorité à la croissance, de l’autre, des réalisations technologiques sophistiquées qui permettront de résoudre une partie du problème posé.

Revenons sur les économies de kérosène de l’aviation civile

La consommation globale de carburant des compagnies aériennes est estimée à 300 milliards de litres annuels ou environ 300 milliards d’USD.

La consommation pendant les phases de roulage est estimée à 3%, soient 9 milliards de litres ou d’USD. Les réacteurs sont de mauvais moyens de propulsion au sol, car ils sont optimisés pour les phases de vol en altitude. Il est donc clair qu’il fallait trouver un moyen de réduire cette consommation exagérée au sol.

Jusqu’en 2006, le prix du baril de pétrole était inférieur à 50 USD. La pression des prix était insuffisante pour provoquer des recherches et des investissements vers l’économie. La hausse brutale en 2008 vers 150 USD a été un réveil brutal pour certaines compagnies qui n’ont pas résisté.

Depuis la crise, les prix du baril se sont stabilisés autour de 100 USD (2 USD/l), provoquant un doublement des budgets carburant par rapport à 2006. Les compagnies se sont adaptées en augmentant leurs tarifs et leurs productivités. Mais dès lors, il devient avantageux d’investir pour réduire la consommation de pétrole et de ses produits dérivés.

Beaucoup de compagnies n’ont pas survécu à cette hausse accompagnée d’un accroissement de la concurrence asiatique (facteur travail à bas coût) et moyen-orientale (facteur capital abondant).

Une façon simple de réduire la consommation au roulage est d’utiliser les tracteurs au sol modernes et efficaces pendant cette phase de roulage. Cette solution existe depuis 10 ans, et a été testée par la compagnie VIRGIN à Heathrow. Mais notre esprit inventif n’a pas pu se contenter de cette solution qui nécessitait seulement des adaptations organisationnelles. Il a poussé les bureaux d’études vers des solutions sophistiquées :

  • idée de mettre des moteurs électriques dans les roues (projet SAFRAN) pour les futures générations post 2020,
  • idée de transformer les tracteurs actuels en robots pilotés depuis le cockpit (projet TAXIBOT) qui donne la main aux pilotes mais n’économise pas vraiment le personnel, puisque le tracteur doit revenir à son poste de départ avec un opérateur humain.

La mise en œuvre de cette dernière solution devrait permettre d’initier le mouvement et de démontrer les économies possibles. Gageons que certains opérateurs et certains aéroports mettront en place la solution la plus simple, la moins coûteuse, et la plus rapide. Les militaires devraient s’en inspirer.

(Mis en ligne le 3 Octobre 2014)